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[Critique] Répertoire des villes disparues: poésie spectrale
4.5Note Horreur Québec
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Après les zombies de Robin Aubert, c’est maintenant au tour des fantômes de faire leur arrivée dans notre belle province, et ce, à la sauce du singulier Denis Côté. Le réalisateur éclectique nous livre son adaptation librement inspirée du roman du même nom de l’auteure Laurence Olivier se déroulant dans le petit village fictif d’Irénée-les-Neiges où la petite population tranquille de deux cent quinze personnes se verra chamboulée par la mort d’un des habitants qui semble ne pas vouloir quitter les lieux. Est-ce que le septième long-métrage de celui qui nous a offert Curling et Vic + Flo ont vu un ours vaut le coup d’œil?

Le jeune Simon Dubé, 23 ans, meurt tragiquement dans un accident de voiture. Alors que sa famille, ainsi que tout le village se demande s’il s’agit d’un suicide ou simplement du triste destin, quelques événements mystérieux se mettront à hanter nos personnages où plusieurs seront tout à coup témoin d’apparitions de gens décédés. Du jeune frère du défunt (Robert Naylor) à ses parents dévastés (Josée Deschênes et Jean-Michel Anctil) jusqu’à la mairesse antipathique et orgueilleuse (Diane Lavallée), on suit, comme une sorte d’anthologie, plusieurs protagonistes à travers leur deuil dans une ambiance glaciale (un personnage en soi) jouant avec les codes du film d’horreur et du drame fantastique.

Répertoire des villes disparues affiche filmSilhouettes, enfants masqués, homme dans l’escalier; Denis Côté ne se gêne pas pour y aller à fond et à s’amuser avec plusieurs références au cinéma de genre ainsi qu’à ses nombreux clichés. On ne peut surtout pas s’empêcher de penser à The Fog de John Carpenter, mais les décors hivernaux de St-Michel donnent une tout autre ambiance froide et inquiétante, mais souvent mélancolique. Tourné en 16mm, l’image très granuleuse ajoute à l’atmosphère morose et décolorée. La mise en scène simple et épurée, accompagnée d’une musique discrète, se faisant toujours entendre au bon moment, est d’une telle efficacité qu’elle donne franchement l’impression au spectateur d’être le deux cent seizième habitant d’Irénée-les-Neiges.

Mais Répertoire des villes disparues ne serait rien sans sa superbe distribution d’un naturel fou à commencer par Robert Naylor (10½) dans le rôle de Jimmy et accompagné de vétérans dont la touchante Josée Deschênes (Les aimants), la fabuleuse Diane Lavallée (Elles étaient cinq) et l’humoriste Jean-Michel Anctil (Nous sommes les autres). Seule la nouvelle venue Larissa Corriveau (Nelly), dans le rôle de celle dont «il manquait l’bacon dans l’club sandwich» semble surjouer. Malheureusement, elle n’arrive pas toujours à convaincre dans son rôle d’Adèle, la «folle du village», où la mince ligne vers la caricature est franchie à quelques reprises. Détonnant aux côtés d’acteurs expérimentés formant une distribution sans faille.

Mystérieux, touchant, drôle et angoissant, le cinéaste nous offre ici un film solide et captivant qui, si la campagne publicitaire et le bouche à oreille se font aussi bien, pourrait faire concurrence à nos Affamés. Les fanatiques d’étrange et de fantastique trouveront leur compte dans ce drame d’horreur et ses lieux hantés raconté de façon unique et souvent poétique. Non seulement un incontournable de l’année, mais également un must pour le cinéma de genre et ses nombreux adeptes.

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