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Roger Sallah, Evelyne Ily Juhen in SALOUM. Photo Credit: Courtesy of LACME STUDIOS/Shudder

[Critique] Saloum: la vengeance est un plat qui se mange encore plus froid au Sénégal

Le mois d’octobre est toujours tellement occupé côté horreur qu’il nous a tristement fait manquer la projection de Saloum l’an dernier au Festival du nouveau cinéma. Le film du cinéaste franco-congolais Jean Luc Herbulot (Dealer) arrive cette semaine en exclusivité chez Shudder, et il serait très dommage de ne pas en glisser au moins quelques mots sur nos pages.

Saloum nous transporte en 2003 dans l'ouest de l'Afrique où un groupe de mercenaires, les Hyènes de Bangui, doit se réfugier d'urgence au Saloum au Sénégal, tout juste après un fracassant coup d’État. Chaka (Yann Gael), à la tête du clan, ne semble toutefois pas se trouver par hasard sur les lieux et la tension monte rapidement auprès des invités du lieu de vacances où ils séjournent.
Saloum affiche film

Ce qui fascine avant tout, c’est l’aisance avec laquelle Herbulot marie les genres. La facture de Saloum passe de celle d’un classique cartel de drogue au western, en abordant le folklore africain pour enfin aboutir au creature feature surnaturel avec une généreuse dose d’action. Entre d’autres mains, le résultat aurait pu facilement déraper, mais le cinéaste mène l’ensemble comme un vétéran, lui qui en est pourtant seulement à son deuxième long-métrage.

Surprenant d’ailleurs que le scénario parvienne à développer autant de ramifications en à peine 84 minutes. Les revirements ne manquent pas dans Saloum, qui offre autant de personnages mémorables semblant tout droit sortis d’une bande dessinée d’aventure — le mystérieux sorcier Minuit! — que d’angles originaux quant à la mythologie qu’il explore, notamment au niveau du traitement d’entités qui surgiront éventuellement.

Car rares sont les productions qui nous ont donné un tour guidé aussi authentique de la région de l’Afrique. Avec une réalisation aussi rythmée que les percussions de sa trame sonore, Herbulot signe un film aux couleurs résolument uniques, dans un univers qu’on voudrait approfondir encore plus.

Saloum, c’est un peu le meilleur des deux mondes: le look alléchant des productions grand public et la profondeur des œuvres dites d’auteur. La poésie émanant des dernières scènes marque en effet l’imaginaire à grands coups de machette — comme ont pu le faire Ana Lily Amirpour ou Issa López ces dernières années.

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Points forts
Le mélange brillant de genres.
La réalisation originale d'Herbulot.
L'interprétation musclée de l'ensemble de la distribution.
Points faibles
La mythologie aurait bénéficié d'être davantage approfondie
4
Note Horreur Québec
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