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[Critique] « Mortal Kombat 2 » : critique qui a oublié de s’échauffer

Un «Get over here » bien appuyé, et mon sang de gamin immature n’a fait qu’un tour : ma passion pour cette licence a pris un malin plaisir à exécuter une fatality démentielle à ma raison cinématographique.

Car oui, même si le premier volet m’avait laissé un sérieux goût amer, mon amour inconditionnel pour Mortal Kombat m’a poussé (presque menacé) à aller voir ce second opus.

Mortal Kombat 101

Avant toute chose, il faut comprendre deux choses essentielles pour les néophytes de Mortal Kombat. Ce n’est pas un simple jeu vidéo : c’est une institution qui a façonné toute la génération de jeux de combat qui a suivi. Son gameplay, ses fatalités outrancières et la quantité d’hémoglobine déversée, au point de rendre perplexe n’importe quel médecin, en ont fait une œuvre culte.

Mais Mortal Kombat, c’est aussi un jeu profondément lié au cinéma de l’époque de sa création, notamment à Bloodsport, qui reste l’une de ses références majeures.

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« Ah ! MétéoMédia n’a pas indiqué que le ciel serait comme ça aujourd’hui. »

Une partie jouée trop sagement

Je ne sais pas vraiment quoi penser de ce film. Je serais incapable de dire clairement si je l’ai aimé ou non.

Est-ce divertissant? Oui. Est-ce mémorable? Beaucoup moins.

Le film manque de punch, de caractère, et donne parfois l’impression que sa mise en scène veut te forcer à éprouver de la compassion pour tel ou tel combattant. Or, la mécanique du récit est extrêmement prévisible, au point de rendre l’implication quasi minimale. Le scénario se déroule comme une récitation apprise par cœur, cette même mécanique qui est devenue une prison pour une grande partie des blockbusters actuels. D’après moi, la logique économique a ici complètement assujetti l’esprit cinématographique du film.

Si le premier film se prenait un peu trop au sérieux, celui-ci en fait un peu moins, mais reste malgré tout constamment dans la retenue, avec un côté «m’as-tu-vu? » assez prononcé. Cela se ressent surtout dans l’introduction des différents personnages, ainsi que dans leurs échanges et dialogues, souvent alignés, mais vidés de leur substance.

En revanche, si les effets visuels dégoulinent de tous les pores de l’image, le film reste moins violent qu’un film Marvel, et certaines scènes sont même esthétiquement réussies. Franchement, Shao Kahn est super bien fichu.

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« Je suis bien fichu, c’est ça ? Tu fais partie des miens maintenant. »

Il y a cependant des combats et des scènes d’action que le montage paresseux charcute bien souvent, rendant parfois l’image illisible. Certains oublis de raccord piquent un peu les yeux (comme ce missile qui, envoyé vers une personne en bas dans un hangar dans un plan, se retrouve dans un hélicoptère situé en haut dans le plan suivant : quelqu’un peut m’expliquer les lois de la physique?) sans parler de certains ralentis que même John Woo n’aurait peut-être pas osé.

Est-ce que le film est meilleur que le précédent? Certainement. Est-ce qu’il remplit son cahier des charges de fan service? À peu près, oui.

Même si le choix de Karl Urban en Johnny Cage ne m’a pas convaincu. Il lui manquait cruellement de charisme et d’une présence qui se ressent à l’écran, au lieu du surjeu et de répliques qui semblent écrites par quelqu’un de fortement alcoolisé.

Cela dit, j’applaudis la très belle direction artistique (merci d’avoir fait fi de Mortal Kombat 9) qui donne du caractère à l’image et rend hommage aux lieux iconiques des «massacres» de la licence.

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 POV : quand ta blonde est fâchée contre toi 

Le blockbusters realm

C’est un très beau blockbuster, comme le cinéma commercial l’est devenu aujourd’hui : beau, divertissant, cochant toutes les cases du cahier des charges, ne manquant pas de moyens, mais cruellement de risque.

Je reconnais volontiers que l’adaptation d’un jeu vidéo est une mission casse-gueule. Les studios ont longtemps méprisé ce type d’œuvres, si bien que le simple fait de respecter un minimum ses fans et ses spécificités relève déjà de l’exploit.

Mais ici, le film oublie l’essentiel : l’esprit du jeu.

Un jeu vidéo repose d’abord sur une implication émotionnelle et une expérience interactive. C’est le joueur qui construit en partie son rapport au récit ; c’est lui qui choisit, parfois, quand s’arrêter, quand explorer, quand passer une scène. Là où le film devrait imposer une vraie vision, il se contente surtout d’empiler les personnages, les scènes et les références pour satisfaire tout le monde, sans parvenir à créer un vrai pouvoir d’émerveillement ni de captation.

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 POV : quand tu essaies de calmer ta blonde qui est fâchée contre toi

Finish him

Je ne vais pas faire une fatality au film. En tant que cinéphile, je suis simplement saturé de ce genre de proposition : aussitôt sorti de la salle, aussitôt oublié.

Simon McQuoid semble s’être fait broyer par la machine hollywoodienne, qui a entendu les critiques du premier film et a voulu corriger le tir. Mais a-t-il visé juste? À chacun de s’échauffer avant d’entrer en salle.

Mortal Kombat II | Official Trailer II

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[Critique] « Mortal Kombat 2 » : critique qui a oublié de s’échauffer
Note des lecteurs0 Note
Pour les fans...
Ça mérite son pot de popcorn avant d'entrer en salle
2.7
Note Horreur Québec

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