[Fantasia 2019] Entrevue entre harpon et comic books avec Munro Chambers

De Degrassi à Turbo Kid, l’acteur Monro Chambers est devenu un visage connu parmi les acteurs canadiens. Nous avons profité de son passage à Fantasia pour aller lui parler de ses expériences, non seulement sur les deux films qu’il venait présenter, Riot Girls et Harpoon, mais aussi sur sa carrière.


Horreur Québec: Cette année tu es à Fantasia pour nous présenter deux films très différents. Peux-tu nous en parler?

Munro Chamber: Riot Girls est réalisé par Jovanka Vuckovic et j’aime le décrire comme une histoire badass, avec une touche d’amour et de punk. Le film s’inspire de The Outsiders, The Lord of the Flies et de The Warriors. C’est un film qui traite de la survie. L’histoire est écrite par Katherine Collins et elle met bien l’accent sur l’amour et l’amitié.

Harpoon est écrit et réalisé par Rob Grant et c’est une histoire d’amitié également, mais davantage sur le côté toxique des relations amicales. Comme les personnages sont isolés sur un bateau, lorsque certains secrets sont révélés, la tension monte.

HQ: Est-ce que c’est difficile pour un acteur de jouer un film presque entier sur un lieu clos comme Harpoon?

MC: C’est différent. J’ai bien aimé, puisque maintenir l’action dans le même lieu donnait l’impression de jouer une pièce sur une scène. Le challenge est savoureux car on tente de garder l’action du film intéressante, malgré lieu clos. Spécialement avec Emily Tyra et Christopher Gray, qui jouaient avec moi. Ça rend les choses plus faciles; on a du plaisir.

HQ: J’ai l’impression que depuis Turbo Kid, ou peut-être est-ce l’âge simplement, tu as la chance de jouer des personnages plus sombres qu’auparavant. Tu joues un villain dans Riot Girls, et l’an dernier tu étais terrifiant dans Knuckleball, par exemple. Vois-tu un changement?

MC: Pour moi, je vois ça comme de belles opportunités. Quand j’ai tourné Turbo Kid, j’ai développé une belle relation avec Michael Ironside et il était en contact Mike Petersen, qui allait réaliser Knuckleball. Avec Michael, j’ai eu le plaisir de parler du métier d’acteur et de la versatilité de certains. Difficile à croire que Robin William ait pu jouer Mrs. Doubtfire et The Fisher King, qui étaient deux rôles si différents. Petersen a cru que je pouvais convenir pour jouer Dixon dans Knucleball et les choses se sont enchaînées. Je savais que je devais faire oublier mon air ado et être crédible, car sinon je pouvais être mis de côté pour un moment.

HQ: Pour le Québec et les festivaliers ici tu seras toujours le kid de Turbo Kid. Nous savons que tu seras dans la suite, et nous aimerions en savoir un peu plus. Tu peux nous donner un scoop?

MC: (Rires) Absolument pas. Tu dois parler à RKSS si tu veux le moindre scoop. Je ne peux absolument rien dire. J’adore RKSS et ce sera un plaisir de retravailler avec eux sur un projet.

HQ: Tu mentionnes le talent d’acteur de certains monstres sacrés du cinéma et tu as eu la chance de jouer avec Robert De Niro dans le film d’horreur Godsend. Comment c’était?

MC: Pour être honnête avec toi, à l’époque où j’ai travaillé sur Godsend, j’étais trop jeune pour apprécier cette expérience. Il y aussi le fait que j’étais trop jeune pour savourer plusieurs grands rôles qu’il a interprété au fil des ans. Je me souviens que mon père m’expliquait qu’il fallait être très respectueux, qu’il était un acteur de talent et même une légende. Je me souviens que De Niro était très poli, gracieux et attentionné. J’espère avoir la chance de retravailler avec lui un jour, mais de mon souvenir, il était très gentil.

HQ: Je parle à plusieurs artistes canadiens qui travaillent dans le cinéma d’horreur et je suis souvent surpris de constater que leurs films n’ont que peu de visibilité. Tu as, par exemple, tourné un film d’épouvante en 2018 qui se nomme Hellmington et je ne me rappelle pas l’avoir vu ni en Blu-ray ni sur une plate-forme. As-tu l’impression que le cinéma canadien manque d’accessibilité?

