[Critique] Paranormal: un labyrinthe facile à résoudre

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2.5
Note Horreur Québec

Netflix nous offrait un dernier bonbon après l’Halloween avec sa nouvelle série Paranormal. Arrivée le 5 novembre, la production égyptienne est l’adaptation de la très populaire série de romans du même nom de l’auteur Ahmed Khaled Tawfik, vendue à plus de 15 millions d’exemplaires dans les pays arabes. Disons qu’où on espérait dénicher une petite perle en provenance du Moyen-Orient, on se retrouve plutôt en terrain connu.

On y suit Refaat Ismail (Ahmed Amin), un professeur d’hématologie qui voit son coeur chavirer et ses convictions bouleversées du jour au lendemain. D’un côté, il y a sa collègue d’université Maggie (Razane Jammal, Djinn), pour qui il en pince depuis des lunes, qui refait surface, et de l’autre, l’homme de science se retrouve confronté à une série d’événements paranormaux qui semblent directement liés à un épisode obscur de son enfance.

Les deux premiers épisodes de Paranormal sont assez prometteurs. La série développe en Refaat un héros atypique plutôt attachant avec son penchant pour les énigmes, labyrinthes et, surtout, les fameuses lois de Murphy. Arc-vouté et cigarette au bec, Ahmed Amin incarne le professeur à la perfection à l’aide de son regard profond et sa narration caverneuse, qui nous révèle ses moindres pensées. Parallèlement, le climat de la fin des années 1960 installe une certaine tension avec les menaces de raids inquiétants, qui plongent les habitants dans les sous-sols sombres à la recherche d’un abris.

C’est ensuite que ça se gâte. Si le personnage de Refaat est passionnant à suivre, c’est au détriment de tous les autres et particulièrement de ses comparses féminines. Maggie, de retour d’Écosse après un divorce, et Huwaida, sa fiancée promise, semble ne posséder qu’un trait de personnalité: vouloir le coeur de notre professeur. C’est d’autant plus dommage que la dynamique familiale était plutôt intéressante à suivre, mais semble se diluer au fil des épisodes — en même temps que tout commentaires politiques et sociaux de l’époque.

La série passe donc en mode Indiana Jones dans son troisième épisode, au coeur du désert où «l’histoire de la semaine» nous présentera entre autres un macaque pas trop convaincant. Il faut dire que les effets numériques en général ne rendent pas trop justice à la réalisation somme toute soignée d’Amr Salama et Majid Al Ansari. Au final, les épisodes présentent des scénarios très convenus et la trame de fond de cette enfant-fantôme (quelle horrible perruque!) puise dans tout ce qu’on connaît déjà du genre, en plus de ne générer virtuellement aucun frisson.

La conclusion ouvre inévitablement la porte à davantage de récits étranges en compagnie du professeur Ismail, et même si certains pourraient y retrouver un certain substitut à Hill House/Bly Manor chez Netflix, force est d’admettre que le manoir de Paranormal est plutôt inoffensif en comparaison.

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