Jusqu'au Declin - Photo Credit: Netflix / Sebastien Raymond

[Critique] Jusqu’au déclin: survie 101

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4
Note Horreur Québec

Jusqu’au déclin est un film de premières. Pour le Québec, il s’agit d’une première production Netflix, qui sera disponible en 32 langues à travers le monde sur la plateforme le 27 mars. Disons d’emblée que l’on vient de trouver le «film s’étant le plus illustré à l’extérieur du Québec» de 2020. Pour Patrice Laliberté, il s’agit d’un premier long-métrage pour un cinéaste qui oeuvre dans le domaine et pond des courts depuis plus de dix ans. Le film attendu était présenté en grande première mondiale aux 38es Rendez-Vous Québec Cinéma vendredi dernier devant un Impérial plein à craquer.

Jusquau déclin affiche filmAlain (Réal Bossé, 19-2) est expert en techniques de survie. Sur YouTube, il donne des formations sur la conservation de la nourriture et la fabrication de pièges à animaux. À son domaine caché en forêt et 100% autonome, il donne des ateliers privés à des gens qui, comme lui, souhaitent apprendre à survivre en prévision d’une éventuelle catastrophe mondiale. L’un de ces séminaires ne se déroulera pas comme prévu.

À une époque où les changements climatiques et les nouveaux virus défraient quotidiennement les manchettes, disons que les sujets abordés par Jusqu’au déclin sont drôlement actuels et… paniquants. L’intrigue nous entraîne dans le froid hivernal du Québec, coupés du monde et seuls en compagnie d’un groupe hétéroclite instable et de notre écoanxiété urbaine.

Laliberté capte habilement ce climat nordique, et excelle particulièrement à nous livrer des scènes d’action paniquantes grâce à une réalisation impeccable et créative. Heureusement pour lui, le cinéaste a pu s’entourer de quelques-un.es des meilleur.e.s comédien.ne.s de notre répertoire, à commencer par Réal Bossé, on ne peut plus dans son élément.

Au scénario, on évite aussi les clichés du genre et offre deux ou trois détours qui promettent de bien surprendre. La courte durée du film (83 minutes) permet en effet d’offrir un divertissement sans temps mort, à défaut toutefois de bien développer les personnages. On aurait voulu en savoir plus sur les motivations d’Alain ainsi que le passé sombre de certains autres participants, question d’être plus empathique quant à leurs destins. La chimie qui se ressent au sein du casting aide par contre ici à sauver la donne. Quelques raccourcis scénaristiques pourraient également repousser certains cinéphiles avares d’hyperréalisme, notamment au sujet des distances parcourues à pied comparativement à celles en motoneige.

Autrement, Jusqu’au déclin réussit son mandat de nous tenir sur le bout de notre siège et rassasiera à coup sûr les amateurs de thrillers sanglants bien tassés. Sa finale aigre-douce s’avère plutôt satisfaisante et l’ensemble suffisamment original assurera sans aucun doute au film une belle visibilité parmi le vaste catalogue du géant américain. Pour le cinéma de genre québécois, il s’agit d’une excellente nouvelle.

Jusqu’au déclin arrive dans certains cinémas du Québec le 13 mars et sur Netflix le 27 mars.

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