[Critique] Betaal: invasion britannique

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2.5
Note Horreur Québec

Une force policière indienne est engagée par un homme d’affaires véreux pour déloger de force des villageois empêchant la construction d’une autoroute. Une fois les récalcitrants incarcérés ou tués, les ouvriers dégagent l’entrée d’un ancien tunnel dans le but de le prolonger afin de permettre à la voie de traverser une montagne. Une grave erreur, car ladite montagne est maudite et retient prisonniers depuis plus de 160 ans une horde de soldats britanniques morts-vivants.

Betaal (Vetâla) — qui signifie «discordant» en hindi — est une mini-série de quatre épisodes disponible sur Netflix depuis le 24 mai. Si cette production est bien d’origine indienne, la célèbre compagnie Blumhouse (Insidious) est également rattachée au projet. Disons-le d’entrée de jeu, une certaine paresse accable le milieu du cinéma d’horreur depuis deux décennies, nous amenant à considérer comme des zombies la majorité des créatures anthropophages qui infestent les écrans suite au succès en 2003 de 28 Days Later de Danny Boyle. Les morts-vivants de Betaal n’échappent malheureusement pas à cette mauvaise habitude; la plupart des résumés de la mini-série disponibles sur le Web les décrivent effectivement comme des zombies. Dans les faits, ces revenants ressemblent davantage aux démons de Lamberto Bava, yeux lumineux inclus.

Le titre utilisé en français et en allemand, Vetâla, permet d’ailleurs d’en connaître plus sur la véritable origine des créatures. Selon la mythologie indienne, les vetâlas (un mot issu du sanskrit) désignent des démons vampiriques aux dents pointues et ongles empoissonnés créés lorsque qu’un esprit prend possession du cadavre d’un enfant n’ayant pas reçu d’obsèques. De plus, les vetâlas dorment la tête en bas comme les chauve-souris (une idée en quelque sorte reprise dans la série, puisque les créatures ont la capacité de marcher au plafond). Le titre original semble aussi s’inspirer de Vikram Aur Betaal, une série indienne des années 1980 qui mettait en scène des vetâlas et qui était basée sur des contes relatant les aventures du roi Vikram (Vikram est également le nom du personnage principal de la série de 2020).

L’histoire de Betaal rappelle également le passé douloureux de l’Inde et la colonisation britannique. Le sous-texte permet également de constater que les autorités actuelles ne font pas mieux que les anciens occupants et ne se gênent pas à utiliser la force pour faire de la place à la modernité, même si cela nécessite la destruction d’un village traditionnel et le non-respect des légendes locales.


Il est donc dommage que, malgré cette prémisse et l’utilisation de mythes propres à l’Inde, cette mini-série ne soit pas plus réussie. Techniquement, c’est bien torché: la photographie est soignée et le look des créatures est plutôt chouette, mais la plupart des personnages sont imbuvables. Même le policier Vikram Sirohi censé être le héros de l’histoire est un pleutre dont l’incapacité à prendre de bonnes décisions cause la mort du trois quarts du casting. On ressent ainsi une immense frustration devant le comportement profondément imbécile des protagonistes, ce qui a tendance à nous faire décrocher. Et ça, c’est sans compter les longues scènes de dialogues qui n’apportent pas grand-chose au récit et une conclusion très loin d’être originale.

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