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[Littérature] « Bienvenue à Meurtreville » : Une chasse à l’homme mort signée André Marois

Après La Sainte Paix, troisième roman des Chroniques de la Mastigouche ayant valu à son auteur le prix du meilleur roman policier publié au Canada en français, André Marois nous propose un nouveau polar avec Touche pas à mon cadavre. L’œuvre des éditions Héliotrope promet le retour de personnages familiers ayant marqué les esprits habitués à la série, et l’humour noir toujours aussi efficace d’un auteur confirmé.

Lors d’une nuit de déluge au cours de laquelle les eaux de la Mastigouche débordent de leur lit, inondant les environs, Roger, entrepreneur en bâtiment, heurte par accident un cycliste, tuant l’homme sur le coup. Instinctivement, Roger s’empare du corps, le ramène chez lui et le dissimule dans un coffre dans son arrière-cour en pensant à la manière dont il pourra s’en débarrasser. Mais le torrent de la rivière s’en occupera à sa place, et le cadavre est emporté par le courant, disparaissant pendant la nuit vers une destination inconnue.
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La Mastigouche est montée très haut pendant la nuit, tellement qu’elle a grimpé sur son terrain. Là où il stocke son mobilier de jardin pour l’été, il n’y a plus que des bouts de bois flotté et un flacon de crème solaire qui tournent en rond. Les flots ont tout emporté, coffre et corps mort inclus.

C’est un Roger en panique qui réalisera au réveil que son crime parfait risque d’être révélé… D’autant plus qu’un autre homme sans vie a été retrouvé noyé, et que l’inspecteur Steve Mazenc est dépêché dans la région pour mener son enquête une quatrième fois.

Les lecteurs familiers avec l’univers de Marois reconnaîtront sans doute le policier zélé, mais malchanceux, qui a déjà été la vedette des romans précédents des Chroniques de la Mastigouche. Cette fois, le détective a sa réputation à restaurer et il n’entend pas commettre d’erreur. L’enquête policière du roman, même si elle est très simple, sert de liant entre les différents éléments narratifs qui, à l’instar de l’œuvre précédente de Marois, s’intéressent davantage à un tueur connu du lecteur dès le départ, confronté à une situation plus complexe qu’il ne le paraissait.

Aidé par Jacqueline, retraitée espiègle déjà présentée, et appréciée du lectorat, dans La Sainte Paix, Roger parviendra à résoudre le mystère entourant les nouveaux crimes de la région, dont il n’est finalement pas le seul coupable. Marois nous propose une suite de situations loufoques, maîtrisant de plus en plus la suspension d’incrédulité et l’humour noir, proposant un ton léger et divertissant qui recèle de bonnes surprises narratives.

Mandeville est une petite bourgade, on finit souvent par rencontrer les mêmes personnages. Ce qui est bizarre, c’est qu’il y ait autant de meurtres. À croire qu’un scénariste divin a décidé d’implanter là ses intrigues morbides.

Visiblement, André Marois maîtrise bien son style et aime son univers. La communauté de Mastigouche demeure toujours présente en trame de fond, bien que reléguée sous forme de tirades virtuelles et de réactions au déroulement de l’enquête, sur Internet.

Mais l’énergie de la région est palpable, autant dans les descriptions imagées de la nature québécoise que dans les personnages hauts en couleur qui y sont dépeints. C’est cette couleur qui est la force principale de Touche pas à mon cadavre, court polar frais, accessible et confortable.

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Pour les fans...
3.5
Note Horreur Québec

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