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C’est maintenant au tour de l’auteur, poète et artiste multidisciplinaire Simon Boulerice de nous partager ses coups de coeur en matière d’horreur. Ne pouvant se limiter qu’à cinq, Simon nous a partagé quelques titres supplémentaires avec lesquels il a grandi.

De 7 à 17 ans, j’ai pratiquement grandi dans le Club vidéo de mes parents. Parfois, après l’école, le bus nous y déposait, ma sœur et moi, et nous nous assoyions au bout du comptoir, comme en recueillement religieux devant la TV suspendue. Nous écoutions une tonne de films commerciaux. C’étaient surtout des comédies romantiques américaines, doublées en français. Genre Une jolie femme (Pretty Woman). Mais après avoir tant ri et tant pleuré, le soir, nous pouvions ramener les VHS que nous voulions à la maison. Ceux qui font peur, qu’on traine avec nous dans nos rêves, la nuit. Très tôt, j’ai aimé trembler devant les revirements hallucinés des réalisateurs américains et leur habileté à me faire trembler, au tournant des années 80 et 90. Vous verrez, presque tous les films qui m’ont obsédé ont été créés à cette époque. Ce sont là mes terrifiantes fondations d’horreur, et un quart de siècle plus tard, ces films, je les porte toujours en moi. Et attention: tous doublés en français, SVP.

Flatliners (Lignes interdites) (1990) de Joel Schumacher

Pour le rappel: Nelson (Kiefer Sutherland), un étudiant en médecine, convainc ses collègues de classe de faire une expérience extrême: pendant un bref moment, provoquer sur son corps un arrêt cardiaque pour découvrir ce qui se cache dans l’au-delà, avant d’être ramené à la vie grâce à des électrochocs. C’est assurément LE film qui m’a le plus fait trembler de ma vie. À jamais, le petit gars au hoodie rouge me bouleversera. Une distribution exceptionnelle, des prestations impeccables, une idée tordue, des souvenirs glauques.

Pet Sematary (Cimetière vivant) (1989) de Mary Lambert

Quand le petit Gage (Miko Hughes) décède, écrasé par un camion, son père l’enterre dans un cimetière indien qui le ramène à la vie, mais en mort-vivant. Cet enfant a réussi à m’effrayer encore plus que la poupée Chucky, ce qui n’est pas rien! La scène où Gage tranche le tendon de Jud (Fred Gwynne), le vieux voisin, m’a troublé à jamais. À 35 ans, je pense que j’ai encore peur de sortir du lit, les pieds nus.

Candyman (1992) de Bernard Rose

Helen (Virginia Madsen), étudiante dans une université de Chicago, mène une des enquêtes les plus angoissantes au monde: révéler la vérité sur le mythe de Candyman (Tony Todd). La scène où elle se rend dans l’appartement de la dernière victime en date est dans mon anthologie personnelle. Encore aujourd’hui, quand je veux me faire rire/peur devant le miroir de la salle de bains, je nomme cinq fois le nom de Monsieur Friandise (Ok, en français, ça fait zéro peur).

Frailty (Frêle) (2001) de Bill Paxton

Un film qui, oui, a mal vieilli visuellement, comme la plupart des films de l’époque (ère de transition oblige). Cela dit, le scénario offre le revirement le plus spectaculaire qui soit. J’en frissonne encore, seize ans dans les maritimes.

A Clockwork Orange (Orange mécanique) (1971) de Stanley Kubrick

J’ai vu beaucoup trop jeune ce film et j’en suis ravi. Deux scènes ont meublé à jamais mes nuits: celle où Alex DeLarge (Malcolm McDowell) viole la femme d’un écrivain en dansant et en chantant Singin’ in the Rain, et celle de la thérapie par aversion appelée « Technique Ludovico » avec la machine qui écarquille les yeux et réforme la cruauté. Dernière chose, l’esthétique de l’œuvre – en particulier l’habit blanc des Droogs, la bande d’Alex – a frappé mon imaginaire.

Mentions spéciales

Rosemary’s Baby (Le bébé de Rosemary) (1968) de Roman Polanski

Tout est parfait dans ce film: le scénario, la réalisation, le jeu, la trame sonore… Tout! Surtout Ruth Gordon qui me hante encore. L’unique défaut de cette œuvre: le fait que je l’ai vue après mes 20 ans.

Clue (1985) de Jonathan Lyne

L’atmosphère mystérieuse de ce film a troublé mon enfance. J’ai compris des années plus tard que c’était une comédie. Mais enfant, il n’y avait pas de rire. Qu’une délectable frousse.

La trilogie Poltergeist (1982-1986-1988)

Les trois films m’ont obsédé tant pour la petite et très blonde Carol-Anne Freeling que pour la malédiction tombant sur des comédiens ayant joué dans cette trilogie. Je pense surtout à Dominique Dunne, étranglée à mort par son amoureux et à Heather O’Rourke (Carol-Anne), décédée d’un choc sceptique causé par la maladie de Crohn alors qu’elle venait d’avoir 12 ans. Poltergeist III n’était même pas encore sorti. Sans compter les autres morts… Les funestes circonstances entourant les tournages m’ont troublé autant que les films en soi.

Crédit photo Simon Boulerice: Laurent Theillet

Visionnez la bande-annonce de Poltergeist II: The Other Side:

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