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[Critique] «Conversations with a Killer: The John Wayne Gacy Tapes»: le diable qui portait un masque de clown

Figure célèbre du true crime depuis Paradise Lost: The Child Murders at Robin Hood Hills (1996), Joe Berlinger poursuit son exploitation du genre chez Netflix. Après Ted Bundy et Richard Cottingham, le documentariste s’attaque cette fois à John Wayne Gacy, tueur en série américain reconnu pour son alter ego clownesque et le nombre élevé de cadavres déterrés dans le vide sanitaire de sa maison.

Conversations with a Killer: The John Wayne Gacy Tapes (John Wayne Gacy: Autoportrait d’un tueur) partage en exclusivité des extraits d’entrevues entre le meurtrier et son équipe légale. Plus précisément, ce sont près de soixante heures de contenu qui sont coupées et réarrangées en trois épisodes. Est-ce suffisant? Difficile à dire, puisqu’on peut contester la pertinence desdits enregistrements. En effet, Gacy ayant été un menteur arrogant, narcissique et sans remords qui rejetait sans cesse le blâme sur autrui, on peut difficilement démêler le vrai du faux.

Conversations with a Killer: The John Wayne Gacy Tapes affiche Netflix

Les interventions d’avocats, de policiers, d’ex-employés, de proches des victimes et bien d’autres individus marquent le rythme de cette série documentaire qui débute avec l’enlèvement de Rob Piest, qui mènera ultimement à la capture du prédateur. Les épisodes, qui sautent habilement d’une année à l’autre sans forcément en respecter la chronologie, se concentrent sans surprise en priorité sur la période allant de sa première offense connue (1967) à son arrestation (1978).

Puisque Conversations with a Killer: The John Wayne Gacy Tapes suit les conventions du genre, les spectateurs sont en terrain connu. Il y a donc peu à dire sur la production et la réalisation, si ce n’est de la volonté affirmée de ne pas vouloir laisser le meurtrier occuper toute la place. Cette histoire n’est pas que celle de Gacy, nous rappelle-t-on. C’est aussi celle d’une époque où les homosexuels et les travailleurs du sexe disparaissaient dans l’indifférence des autorités supposées les protéger. Celle d’adolescents et de jeunes hommes mis à la porte à cause de leur sexualité, celle d’enquêteurs et d’avocats dans le feu de l’action. Cette histoire, c’est surtout la tragédie de 33 garçons dont la vie s’est éteinte alors qu’ils avaient le monde devant eux.

Le moment le plus satisfaisant de Conversations with a Killer: The John Wayne Gacy Tapes est celui où Berlinger coupe la parole du meurtrier au moyen d’un geste puissant pour se recentrer sur les victimes. Si elle ne change évidemment rien à l’horreur des événements, cette série aura au moins l’avantage de les traiter avec retenue et sensibilité, chose rare dans un genre aussi sensationnaliste.

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Note Horreur Québec

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