Dans les dernières semaines, Horreur Québec vous a beaucoup parlé d’horreur jeunesse dans l’univers de la littérature, particulièrement québécoise. Eh bien, l’on vous revient aujourd’hui avec une critique du collectif d’épouvante Chroniques de Molochville, coécrit par Jocelyn Boisvert, Véronique Drouin, Sandra Dussault et Patrick Isabelle!
Le premier tome du collectif est paru chez les éditions Les Malins (que l’on salue au passage!) en 2023.
Accrochez-vous, parce que ces quatre écrivain.e.s savent nous donner la chair de poule!
![[Littérature] « Chroniques de Molochville » : un collectif qui ose effrayer 13 molochville 1](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/04/molochville-1-353x450.jpg)
Quatre histoires, une seule (mais étrange) ville : Molochville. La ville la plus louche et creepy qui puisse exister. Entre un quartier de maisons en construction complètement abandonné, une soirée d’Halloween qui vire au cauchemar, une forêt et son marécage qui semblent vivants et un trip sur les champignons qui tourne mal, Molochville a toutes les allures de la ville classique d’un bon film d’horreur!
Les quatre histoires que vous vous apprêtez à lire sont absolument terrifiantes. Les noms des personnes concernées ont été remplacés afin de respecter leur anonymat. Soyez les bienvenus à Molochville… Oserez-vous y passer la nuit?
Invasion, par Patrick Isabelle
![[Littérature] « Chroniques de Molochville » : un collectif qui ose effrayer 15 103vPatrick Isabelle Editions Les Malins](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/04/103vPatrick_Isabelle__Editions_Les_Malins-363x450.jpg)
Le récit de Patrick Isabelle est une belle manière de commencer la lecture du collectif.
Invasion, c’est l’histoire d’une invasion à domicile de clowns masqués complètement démoniaques et profondément plongés dans une folie meurtrière.
L’auteur ose les détails gores et les scènes sanglantes. Un risque intéressant lorsque l’on s’adresse à un public adolescent!
Le jeu en vaut la chandelle parce que le résultat est tout simplement horrifiant, dans le meilleur sens du terme!
Dans une courte nouvelle, Patrick Isabelle parvient à créer des personnages attachants qui mènent de front le récit et auxquels le lecteur croit! Le cœur de celui qui tient ce livre entre ses mains bat de plus en plus fort à mesure que l’intensité du récit augmente, lui faisant même parfois oublier de prendre une respiration.
« Une chose est claire : il se passe des choses bizarres à Molochville. Des disparitions inexpliquées, des comportements inusités qui semblent sortir de nulle part, des [maisons] supposément hantées, des recoins où il serait préférable de ne jamais poser les pieds…»
Efficace, punché et surtout sanglant, Invasion met bien la table pour les trois histoires suivantes!
Autour du gouffre, par Véronique Drouin
![[Littérature] « Chroniques de Molochville » : un collectif qui ose effrayer 17 139vVeronique Drouin Editions Les Malins](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/04/139vVeronique_Drouin__Editions_Les_Malins-363x450.jpg)
Véronique Drouin, quant à elle, plonge le lecteur dans une horreur d’ambiance. Un doute prenant, lourd. Une intrigue aux éléments troubles et étranges.
Autour du gouffre met en scène une adolescente réservée, première de classe, sur les épaules de qui ses parents mettent énormément de pression.
On pourrait dire que Rosalie est une enfant modèle, du moins, aux yeux de ses parents et de sa petite ville. Alors qu’elle promène son chien Macadam près du bois de Molochville, ce dernier disparaît. Elle a beau le chercher, elle ne le trouve pas. Il semble avoir été aspiré par la forêt elle-même…
Rosalie est un personnage féminin très intéressant, d’autant plus que le livre s’adresse à un jeune public. Il est pertinent et important de mettre de l’avant des héroïnes, de redonner une agentivité aux personnages féminins d’histoires d’horreur!…
«Avec tout ce qui se passe ces temps-ci, j’suis convaincu que toute la ville est une place maudite[…]. »
L’autrice joue bien avec l’humour, allégeant la terreur qui habite le lecteur et lui donnant l’occasion de respirer un peu ! Elle crée un univers proche de l’onirisme, assume le surnaturel, ou plutôt les phénomènes inexpliqués, et les rend vraisemblables dans leur étrangeté!
