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[Fantasia 2022] Dark Glasses: le meilleur et le pire d’Argento dans un même film

Lorsque le nom de Dario Argento apparaît dans la programmation de Fantasia, c’est un peu comme si on annonçait un nouveau manège à La Ronde. Il est donc évident que tous ses fans attendent impatiemment ce Dark Glasses (Occhiali neri), un nouveau film en dix ans pour le cinéaste culte.

Devenue aveugle suite à un accident de voiture causé par un meurtrier, une prostituée prend sous son aile un jeune garçon devenu orphelin dans cette même collision. Cependant, le sadique ayant voulu sa mort n’a pas dit son dernier mot et se met à traquer le duo à travers Rome.
Dark Glasses affiche film

Dark Glasses est un mélange étrange de ce qu’Argento a fait de mieux et de ce qu’il a fait de pire. Si le scénario réussit à dépeindre une héroïne assez étoffée, contrairement à certains des opus du maître qui se concentrent plus sur le style et l’atmosphère, ce nouveau film propose aussi plusieurs moments cinématographiques assez uniques. Pourtant, là où le bât blesse, c’est au niveau de l’intrigue policière. Le giallo est un genre qui se veut extrême et qui bénéficie souvent de coups de théâtre improbables, mais qui demeurent jouissifs au possible. Aidé à l’écriture du scénario par Franco Ferrini, le maître semble tellement vouloir dépouiller son récit des clichés usuels qu’il n’y intègre absolument aucune touche de suspense cohérente, nous propose des meurtres souvent fades et nous livre le psychopathe le plus ennuyant de sa carrière. Peut-être que la présence de sa fille Asia à la production a un lien avec ce bâillonnement des débordements habituels du cinéaste puisque, pour la première fois dans sa carrière, la psychologie d’un personnage l’emporte sur son style, et le scénario montre une conscience face à la ségrégation envers les femmes.

Au niveau de la réalisation, la signature d’Argento se ressent énormément à la levée du rideau, où le talent du maquilleur Sergio Stivaletti est mis en évidence et où la musique techno d’Arnaud Rebotini ponctue magnifiquement les actions. Cela dit, plus le film avance et plus la mise en scène perd des plumes pour en arriver à une finale impersonnelle, qui semble tournée à la va-vite et si peu mystérieuse qu’elle en devient presque confuse.

L’actrice Ilenia Pastorelli est très bonne dans le premier rôle face à une Asia Argento crédible, malgré un personnage plus mécanique. Au final, ce retour d’Argento reste potable, même si nous sommes très loin de ses œuvres majeures.

Note des lecteurs7 Notes
Points forts
L'ouverture impériale
La musique techno
Un personnage féminin intéressant
Points faibles
L'intrigue policière déficiente
Un psychopathe sans charisme
Les meurtres trop rares
3
Note Horreur Québec
Horreur Québec
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