S'enregistrer
Votre mot de passe vous sera envoyé.
Kona: frissons dans le Grand Nord du Québec
7Note Finale
Note des lecteurs: (0 Vote)
0.0

Le studio québécois Parabole, spécialisé en création d’expériences interactives, a débuté sa campagne kickstarter en 2014 pour financer Kona. Une fois l’objectif atteint, le conte interactif est tout d’abord sorti en 2016 sur la plateforme Steam pour PC et est maintenant disponible en téléchargement sur toutes les plateformes incluant Xbox One et PS4. Une des particularités du jeu est que le scénario se déroule entièrement au Québec, ce qui est plutôt rare dans le domaine.

1970, Carl Faubert, détective privé, obtient un contrat dans une région du Nord-du-Québec, au Lac Atâmipêk. La mission est simple: découvrir le responsable du vandalisme perpétré sur la maison d’été et le manoir de chasse de son riche client, monsieur Hamilton. Ce dernier est convaincu que les responsables sont des membres de la communauté amérindienne Cris. L’enquête prend une toute autre tangente lorsqu’un violent blizzard sévit sur le village. Faubert se retrouve alors confronté à la colère de mère nature ainsi qu’à une histoire de meurtre mystérieuse. Comme nous le savons, chaque village a ses secrets!

L’un des points forts de Kona réside dans son scénario. Après un début plus lent, le conte nous plonge dans un univers que l’on connaît plutôt bien au Québec: le froid. La tempête fait partie intégrante de l’histoire. Sans celle-ci, le récit n’aurait pas du tout le même impact. Elle nous procure cette sensation d’isolement et d’urgence dans la résolution l’enquête alors que la poudrerie semble vouloir nous freiner dans notre mission. Même le craquement de la neige sous nos bottes, un détail qui peut sembler anodin, ajoute au réalisme et à l’immersion. La finale est des plus enlevantes. Tenter de fuir l’ennemi qui nous poursuit procure une réelle sensation d’angoisse. L’amalgame du thriller policier aux légendes fonctionne à merveille.

Le choix de l’acteur québécois Guy Nadon (Aveux, Série Noire) comme narrateur est tout simplement parfait. Sa voix correspond très bien à ce que l’on s’attend d’un conteur de légende. Son intonation est juste, sans jamais tomber dans la caricature. Le jeu laisse également une certaine liberté au joueur sans trop lui tenir la main, ce qui est peut en déstabiliser certains. N’ayez crainte cependant, lorsque l’on passe à côté d’un détail important, monsieur Nadon se fait un plaisir de nous en aviser et ça, le joueur lui en est très reconnaissant!

Autre caractéristique qui plaît est le souci du détail dans la reproduction de l’époque. Lorsque le détective visite les différentes maisons, il y découvre des vieux jeux populaires d’antan, dont un Etch-a-Sketch et un spirographe, ainsi que des vinyles de Led Zeppelin ou de Joe Dassin. On se retrouve littéralement transporté dans les années 70 et les créateurs n’ont pas non plus oublié les références à notre folklore québécois, comme la Corriveau ou bien la Chasse-galerie.

Mais tout n’est pas parfait dans le Nord-du-Québec. Ce qui frappe le plus, ce sont les chargements qui surviennent à tout moment. Au début, le joueur se demandera peut-être si sa console est défectueuse, mais plus on s’enfonce dans l’aventure et plus ces interruptions se font fréquentes et en frustreront sûrement plusieurs. Ils surviennent, la plupart du temps, lors de la conduite de véhicules et cassent ainsi le rythme. En 2017, ce genre de situation est inacceptable, surtout lorsqu’on sait qu’il existe plusieurs façons de présenter ces chargements nécessaires.

Aussi, le maigre budget se fait sentir au niveau des graphismes. Certes, Kona n’est pas le plus beau visuellement, mais les visuels moins réussis n’enlèvent en rien au plaisir d’enquêter. L’accès à la carte routière est par contre pénible en conduisant. Il faut avoir un oeil sur la route en tentant, en même temps, de lire la fameuse carte; une tâche qui s’avère complexe. Lorsqu’on conduit la motoneige, elle y est tout simplement inaccessible. Il faut donc sortir du véhicule pour la consulter, ce qui est agaçant à la longue. Il en va de même pour la musique traditionnelle, très répétitive, qui joue dans les radios. Vous serez tentés de rapidement les éteindre lorsque vous visiterez les différentes demeures. Le mode de combat est assez rudimentaire et donne l’impression d’avoir été conçu à la va-vite. Par chance, il y en a très peu dans le jeu et la fuite peut devenir la meilleure solution.

Certains lui reprocheront son prix à 25$ (quoique moins cher sur PC) pour environ six heures de jouabilité. Toutefois, pour encourager un studio bien de chez nous et qui innove en racontant une histoire qui se déroule entièrement dans notre belle province, la dépense en vaut le coup! Une suite est déjà confirmée, ce qui permettra de corriger certaines erreurs et de peaufiner le résultat final.

En espérant que d’autres studios prennent exemple sur Parabole et donnent naissance à des licences se déroulant au Québec. Le résultat est unique et permet un sentiment d’appartenance à ceux qui habitent ici, ce que peu de jeux parviennent à accomplir. Chapeau!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.