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[FNC 2017] Les Affamés: dans la forêt des mal-aimés
9Note Finale
Note des lecteurs: (4 Votes)
6.6

Après son passage au TIFF, au Fantastic Fest et à Sitges, on pouvait ENFIN voir le dernier film de zombies de Robin Aubert (Saints-Martyrs-des-DamnésTuktuq) en première québécoise au Festival du nouveau cinéma la semaine dernière. L’atmosphère était fébrile lors de la projection où la distribution et les artisans du film, qui a d’ailleurs remporté le Prix du public du Festival, étaient pour la plupart présents. Un chose est certaine: on parlera de Les Affamés pendant bien longtemps.

Les choses ne sont plus ce qu’elles étaient dans une petite ville en région du Québec. Un mal qui rend les habitants avides de chair humaine se répand rapidement. Une poignée de survivants devront faire face à l’horrible menace pour espérer rester en vie.

Avis à ceux qui pensaient le genre zombie éteint et même dépassé, malgré cette prémisse qui semble aux premiers abords déjà vu, Robin Aubert réussit à nous servir un morceau de viande bien frais! Les Affamés est ce genre de film qui ne prononce jamais le mot en Z. L’atmosphère est à la contemplation et le cinéaste utilise les contrastes pour créer ses moments de tension: la beauté d’un paysage de campagne coupée par une scène horrible, un long moment de silence rompu par un bruit assourdissant, etc. La réalisation irréprochable est très travaillée et parmi ces scènes de stress insoutenables, on réussit même à glisser quelques moments d’humour fort réussis, sans entacher l’importance et l’urgence du propos.

L’une des grandes forces du film réside dans ses personnages; des gens qui sont constamment rappelés de leur passé parfois douloureux par la présence de ces revenants. Pourtant, on ignore tout d’eux et d’où ils viennent et lorsqu’on s’attache malgré tout, le scénario réussit un véritable tour de force. Dommage par contre que certains héritent parfois de dialogues un peu trop théâtraux. Marc-André Grondin (C.R.A.Z.Y) et Monia Chokri (Les amours imaginaires) percent l’écran, mais l’ensemble de la distribution de soutien est toute aussi pertinente.

La plupart de l’action se déroule néanmoins dans le silence. Le spectateur devra interpréter et déduire certaines émotions ou autres dénouements avec des non-dits et des regards plutôt que de se faire enfoncer dans la gorge toutes les réponses. On ne nous prend pas pour des cons et ça fait du bien. La production n’atténue non plus aucune scène gore au profit d’un public plus large. Pourtant rien n’est gratuit et beaucoup de scènes se déroulent dans la suggestion. Un autre grand signe d’intelligence. Finalement, le cinéaste québécois propose même quelques innovations intéressantes à la mythologie du zombie.

Les Affamés est plusieurs choses. D’abord, il s’inscrit assurément comme l’un des meilleurs films de genre dans l’histoire du Québec et prouve à notre industrie qu’il est possible de créer un production horrifique pertinente et viable (espérons que le box office le prouvera également). De plus, c’est l’une des meilleures propositions du sous-genre zombies des dernières années, aux côtés de titres comme Train to Busan et The Girl with All the Gifts. Mais plus important encore, Robin Aubert nous propose ici l’un des meilleurs films d’horreur de l’année, tous pays confondus.

Le film Les Affamés arrive en salle le 20 octobre prochain.

Lisez notre entrevue 666 avec l’actrice Monia Chokri à propos du film.

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