[FNC 2018] Killing: le sabre du mal

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4.5

Un jeune rōnin (samouraï sans maître) et un autre plus âgé s’arrêtent dans une petite ferme perdue dans une immense forêt. C’est l’occasion de prendre une pause, de vivre normalement et de réfléchir à la prochaine guerre. Le vieux samouraï propose de prendre le plus jeune sous son aile et de l’enrôler afin de combattre pour l’empire. Cependant, avant même leur départ, la violence les rattrape. Un groupe de hors-la-loi traînent dans le coin, ce qui terrifie les pauvres fermiers sans défense.

Avec Killing, Shinya Tsukamoto nous présente son premier chanbara (film de samouraïs), une proposition épurée, se déroulant presqu’exclusivement en forêt (à l’exception de la petite ferme). Un choix qui peut étonner de la part d’un cinéaste qui nous a plutôt habitué à des films décrivant la violence et le chaos urbain (Tetsuo, Tokyo Fist ou Bullet Ballet).

Killing affiche poster

De la violence, il y en a dans Killing, mais cette dernière est dissoute par la quête existentialiste des personnages et la nature qui les entoure. Évidemment, cette violence demeure tout de même un thème central pour Tsukamoto, à l’instar de la sexualité. Encore une fois, la dualité entre la création et la destruction (le fameux eros et thanatos) transpire de l’œuvre du cinéaste japonais. Ainsi, le jeune samouraï du film craint autant la première fois qu’il aura à tuer quelqu’un que la possibilité d’avoir une relation sexuelle avec l’une des fermières. Ainsi, perdre sa virginité et perdre son innocence (voire son humanité) semblent intimement liés.

Le katana devient alors une extension phallique, le sang qui gicle une semence éjaculée et un combattant adverse, un amant mortel. Si Tsukamoto parvenait dans ses précédents films à éviter les clichés récurrents de cette thématique archi-vue, elle est abordée de manière plutôt grossière et puérile dans Killing, particulièrement lors des scènes où le jeune samouraï se masturbe frénétiquement.

De plus, le look vidéo du film vient amoindrir la poésie qui aurait pu se dégager des images et le peu de moyens de cette production est évidente tellement il se passe peu de choses à l’écran. Bref, Killing est une grosse déception, très loin de la fulgurance des premiers films du cinéaste.

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