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Depuis 1998, la réalisatrice québécoise Izabel Grondin s’impose dans les festivals et autres salles de projection obscures avec ses courts-métrages de genre singuliers qui flirtent avec horreur viscérale et fétichisme. Si la femme n’a plus besoin de présentation dans la communauté underground, il en est peut-être autrement pour le grand public…

lequartienew1317816127_400Mais tout cela risque de changer très bientôt puisque Izabel annonçait récemment son intention d’adapter au grand écran le roman de Madeleine Robitaille, Le quartier des oubliés, dans ce qui serait son premier long-métrage.

Horreur Québec s’est entretenu avec la cinéaste, question d’en apprendre davantage sur les derniers détails du projet dans une «Entrevue 666», destinée à convoquer le diable!

***

#1 Horreur Québec — Peux-tu nous parler du synopsis de ton film Les oubliés, pour ceux qui n’auraient pas lu le bouquin?

Izabel Grondin — C’est un banal voyage d’autobus entre Montréal et Mont Laurier qui va virer au cauchemar pour 15 passagers qui seront pris en otage pour des motifs obscurs. Ils seront relocalisés dans une vieille carcasse d’autobus scolaire abandonnée. Les ravisseurs leur disent qu’ils reviendront les chercher le lendemain en avant-midi, mais ne reviendront jamais. Ce sont donc 15 personnes qui tenteront de survivre dans des conditions extrêmes.

#2 HQ — Pourquoi tenais-tu à faire de Les quartiers des oubliés ton premier long-métrage?

IG — C’est vraiment à cause de l’expérience littéraire que j’ai vécue. Je suis une fille qui lit beaucoup et cette lecture-là m’a vraiment sorti de ma zone de confort. Étant moi-même claustrophobe et ne supportant pas la chaleur (car l’histoire se déroule en pleine canicule), c’est probablement une des pires choses qui pourrait m’arriver!

L’histoire est d’une intensité et d’une crédibilité telles qu’on a l’impression de lire un cas vécu et non un roman. C’est d’ailleurs ce que je veux recréer chez les spectateurs: 90 minutes d’adrénaline pure! Dans ma lecture, y a fallu que je prenne des pauses, pas juste pour dormir ou manger, mais pour décrocher du roman qui m’absorbait beaucoup trop. C’était clair que ça allait être mon premier long-métrage.

Je précise d’ailleurs que c’est un ami qui était sur un jury littéraire qui m’a donné le roman; roman qui a été boudé à l’époque. Comme quoi faut jamais se décourager parce que j’suis certaine qu’aucun des romans qui ont gagné ce concours seront adaptés, contrairement à celui-ci. Et je suis certaine que ce film-là va se faire! 100% convaincue!

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#3 HQ — Après 16 courts-métrages, un premier long, ça représente quoi pour toi?

IG — Sincèrement, c’est bizarre ce que je vais dire, mais ça représente pas grand chose à part que là, je travaille avec une grosse équipe pour m’encadrer. Je ne vois pas vraiment de différence en terme d’énergie que ça demande, d’implication ou de flexibilité. Parce que tu deal avec beaucoup de gens, avec des égos, des orgueils, tu deal avec des artistes, des preneurs de sons, des directeurs photos, artistiques, etc. Ces gens-là, il faut savoir comment leur parler et être le capitaine du bateau en quelque sorte. Pour moi, ça va être exactement la même chose, mais ça va juste durer plus longtemps.

Mais là, j’ai la chance ENFIN d’avoir une grosse équipe pour m’aider, j’ai la chance d’avoir une super productrice pour veiller vraiment à ce qu’on dérape pas et j’ai aussi, je dois dire — et c’est rien contre les comédiens avec qui j’ai déjà travaillé — la chance d’avoir des comédiens extraordinaires. C’est un rêve pour moi de pouvoir travailler avec eux. Paul Doucet, Robin Aubert, Christine Beaulieu, Hubert Proulx, Jason Roy Léveillée. Wow!

#4 HQ — On parle ici du premier survival québécois?

IG — Oui, c’est le premier et je précise que c’est aussi quatre genres mélangés. C’est un thriller, un survival, mais il y a également du fantastique et de l’horreur. Mais oui, c’est le premier survival qui serait financé par l’état au Québec. Et pas seulement ça, ce serait également le premier film de genre financé par l’état à être réalisé par une femme au Québec! Produit par une femme, écrit par une femme, réalisé par une femme, adapté du roman d’une femme. On est toutes des guerrières à notre façon.

#5 HQ — Rémy Couture est aux effets spéciaux. Est-ce qu’on doit s’attendre à quelque chose de très gore?

1985-guineapigvol2floweroffleshandblooddvdIG — Pour moi c’était clair dès le départ que Rémy allait les faire. Je suis une grande fan de films de genre, alors je suis un peu au courant de ce qui s’est fait dans les dernières décennies. Dans les années 80, au Japon, il y avait un courant hyperréaliste hallucinant. D’ailleurs, il y a une série qui a excellé là-dedans: les Guinea Pig. Particulièrement un très troublant qui s’appelle Flower of Flesh & Blood où les gens pensaient avoir affaire à un vrai snuff.

