[Critique] The Banishing: ces vieux fantômes qui ne font plus peur

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2.5
Note Horreur Québec

Chargé de donner un nouveau souffle à la foi d’un village, un révérend emménage avec sa nouvelle épouse et la fille de cette dernière dans un manoir au passé trouble.

Maintenant disponible en exclusivité chez Shudder, The Banishing est le nouveau film du célèbre cinéaste Christopher Smith, qui a su nous faire frémir et nous amuser plus d’une fois, notamment avec Severance et Creep.

Si l’on peut blâmer certains films d’horreur d’aujourd’hui de ne pas aborder de questions sérieuses, on pourrait dire que Smith en présente trop pour garder un réel contrôle sur son long-métrage. Les scénaristes David Beton, Ray Bogdanovich et Dean Lines semblent avoir réunis les idées de dix trames narratives en une seule, et nous font flotter sur une ossature somme toute assez simpliste. On enclenche une fois de plus les mêmes rouages qui nous ont jadis apporté des classiques comme The Shining ou The Amityville Horror; une famille reprenant une demeure ayant eu de funestes conséquences sur les habitants précédents. Heureusement, plusieurs images du domaine suscitent en nous un mystère et une étrangeté. Le scénario nous bombarde d’un recensement des différentes apparitions usuelles de ce type de films, mais très froussard sera celui qui se laissera emporter.

Cela dit, plusieurs idées abordées en filigrane et de manière secondaire sont fort valables. C’est notamment le cas de cette superposition entre les idéologies religieuses et le régime fasciste. L’exposé manque d’argumentation, mais on y trouve un certain intérêt. Il faut tout de même admettre que le récent His House de Remi Weekes offrait une rhétorique bien plus soutenue lorsque venait le temps de politiser l’horreur et de lui offrir un contexte historique. The Banishing a aussi l’audace de dresser un portrait de femme forte, mais la touche féministe qui en découle, si louable soit-elle, pourrait sembler anachronique sous certains angles.

La réalisation de Smith surprend par sa direction d’acteurs juste et l’aisance avec laquelle elle excelle au niveau dramatique. Malheureusement, ce vétéran du film d’horreur échoue lorsque vient le temps de causer la moindre frayeur. Smith comprend certes que cette opulente maison est un atout majeur, et il tente de la rendre affolante. Pourtant, cette tentative de faire de cette forteresse un personnage nous force en tant que cinéphile à tisser des liens de comparaison. The Banishing fait très mauvaise figure face à des films plus contemporains comme The Others ou Crimson Peak, lorsque vient le temps de promener la caméra dans les sombres couloirs. Certains dispositifs utilisés par Smith sont si maniérés et bas de gamme qu’on se demande s’il n’a pas perdu la main.

La distribution est tout de même adéquate, mais outre Sean Harris (les derniers Mission: Impossible et Creep), qui brille dans un rôle rocambolesque, rien n’est digne d’un feu d’artifice.

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