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[Critique] «Critters: A New Binge»: le pire contre-attaque
2.5Note Horreur Québec
Note des lecteurs: (1 Vote)

De tous les plagiats du Gremlins de Joe Dante à avoir vu le jour dans les années 80-90, Critters est probablement le plus intéressant. Contrairement aux Ghoulies et autres Munchies, les petites boules de poils et d’épines ont même su garder une certaine frange de fans et une place de choix dans tous les jeux de trivia grâce à un jeune Leonardo DiCaprio dans son premier rôle dans le troisième volet. Dans tous les cas, avec la nostalgie et les reboots qui inondent le cinéma d’horreur actuel, offrir une nouvelle version de ces petits monstres allait presque de soi. Du moins, cela a mené à la production de Critters: A New Binge, nouvelle mini-série destinée pour go90, mais qui fut finalement rachetée par Shudder lorsque cette dernière ferma boutique.

Critters A New Binge posterQue dire de cette nouvelle itération? L’histoire, même pour un film Critters, ne tient pas debout: le ton comique rate sa cible la majeure partie du temps et les acteurs sont presque tous aussi faux que les écrans verts devant lesquels ils se tiennent. Cela dit, ces points, seuls, ne sont pas forcément négatifs et une grande partie du charme des Critters originaux leur vient de ce côté série B un peu «cheap» qui ne se prend pas au sérieux. Il y a une toutefois différence entre faire un film comportant quelques ratés avec cœur et faire un produit consensuel qui se moque de lui-même de manière hypocrite.

Critters: A New Binge est un autre de ces Sharknados qui nous crie sa médiocrité au visage en prétendant être une comédie alors qu’il n’est qu’un produit paresseux sabordant lui-même son originalité en voulant être le plus raté possible. Cette manière de faire du cinéma extrêmement cynique a le droit d’exister, mais elle devient presque insultante lorsqu’elle s’approprie une licence comme celle-ci qui, par sa nature, est à son antithèse. Critters, malgré son côté cartoonesque, avait une approche sérieuse et un véritable travail sur ses effets et sur ses créatures. Que ce soit au niveau du design des monstres eux-mêmes ou encore de celui des chasseurs de prime qui leur servent d’antagonistes, le tout regorgeait de volonté de bien faire. Ici, les effets d’ordinateurs les plus laids sont utilisés à toutes les cinq minutes pour essayer désespérément de faire rire le spectateur…

Critters A New Binge

Notons en ce sens également la pauvreté abyssale du scénario et son humour digne des pièces de théâtre que vous écriviez à douze ans en voulant faire le prochain Scary Movie. Certains gags fonctionnent. Par exemple, une allusion surprenante à la finale d’Avengers: Infinity War lors d’un moment est très efficace et la scène des chasseurs de prime en Australie est tellement improbable qu’elle devient hilarante. Il y a donc quelques bons moments et, dans l’ensemble, le tout se laisse regarder.

Mais pour toutes les bonnes idées, on a droit à des trucs aussi dépassés et paresseux que des parodies de The Matrix (en 2019, sérieusement!?) et à des clichés aussi éculés que l’ami noir qui fait des blagues nulles (en 2019, sérieusement!?). Même le twist qui arrive en milieu de série et qui pourrait apporter de la fraîcheur au tout ne devient qu’un prétexte pour faire des blagues douteuses sur les gens obèses. Au fond, on dirait que la série n’a conservé du côté années 80-90 de Critters que les éléments les plus stupides et problématiques.

Au moins à huit épisodes de dix minutes, l’ensemble est très court et se consomme rapidement sans trop y penser.

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