[Critique] Lake of Death: rien de nouveau sous le chalet

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Note Horreur Québec

Un an après le décès inexpliqué de son frère jumeau, Lillian retourne passer un dernier week-end, accompagnée d’un groupe d’amis, dans le chalet familial pour se recueillir une dernière fois. Ayant tôt fait d’arriver dans le paysage bucolique, ces derniers témoignent de phénomènes étranges et la nature prend maintenant des allures sinistres. Alors que la rumeur d’une légende locale se resserre autour d’eux, Lillian replonge vers le passé; sera-t’elle confrontée à son propre drame humain… ou à quelque chose de plus insolite encore?

Lake of death affiche filmLake of Death est un film norvégien qui marque la première incursion dans le monde de l’horreur pour Nini Bull Robsham (Amnesia). La cinéaste s’est donnée le défi de rafraîchir un classique de son pays, De dødes tjern, oeuvre originale parue en 1958 et considérée comme le premier film de genre de la région. Son atmosphère glauque et sa tension soutenue aura laissé sa marque de controverse dans le cinéma norvégien de l’époque.

Tournée en seulement 23 jours, la nouvelle mouture 2019, quant à elle, reste néanmoins un bel effort technique. On y voit dans la démarche un désir d’utiliser la nature pour perdre le sens du réel. La direction photo est bien exécutée et tire avantage d’une belle lumière naturelle. Le montage est signé Bob Murawski, collaborateur de Sam Raimi, aussi oscarisé pour son travail sur The Hurt Locker de Kathryn Bigelow. Et on couronne le tout par des effets spéciaux réussis avec modération, vu l’envergure de la production.

C’est au niveau du scénario et des dialogues que ça se gâte. On utilise ici la technique du slow burn: la première heure consiste à connecter le public aux personnages, puis l’aspirer au troisième acte dans une finale satisfaisante. Malheureusement, les protagonistes sont trop légers pour être véritablement attachants et nous balancent sans cesse des références sans la moindre finesse; de Freddy à Misery, en passant par The Wizard of Oz.

Manque d’imagination ou désir de plaire?

Ce qui a commencé par un exercice de forme s’appuyant beaucoup sur l’utilisation du jumpscare se transforme petit à petit en manuel du film d’épouvante. Utilisant bon nombre de clichés menant à une suite d’événements somme toute prévisibles, on attend impatiemment l’écart de conduite qui ne vient jamais. Une scène en particulier tourne presque en risée lorsqu’un membre du groupe se réveille avec le mot «mort» écrit sur le front et que personne ne semble s’en inquiéter.

La prestation des acteurs est malgré tout digne d’intérêt, particulièrement pour les personnages de Gabriele (Jonathan Harboe), Sonja (Sophia Lie) et Bernhard (Jakob Schøyen Andersen). Mais la grande force du film se retrouve chez celui de Lillian, campé par la belle Iben Akerlie; une Jennifer Lawrence version norvégienne dont l’arc narratif est le centre névralgique de l’ambiance chaotique du film. À travers les crises de somnambulisme, les rêves explicites et les illusions qui prennent forme, elle porte à bout de bras le sentiment de détresse entourant le film qui, bon gré mal gré, peine à tenir le cap.

Au final, Lake of Death n’est pas à la hauteur de son prédécesseur. Bien qu’il offre une esthétique soignée dans sa mise en scène, il reste sans atouts majeurs pour se démarquer. Si d’autres œuvres ont su habilement mélanger psychologie et paranormal, cette tentative-ci ne passera certainement pas à l’histoire. Qui plus est, on n’en est pas à un Cabin in the Woods près. De The Last House on the Left à Cabin Fever, en passant par le très clivé The Lodge sans parler d’Evil Dead, les histoires de réunions d’amis qui tournent au cauchemar, ce n’est finalement pas arrivé juste une fois au chalet!

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