MC: Les choses commencent à s’améliorer, je crois. Le marché du cinéma est très mainstream. J’adore le fait que le Québec, justement, démontre une fierté de son cinéma. Mais oui, nous aimerions que des films de Vancouver, de Montréal, et de Toronto puissent avoir une plus grande résonance à l’étranger. Il y a tellement de talent au Canada.

HQ: Parmi les cinéastes canadiens que tu trouves talentueux avec qui aimerais-tu tourner?

MC: Xavier, sans hésiter. Je parle, tu le devines, de Xavier Dolan. C’est définitivement un de nos meilleurs. Il y a beaucoup de très bons réalisateurs moins connus qui œuvrent à la télévision aussi. Il y a plusieurs producteurs et acteurs aussi dont on ignore les racines canadiennes, car ils sont rattachés à des productions américaines.

HQ: Tu as joué dans plusieurs films de genre. Est-ce que c’est un hasard ou es-tu personnellement un fan également?

MC: Je ne connais pas grand-chose au cinéma de genre. Turbo Kid a été mon premier vrai rôle dans un film de genre. Depuis, j’en ai tourné plusieurs, mais je les connais mal. RKSS m’a tellement appris à ce niveau. Je ne connaissais pas le cinéma underground ou même les films cultes avant de les rencontrer. Je ne suis pas un de ceux qui ont grandi avec ce cinéma, mais j’ai appris à le respecter et je suis très content d’en faire partie.

HQ: Pour revenir sur Turbo Kid, ici au Québec le film a été une bombe pour les fans, mais le film a été un succès planétaire. Est-ce que ça a changé ta carrière ou eu un impact direct sur toi?

MC: Le film m’a introduit à plusieurs personnes. Il y a de grands fans de ces films, et avec Degrassi, j’étais un peu habitué à la popularité. Le plaisir de Turbo Kid, c’est la grandeur du succès. On ignorait même si le film allait sortir du Québec. Travailler sur un projet qui touche le public de la sorte, c’est toujours agréable. J’essaie de me tenir loin des médias sociaux, car je souhaite adopter le même train de vie avec des projets qui vont mal que des projets que les gens aiment. Je suis content que les fans veuillent une suite.

HQ: L’histoire improvisée entre ton personnage et Apple a été très aimée du public. Comment c’était de travailler avec Laurence Leboeuf?

MC: Laurence est quelqu’un de fantastique. Elle jouait aussi le rôle de traductrice sur le plateau. Yohann-Karl parle mieux anglais que François et Anouk et parfois, ils me donnaient une directive et je voyais Laurence sourire et elle mentionnait qu’on ne parlait pas de la même chose (rires). Elle est tellement talentueuse et elle ne cessait de me dire qu’elle n’avait que peu d’expérience en comédie. Son registre d’actrice est si étendue que c’était facile de laisser transparaître une relation à l’écran.

Turbo Kid

HQ : Tu as participé à des séries comme Degrassi et Cardinal et à une multitude de films. Est-ce que c’est un mythe que la télévision devient comme le cinéma ou il y a encore une différence?

MC: C’est très différent. J’aime les deux, mais pour différentes raisons. Un film, c’est une expérience plus courte, où nous savons la totalité de l’arc dramatique et où on a souvent plus de temps pour se préparer. Nous voyons le résultat tout de suite également. La télévision, c’est plus long. Souvent nous recevons le texte au fur et à mesure. La télé demeure toujours un rush, où il faut défiler rapidement des scènes. Je ne trouve pas l’un meilleur que l’autre. Je veux simplement travailler.

Pour Degrassi, nous tournions quarante épisodes par saison et nous les faisions en bloc de quatre épisodes sur deux semaines. C’est une grosse machine cette série et elle fonctionne depuis des décennies. Ils savent exactement ce qu’ils veulent. Dans Cardinal, il fallait vraiment jouer et nous avions un peu plus de temps. Il reste que c’est assez similaire.

HQ: Peux-tu nous parler de tes prochains projets?

MC: J’ai deux films en post-production. Le premier est Entangled, que nous avons tourné en Ontario, et un autre dont je ne peux pas trop parler. Les deux devraient sortir cette année.


Nous sommes anxieux de revoir Munro dans Turbo Kid 2, mais parions que nous aurons la chance de le voir dans plusieurs films d’ici là.

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