[Critique] Wrinkles the Clown: derrière le masque

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Note Horreur Québec

«Oubliez Pennywise», peut-on lire dans les premières lignes du synopsis du documentaire de Michael Beach Nichols. Les clowns ont décidément la cote ces dernières années, mais sans celui de It, fort probable que Wrinkles the Clown n’aurait pourtant jamais vu le jour. Mais est-ce que le film profite seulement d’un phénomène en vogue ou a-t-il vraiment quelque chose à raconter sur le sujet?

WrinklesEn 2014, une vidéo terrifiante apparaît sur YouTube. On y voit, à partir d’une caméra de sécurité, un clown émergeant du dessous du lit d’une fillette qui dort paisiblement. Il s’agit de Wrinkles, le clown du Sud-Ouest de la Floride que les parents peuvent engager pour venir terroriser leurs enfants turbulents. Son numéro de téléphone est placardé partout en ville. Vous n’avez qu’à laisser un message sur sa sinistre boîte vocale. Une légende est née.

En racontant les événements, et surtout en rencontrant l’homme derrière le masque, l’équipe de Nichols plonge ici beaucoup plus loin que le “simple” cas Wrinkles. D’abord, l’histoire en elle-même fait bien réagir et titille l’imagination de manière plutôt sombre, mais les messages bien réels des parents laissés sur la boîte vocale du personnage laissent un profond malaise. Certains d’entre eux supplient le clown de venir visiter leurs enfants, qu’on peut entendre littéralement en larmes derrière. Qui est le véritable monstre? Ce père complètement insensible ou le clown bout du fil? De l’autre côté, les enfants contactent le monstre dans des défis YouTube populaires et lui vouent un véritable culte. Qu’est-ce que le phénomène nous apprend sur nous?

C’est lorsqu’on touche ces sujets des légendes urbaines et de notre manière de traiter l’information en ligne que le film prouve littéralement sa raison d’être. Des scènes fictives mettant en vedette le personnage lugubre s’inspirent des documentaires horrifiques à la mode des dernières années, popularisés par les Rodney Ascher (The Nightmare) et Alexandre O. Philippe (78/52), avec une twist supplémentaire et viennent pimenter l’affaire. Ces choix scénaristiques surprenants viennent drôlement renforcer le point. On passe également en revue le phénomène mondial des clowns de 2016 qui ont suivi avec une efficacité redoutable et plutôt inquiétante. On en aurait pris davantage.

Au final, il aurait pu s’agir d’un documentaire sur le Slender Man ou la fameuse Bloody Mary, le constat — qui s’avère encore plus sinistre que l’affaire Wrinkles — aurait été le même. Et c’est là où Wrinkles the Clown devient carrément terrifiant.

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