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The Nightmare (Der Nachtmahr): quand le style n'est plus un instrument, mais une fin en soi
4.5Note Finale
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Suite à une fête pour le moins houleuse, une adolescente est aux prises avec d’étranges cauchemars et devient hantée par une inquiétante créature.

The Nightmare est un film allemand de 2015 disponible pour la première fois par le biais de Shudder. La production renferme plusieurs idées intéressantes, dont un parallèle assez saisissant entre la créature du film et celle représentée dans le célèbre tableau de Johann Heinrich Füssli, utilisant le même titre: le monstre du long-métrage renvoie directement à l’incube de cette sublime huile sur toile. On se rappelle vite les différents sens que les théoriciens lui avaient rattachés et qu’on s’amuse à déceler dans le film. Il y a, certes, l’amour perdu, mais aussi une série de problématiques sexuelles qu’on croit capter, ici et là, en filigranes. La psychiatrie moderne a défini ce démon comme une représentation hallucinatoire d’une libido déviante, ce qui rend l’idée de l’incube très pertinente.

On nous annonce dès le début que le film est intense, que ces effets stroboscopiques, et ces sons pourraient causer certains malaises à des spectateurs plus sensibles. The Nightmare se veut avant tout une expérience sensorielle hallucinante, mais qui fait davantage grincer des dents que fasciner. Contrairement, par exemple, aux films de Nicolas Winding Refn où la facture « trip d’acide » est nourrie par une narration, des images majestueuses et des idées bien déterminées, la trame du long-métrage d’Akiz manque de souffle assez rapidement. Peut-être est-ce simplement que l’ensemble ne nous captive pas assez pour qu’on se risque à spéculer des interprétations. Info pub pour les boîtes de nuit, démonstration d’un cas pathologique de schizophrénie, histoire à charge moralisatrice, quête identitaire; le spectateur n’a qu’à choisir la lecture qu’il souhaite en faire.

Cependant, aucun de ces parcours ne se voit réellement développé et, pour le peu qu’on la travaille, l’intrigue est prévisible. Il ne s’agit que d’un recyclage sur le pouce, incapable d’apporter la moindre nuance aux thèmes qu’il calque. Les rapprochements que l’on nous impose en reprenant certaines scènes mémorables du classique E.T. sont carrément ridicules, alors que ceux soulignant une appartenance à Basket Case semblent plus adéquats. Difficile aussi de ne pas y faire un comparatif avec le très beau film Grave, paru cette année également, mais bien plus achevé.

L’exercice l’emporte sur le reste en présentant une réalisation nerveuse, aux images laides, et dont le côté survitaminé ne montre pas le talent, à peine palpable, que l’entrée en matière laissait présager. Le style pourrait ironiquement faire figure de l’incube de la peinture, écrasant ici l’oeuvre au lieu de la poitrine d’une jeune femme. Dans ce mélange explosif et excessif, les acteurs offrent des performances acceptables, mais sans réel relief.

 

A propos de l'auteur

Jean-François Croteau

Bachelier en études françaises, et diplômé d’un majeur en études cinématographiques, Jean-François est un cinéphile assidu depuis son enfance. Fasciné par l’histoire du septième art, Il a toujours su conjuguer ses deux passions qui sont le cinéma et l’écriture. Administrateur de la page Facebook "Le club de l’horreur du Québec", il adore échanger sur le cinéma avec d’autres fans.

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