«Gonjiam: Haunted Asylum»: une simplicité qui fait peur

7.8

Le réalisateur d’une télé-réalité sur YouTube recrute un groupe de jeunes assoiffés de popularité pour visiter clandestinement un asile psychiatrique délabrée, reconnue pour son historique inquiétant.

Alors que l’on hausse les épaules en lisant l’expression found footage sur les descriptifs du film Gonjiam: Haunted Asylum, on se rappelle qu’il s’agit d’un film coréen et on pense forcément aux trésors qu’ils ont su apporter au cinéma de genre durant les dernières années. Les sites qui tentent de vendre le film aiment nous rappeler son succès commercial, mais aussi le fait qu’il s’agit d’un hôpital existant réellement (l’asile Namyang à Gonjiam) et que le récit s’inspire des histoires farfelues rapportées par des habitants du coin.

Gonjiam Haunted Asylum film posterGonjiam: Haunted Asylum reprend certains repères plus usés de ce sous-genre qu’est le found footage. Cela dit, des océans sont passés sous les ponts depuis les technologies plus rudimentaires, utilisées pour tourner le long-métrage qui a popularisé le courant, The Blair Witch Project. Il ne faut pas s’attendre à une caméra aussi épileptique et des images aussi crades. Loin de nous l’idée de dégrader le film phare que nous ont donnés Daniel Myrick et Eduardo Sánchez en 1999, mais force est d’admettre que les cinéastes en herbe et sans capitaux financiers ont davantage de joujoux à leur disponibilité aujourd’hui pour plonger dans l’industrie du rêve. En fait, on pourrait presque croire qu’une compagnie de produits électroniques a subventionné le film coréen pour nous montrer les différentes fonctions des micro-caméras qui existent.

Le tour de force du réalisateur Jeong Beom-sik est d’utiliser cette batterie de gadgets pour nourrir son film, et non pas d’en devenir prisonnier. Saisissant les options de son équipement et connaissant le point de vue qu’il souhaite adopter, il déploie une inventivité redoutable pour naviguer dans ses couloirs sombres et susciter l’effroi. On absorbe les clichés telle une éponge, tellement ceux-ci sont disposés d’une manière divertissante. L’ambiance de l’hôpital, les changements de point de vue, le montage percutant et l’utilisation impériale du son permettent au film de se hisser parmi les très bons du sous-genre. Certains passages horrifiques sont surprenants et la simplicité dessine un côté réaliste.

Contrairement à ce que l’on voit souvent dans les productions américaines indépendantes, les acteurs y jouent avec une conviction explosive.

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