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Inside: remake avorté
4Note Finale
Note des lecteurs: (2 Votes)
7.5

Une femme enceinte, qui vient de perdre son conjoint dans un accident de voiture, se voit traquée par une psychopathe le soir de Noël.

Après le culte engendré par le film À l’intérieur des cinéastes français Alexandre Bustillo et Julien Maury, il fallait bien s’attendre à voir les Américains s’amener avec un remake. On parle de coproduction ici et on engage un cinéaste espagnol, mais personne n’est dupe; l’objectif étant d’offrir une version anglaise. La réalisation d’Inside est donc confiée à Miguel Ángel Vivas (Extinction), qui va se commettre en mettant sur pieds un remake en tout point inférieur.

Sorti en 2007, À l’intérieur a su avec le temps se composer une réputation à toute épreuve. Le film est cru, glauque et propose une utilisation exemplaire du cadrage et nous offrait un huis clos tout à fait magistral. Par ailleurs, l’actrice Béatrice Dalle jouait avec tellement d’aplomb le rôle de la psychopathe qu’elle s’est imposée parmi les meilleurs “boogeymen” des dix dernières années.

En répétant la même trame, Inside en profite pour aseptiser les moments forts de l’original du moindre relief «hardcore». Qui faut-il protéger et de quoi? On a l’impression de regarder une version censurée d’un long-métrage qu’on a déjà vu. Le plus loufoque, c’est qu’on semble avoir également délayé le côté dépressif de l’héroïne originale, pour nous mettre en scène une femme triste, mais voulant aller de l’avant. Plusieurs observations judicieuses sur le deuil sont donc mises au tapis avec le reste, pour ne laisser que quelques phrases banales. S’il est tabou d’attaquer une femme enceinte au cinéma, il l’est autant d’en montrer une anéantie, impassible et déconnectée comme le faisait la version française.

Par ailleurs, la composition picturale exemplaire du film de Bustillo-Maury, qui permettait autant de nourrir un suspense à toute épreuve qu’à livrer une série d’hommages délectables, laisse place à un style élégant, mais trop poli, qui ne se démarque en aucun cas. À ce titre, l’idée saugrenue de sortir la victime de la maison pour la faire déambuler dans des décors susceptibles de générer une tension se veut carrément risible.

Si Rachel Nichols injecte une certaine énergie dans son jeu, nous sommes très loin d’atteindre celui de Alysson Paradis, dont le rôle était d’ailleurs plus subtil. Épatante à souhait dans le Mulholland Drive de David Lynch, Laura Harring est, ici, aussi monolithique que peu terrifiante.

Un très pauvre remake qui ne va pas à la cheville du film initial.

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