[BITS 2020] Hall: le couloir de la mort et des risques inutiles

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3
Note Horreur Québec

Le destin de deux femmes aux prises avec des conjoints violents se croisent dans un hôtel. Alors que la première est enceinte et vient de quitter son pays pour retrouver sa liberté, la seconde se propose de fuir un mari abusif lors de vacances familiales. Mais voilà que le long couloir de l’étage où elles résident est infesté de malades jonchant le sol qui semblent agoniser.

Hall a connu un tournage de douze jours dans un hôtel de Montréal; déjà un tour de force en soit. Le cinéaste montréalais Francesco Giannini, qui signe ici son premier long-métrage, a aussi opté pour des effets pratiques aussi souvent que possible pour donner au film un côté plus rétro, pouvant rappeler certains titres l’ayant jadis marqué. On y reconnaît certainement l’influence de Cronenberg, entre autres.

On pourrait diviser le film en deux segments. La première partie du scénario développe assez admirablement ses personnages féminins aux prises avec la violence conjugale. Choisissant d’illustrer le profil de deux femmes traversant des conditions sociales et ethniques différentes, le scénario illustre adéquatement le penchant corrosif de la domination masculine, et les obstacles de celles qui doivent la sillonner. Dommage que le constat ne soit nullement troublé de mettre tous les hommes dans le mêmes panier. Misogynes ou sociopathes, les mâles de ce récit font bien mauvaise figure. Cette stratégie de dénonciation perd donc des plumes en cours de route au niveau du réalisme.

Hall affiche filmDans cette suite logique des choses, le couloir que doit traverser l’héroïne devient carrément une représentation symbolique de son parcours vers la liberté. Comme si chaque pas pouvait être le dernier, la survivante doit avancer. L’idée est intéressante, mais le tout est vite aplati par certains flottements illogiques. C’est notamment le cas de la parenthèse montrant l’une des comparses en fuite délaisser sa fillette dans une cage d’escalier pour une exploration qui semble interminable. On peut comprendre que mettre les personnages en péril puisse féconder la peur et le suspense, mais il y a des limites. On sature de la sorte notre empathie pour cette mère qui manque de jugement face à la sécurité de son enfant. Dès lors, le cheminement dramatique réduit ses investissements en poussière.

Il faut accorder à Giannini une certaine efficacité pour la direction d’acteurs et des passages dramatiques. Il lui fallait une véritable connaissance du langage et des codes cinématographiques pour mettre à termes un projet aussi audacieux. Les fanatiques d’horreur trouveront que le traitement horrifique manque parfois de tonus. Cela dit, malgré une aisance avec les cadrages incongrus et une bonne utilisation des décors, Hall paraît plus étrange que réellement flippant. Sa distribution demeure satisfaisante dans l’ensemble, même si le jeu de certains contaminés semble plus forcé.

Au final, la véritable raison pour voir Hall est d’y découvrir un nouveau cinéaste de genre d’ici, dont la filmographie sera forcément à suivre. Malgré ses imperfections, ce premier film implante un bourgeon dans le paysage horrifique que vous voudrez voir fleurir.

Blood in the Snow se déroule du 28 octobre au 7 novembre prochain via Super Channel et en ligne via Amazon Prime et Apple TV.

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