Rémy, c’est ça sa force. On a des scènes très dures! On a un bébé de 3 mois, par exemple. Rémy est capable de faire des choses sanguinolentes oui, mais on veut pas un film de zombies cheap. On veut quelqu’un capable de recréer le corps humain à la perfection. Là dessus, Rémy est hal-lu-ci-nant. Il pourrait faire des modèles pour des cours de biologie! Je veux des corps poisseux, des membres qui se noircissent, des yeux et des rétines qui commencent à devenir sèches, des fluides qui coulent…

D’ailleurs, on vise un public «16 ans et +» c’est certain. Si j’ai un «13 ans et +», j’vais être déçue. C’est pas vrai qu’un enfant de 8 ans peut aller voir mon film accompagné d’un adulte.

#6 HQ — Ton projet vient d’être déposé à la SODEC, quelles sont les prochaines étapes après le feu vert?

IG — Ah mon dieu! Ma vie au grand complet change. On aurait un mois et demi, peut-être deux, de pré-production. On pourrait penser à un tournage en 2017. Mon film doit obligatoirement être tourné l’été, sans couleur dans les arbres. Au printemps, on s’occupe de monter notre carcasse d’autobus, on finalise le casting, la recherche de lieux extérieurs, les costumes, etc.

Le tournage total serait d’environ 3 semaines, probablement à 6 jours par semaine. Considérant tout ce qu’on a à faire, ça va être malade mental. Des journées de fous.

Ce serait bien que le film sorte à l’Halloween ou à l’été. Noël, ça marchera pas, on s’entend. Et on a un film commercial grand public ici. Je veux du monde en salle! Dans le meilleur des mondes ça sort à l’automne 2017! Dans le pire des mondes, y sort jamais. Dans le moins pire des mondes y sort en 2018.

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#1 HQ — Dans cette portion d’entrevue plus personnelle, on veut connaître tes goûts en cinéma d’horreur! Le dernier bon film d’horreur que t’as vu?

246460id1c_Conjuring_INTL_27x40_1Sheet.inddIG — Ç’est peut-être pas un que j’ai vu dernièrement, il commence à dater, mais j’ai beaucoup aimé The Conjuring de James Wan! C’est un des rares réalisateurs modernes qui réussit à venir me chercher. J’adore ce qu’il fait!

#2 HQ — Le pire que t’as vu dans ta vie?

IG — En nommé juste un c’est vraiment difficile. Ouach! Je vais dire sans hésitation Le tueur de la forêt et Véronique la morte vivante. C’est les deux films les plus PLATES que j’ai vu. C’est même pas drôle, tape-toi même pas ça.

#3 HQ — Pour ou contre les remakes?

IG — Contre! À part le remake de The Evil Dead. C’est un des rares qui a passé. Avec Maniac. Mais même encore là, j’ai préféré les originaux.

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#4 HQ — Ta période préférée dans le cinéma d’horreur.

IG — Sans aucune hésitation de 1968 à 1984.

#5 HQ — C’est précis! À quoi ressemble ta collection de film?

IG — J’ai beaucoup de VHS en version française principalement; plusieurs sont introuvables. J’ai un certain fétichisme pour les boitiers vintage des années 80. J’ai beaucoup de sexploitation aussi. C’est une collection très organisée dont je prends un soin jaloux. Je ne les expose jamais à la lumière, je laisse jamais de VHS dans mes lecteurs, etc. On dit qu’en moyenne une cassette VHS aurait une durée de vie de 25 ans. Moi je dis qu’une cassette bien entretenue, ça peut aller jusqu’à 35 et j’en ai qu’y doivent approcher ça.

#6 HQ — Qu’est-ce qui t’effraie le plus?

IG — Être enfermée!

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HQ — Ici, pour compléter le chiffre du diable, c’est la partie de l’entrevue LA PLUS DIFFICILE! Nomme-nous 6 films que tu aurais voulu réaliser:

IG — Oh! Ça c’est le fun!

Ok. Salò ou les 120 Journées de Sodome. Sûr, sûr, sûr.
Le Corps et le Fouet de Mario Bava.
Daughters of Darkness avec Daniel Ouimet et Delphine Seyrig.
Casino de Scorsese.
Natural Born Killers. J’ai trop tripé sur ce film-là.
9 ½ Weeks.

Ok pis 99 francs, parce que j’suis pas capable d’en nommer juste 6!

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On saura donc d’ici la fin de l’année si le projet Les oubliés sera porté au grand écran — on vous tiendra au courant! —, mais si le film vous intéresse, démontrez votre appui en aimant la page Facebook Les oubliés / The Forgotten. Chaque like compte!

Et gardez un œil sur notre page, on vous propose un concours très alléchant en lien avec cette entrevue très bientôt!

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