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Castle Rock: bienvenue dans la ville de monsieur King
8.5Note Finale
Note des lecteurs: (4 Votes)
8.2

Développer un scénario inédit dont l’action se déroule dans une ville mythique inventée par Stephen King est à la fois ambitieux et risqué. Pour les non-initiés, Castle Rock, une ville fictive du Maine, est le théâtre de plusieurs histoires du maître de l’horreur: The Dead Zone, The Dark Half et Needful Things pour ne nommer que celles-là. Par ailleurs, les créateurs et scénaristes, Sam Shaw (Manhattan) et Dustin Thomason (Lie to me), ont opté pour une formule similaire à American Horror Story, c’est-à-dire que chaque histoire sera indépendante, mais aura toujours la sinistre municipalité comme toile de fond.

Suite au suicide du directeur de la prison Shawshank, les gardiens trouvent un individu surnommé «The Kid» (Bill Skarsgård, It) enfermé dans une aile désaffectée de l’établissement carcéral. Les seuls mots sortant de sa bouche: le nom de l’avocat Henry Deaver (André Holland, American Horror Story: Roanoke). Ce dernier, originaire de Castle Rock, avait inexplicablement disparu dans les bois pendant une semaine avant d’être retrouvé subitement lorsqu’il était enfant. La découverte du mystérieux personnage déclenchera une série de phénomènes étranges et certains iront jusqu’à croire qu’il s’agit du Diable en personne qu’on aurait libéré de sa cage.

Castle Rock poster

Si la prémisse vous semble peu originale, ne vous laissez pas berner! Au fil des épisodes, le scénario s’avère être beaucoup plus complexe. Après un début plutôt lent, l’intrigue se corse, devient plus intéressante et prend une tournure inattendue. Les mystères traînant en longueurs finiront peut-être par en lasser certains, tandis que d’autres s’évertueront à chercher une cohérence aux événements. Les créateurs se sont amusés à faire creuser les méninges de l’auditoire, ce qui est loin d’être une mauvaise chose dans un monde où l’on nous offre des œuvres déjà pré-mâchées.

«The Queen» est notamment un épisode phare de la série, en plus d’être un des grands moments télévisuels de 2018. Impossible de ne pas être sur le bout de son siège tellement c’est enlevant. Certains passages font penser à Mother! d’Aronofsky. Sissy Spacek (Carrie), le pilier de cet épisode, vient confirmer, avec sa brillante interprétation d’une mère atteinte d’Alzheimer, qu’elle est encore pertinente dans ce monde hollywoodien. Elle représente parfaitement ce qu’est une grande actrice au talent indéniable et nous offre également un beau moment de tendresse qui en fera sourire plus d’un. On se doit de mentionner l’excellente performance de Melanie Lynskey (Heavenly Creatures) dans le rôle de Molly, une femme avec une «habileté» cachée. Elle incarne merveilleusement bien le mal de vivre et le malaise quotidien du personnage sans tomber dans la caricature. Un chapitre consacré à son histoire serait certainement intrigant et captivant lors d’une prochaine saison. La distribution est, doit-on le dire, impressionnante: Scott Glenn, Terry O’Quinn, Frances Conroy, Rory Culkin, sans compter ceux déjà nommés. La série bénéficiait d’un bon budget et ça transparaît à l’écran, car le tout est magnifiquement filmé.

L’influence de Stephen King est évidemment au coeur de l’ADN de la trame narrative par l’amalgame des genres (horreur, science-fiction, drame), le lieu (le Maine étant indissociable du maître de l’horreur) et moult références plus ou moins subtiles à ses oeuvres. Le fan de l’écrivain prendra un malin plaisir à découvrir tous ces petits clins d’œil (et il y en a !) faits à son univers.

Sans rien dévoiler, la conclusion risque fortement de polariser l’opinion chez les spectateurs. Cependant on applaudit le choix scénaristique de ne pas tomber dans la facilité. L’ensemble de l’oeuvre n’est peut-être pas parfaite, quelques incongruités ici et là, mais on a déjà hâte de revisiter Castle Rock.

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