Monstruous

[Critique] Monstrous: Christina contre la créature du lagon noir

Monstrous est le douzième long-métrage de Chris Siverton, qui avait entre autres réalisé The Lost, basé sur le célèbre roman de Jack Ketchum, I Know Who Killed Me, mettant en vedette Lindsay Lohan, ainsi que le documentaire Toolbox Murders: As It Was, d’après le film culte de Tobe Hopper. Le film marque également le retour de Christina Ricci dans un film fantastique.

L'histoire s'ouvre sur un paysage désertique de la Californie des années 50, lorsque Laura Butler (Christina Ricci) et son fils Cody (Santino Bernard) roulent en direction d'une vieille maison de campagne au bord d'un lac. Les circonstances de leur escapade sont nébuleuses. Aux dires de la mère, ils se sont enfuis, car son ex-mari était violent. Le jeune garçon n'en est toutefois pas convaincu. Alors que Laura tente de se refaire une vie paisible, Cody, lui, est terrorisé par une créature qui émerge des eaux la nuit venue. La fuite de Laura cache-t-elle autre chose? Et la créature à l'apparence visqueuse est-elle issue de l'imagination de l'enfant ou un monstre bien réel?
Monstruous affiche film

D’emblée, le scénario vacille entre le drame psychologique et le film d’épouvante, si bien que l’on peut se questionner sur les véritables motivations des cinéastes. Le rythme du film étant assez lent, on met davantage l’accent sur le développement de la relation mère-fils que sur l’avènement d’éléments surnaturels. Ricci porte littéralement le film sur ses épaules avec un jeu — et des regards — aussi poignant que plausible, malgré des dialogues qui aboutissent de façon assez prévisible. Le film traite de sujets intéressants tels que la crise identitaire, le trouble de personnalité, l’abandon ou le deuil. Cependant, on les évoque si rapidement, presque de manière aléatoire, que l’impact est plus ou moins senti sur les personnages. Le troisième acte, où la péripétie finale arrive comme une tonne de brique, parvient à mieux développer ces thèmes. C’est sans aucun doute le point fort du film.

Monstruosité à petit budget

Avec non moins de 43 producteurs à son générique, Monstrous s’en sort plutôt bien au niveau de son esthétique. D’abord présenté comme un film d’époque, les voitures et les costumes sont très fidèles aux années 50. Et, petit fait amusant: la maison au charme rustique où se réfugient les personnages est la même demeure utilisée pour le tournage d’Annabelle: Creation.

Les choses se gâtent par contre là où le surnaturel prend vie. La créature qui surgit du lac amène malheureusement plus d’indignation que de terreur. Bien que la caméra de Siverton soit suffisamment habile pour transporter le spectateur dans un contraste des plus lugubres, la créature elle-même semble faite de laine et de papier mâché. L’œil sensible pourra sans doute sursauter à la vue des longs doigts griffus qui peinent à agripper leur victime, mais le cinéphile aguerri, lui, ne fera que rouler des yeux devant cette pâle imitation de la créature du lagon noir.

En conclusion, Monstrous est un bel effort pour amener le cinéma de monstres si cher aux années 50-60 vers un raffinement plus psychologique. Par contre, sans être un échec cuisant, le film n’est pas à la hauteur de ses prétentions. Heureusement, si le fil de l’histoire semble parfois décousu et le rythme plutôt lent, le spectateur assez patient se verra récompensé par une finale des plus inattendues.

Monstrous est disponible en vidéo sur demande via YouTube et Google Play.

Note des lecteurs0 Note
Points forts
La prestation de Christina Ricci
L'esthétique des années 50
La volonté d'amener la tension avec autre chose que le monstre
Le troisième acte
Points faibles
Scénario mince et incongru
La créature
3
Note Horreur Québec

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Horreur Québec
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