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[BITS 2018] Isabelle: cette femme invisible à la fenêtre
7Note Finale
Note des lecteurs: (2 Votes)
6.6

[NDLR: Cette année, Horreur Québec vous offre une couverture en avant-première du festival Blood in the Snow, qui met de l’avant le cinéma d’horreur canadien et qui se déroule du 22 au 28 novembre au The Royal Cinema de Toronto.]

Suite à l’accouchement prématuré d’un bébé mort-né, une jeune femme qui sombre lentement dans la dépression en vient à soupçonner l’étrange voisine quadraplégique qui l’observe de sa fenêtre d’avoir un lien avec ses malheurs.

Isabelle est le genre de petites productions pour lesquelles le festival Blood in the Snow existe. Il ne s’agit aucunement d’un film parfait, mais les créateurs ont le mérite de ne pas prendre les spectateurs pour des imbéciles.

Proposant un scénario bien conduit qui butine intelligemment dans des thèmes graves comme le deuil, la violence envers les enfants et la dépression, le film ne s’enlise jamais grâce à une certaine rigueur de l’auteur qui refuse de se vautrer dans la complaisance. On nous confronte autant à la splendeur de devenir parent qu’à l’utopie qu’on attribue au fait d’enfanter. Bien sûr, tous ces thèmes ont été souvent mis de l’avant au cinéma, mais on nous les mélange judicieusement en choisissant la bonne dose qu’on doit absorber de chacun. La scène finale peine à boucler la boucle, mais c’est un mal bien moindre.

La plus grande force de la mise en scène de Robert Heydon (Ecstasy) est peut-être de créer avec brio cette jonction entre pessimiste et horreur. La matière première fortifie sa démarche, certes, mais sa manière de capter son héroïne, souvent amorphe dans cette demeure presque toujours vide qu’il superpose à l’image immobile de la voisine clouée derrière sa fenêtre, enfante une sorte de spleen assez délectable. Son utilisation éclairée d’effets spéciaux désuets, mais opportuns, converge également dans ce sens. Le spectateur a ce sentiment qu’ils épaississent ce mal de vivre en accentuant une forme d’indétermination au récit. Par ailleurs, le film est rempli de scènes d’horreur plutôt intéressantes. En revitalisant des attributs plus habituels, le réalisateur en fait oublier leur résonance plus minimaliste.

L’autre grande force de ce petit film canadien indépendant est sa distribution cinq étoiles. L’actrice Amanda Crew (The Haunting in Connecticut, Final Destination 3) est particulièrement vibrante, mais les cinéphiles ne pourront que remercier le cinéaste d’avoir choisi la toujours exquise Sheila McCarthy, immortalisée grâce à son rôle dans I’ve Heard the Mermaids Singing, pour incarner ce personnage secondaire aussi complexe que fascinant.

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