Demain les ténèbres, par Jocelyn Boisvert
![[Littérature] « Chroniques de Molochville » : un collectif qui ose effrayer 19 1156vJocelyn Boisvert Editions Les Malins](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/04/1156vJocelyn_Boisvert__Editions_Les_Malins-363x450.jpg)
De son côté, Jocelyn Boisvert nous offre une nouvelle psychédélique dans laquelle la réalité et le cauchemar se mêlent l’un à l’autre pour ne former qu’une seule et même dimension. À la suite de la prise de champignons hallucinogènes, une bande d’amis vit les heures les plus terrifiantes de son existence. S’en sortiront-ils même tous vivants?
« La vie, c’est vite passé. Faut pas attendre d’être mort pour s’amuser! »
Dans ce cauchemar éveillé qu’est Demain les ténèbres, le lecteur se retrouve sans repères dans un trip de champignons magiques qui ne semble jamais vouloir prendre fin. L’auteur souligne sa maîtrise aiguisée du genre en plongeant le public dans une descente aux enfers des plus troublantes. Mêlant lui aussi l’humour à l’horreur, Boisvert crée une dynamique et une ambiance des plus tordues, venant alimenter la psychose collective du groupe d’amis.
« Je tends l’oreille et parcours la chambre d’un regard inquiet. Juste à côté de ma commode, deux points rouges sont visibles dans la noirceur. Deux yeux qui me fixent.»
Ici aussi, l’écrivain ose et agrémente son récit de passages sanglants, mais tellement satisfaisants! L’histoire de Demain les ténèbres est originale, audacieuse et envoûtante!
Un milieu où il fait bon vivre!, par Sandra Dussault
![[Littérature] « Chroniques de Molochville » : un collectif qui ose effrayer 21 1187vSandra Dussault Editions Les Malins](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/04/1187vSandra_Dussault__Editions_Les_Malins-363x450.jpg)
Sandra Dussault offre un récit surprenant : alors que le lecteur pense que la terreur a atteint son paroxysme, l’autrice vient le surprendre en osant aller encore plus loin dans l’horreur qu’elle propose.
Un soir d’automne, un groupe d’amis va dormir dans l’une des maisons en construction de la ville, abandonnée depuis des lustres. Tout l’été, ils ont répété le même scénario, afin d’accomplir le défi qu’ils se sont donné : passer une nuit dans chacune des maisons laissées à l’abandon de Molochville. Ce soir, c’est la dernière maison, la dernière nuit. Un mauvais pressentiment les habite ; ils auraient dû l’écouter et faire demi-tour. Un cauchemar les attend dans cette carcasse de maison vide.
«Je suis ici dans le noir, impuissante, incapable de bouger ni même de voir quoi que ce soit… »
La grande force d’Un milieu où il fait bon vivre ! réside dans son rythme. L’autrice enchaîne les séquences sur deux temporalités bien distinctes, mais liées l’une à l’autre de manière indissociable. À travers l’ambiance sonore décrite dans le récit, la narration trouve une rythmique à la fois rassurante et déstabilisante. L’histoire que conte Sandra Dussault permet de bien conclure Chroniques de Molochville grâce à son intensité!
Le collectif
Dans son ensemble, les plumes des quatre auteur.rice.s se conjuguent bien les unes aux autres ; iels parviennent à maintenir une ambiance générale complètement déstabilisante. Ensemble, iels créent un tout cohérent, les histoires s’enchaînent bien, parsemées de quelques références entre elles ! Sans oublier que, peu importe l’histoire de Chroniques de Molochville, il est aisé de se faire des images mentales pendant la lecture. Un film défile clairement dans la tête du lecteur et ajoute à l’expérience de lecture de ce collectif!
Pas une histoire n’est meilleure qu’une autre, chaque écrivain.e livre ici un court récit efficace et frissonnant, intelligent et audacieux ! Ce qui unit les quatre récits entre eux, c’est la perception de la réalité, le rapport trafiqué et déformé qu’entretient chaque personnage, créant ainsi une atmosphère des plus tordues!
Pas une histoire n’est meilleure qu’une autre, chaque écrivain.e livre ici un court récit efficace et frissonant, intelligent et audacieux! Ce qui unie les quatre récits entre eux, c’est la perception de la réalité, le rapport trafiqué, déformé qu’entretient chaque personnage du collectif, créant ainsi une atmosphère des plus tordu!
« Personne ne survit à Molochville »
Si cette lecture frissonnante qui ose jouer avec le sang vous intéresse, le livre est disponible en ligne ou en librairie! Oserez-vous entrer dans l’univers étrange de Molochville?
Horreur Québec tient à remercier les éditions Les Malins!


![[Littérature] « Chroniques de Molochville » : un collectif qui ose effrayer 12 Chroniques de Molochville](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/04/Chroniques-de-Molochville-873x770.jpg)


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