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Slender Man: le visage du vide
3.5Note Finale
Note des lecteurs: (3 Votes)
5.9

Un groupe de lycéennes se retrouve pourchassé par le sinistre Slender Man, une légende internet à propos d’un géant sans visage qui s’en prend aux enfants aux adolescents, après avoir visionné une vidéo sur le Web.

Ça sonne familier? Remplacez la vidéo internet par la VHS de Samara et vous aurez compris l’idée. Mais le Slender Man du cinéaste d’origine française Sylvain White (Stomp the Yard, The Losers) ne fait pas qu’emprunter à The Ring. Oh non! Le film recycle tous les succès horrifiques des dernières années, de The Conjuring à Evil Dead, et de manière excessivement paresseuse.

Le scénariste David Birke nous avait tout de même offert le scénario délicieusement tordu de Elle en 2016; les espoirs étaient permis. Mais il est grand le mystère de la production et apparemment, les créateurs de ce film sans âme et sans cœur n’avaient pas grand chose à dire sur le sujet. Après une brève introduction sur le personnage lugubre, on se contente de nous balancer une série d’effets chocs impliquant notre homme filiforme pendant 1h30 et ne construit absolument rien autour du mythe. D’où vient-il? Que veut-il? Pourquoi? On ne le saura jamais et même si parfois cultiver le mystère s’avère bénéfique, on comprend rapidement qu’ici, aucun effort n’est mise en place pour nous offrir davantage de ce qu’on connaissait déjà.

Cette absence de scénario vient de l’idée que les grands studios hollywoodiens se font de la génération Z: des adolescents sans culture, scotchés à leur cellulaire et qui enfilent les films au cinéma pour l’attraction du frisson. On suit ces adolescentes clichées (ce fameux père alcoolique!) et interchangeables, souvent via leur portables et iPhone — l’homme facetime l’une de ses victimes en entrant dans sa maison dans un moment pourtant très réussi, croyez-le ou non! —, dans une enquête sur le mythe qui les mènera des profondeurs du Web jusqu’à… la bibliothèque. Cette scène où notre héroïne trouve l’information en ouvrant au hasard un livre est d’ailleurs désopilante, et pas pour les bonnes raisons.

Abus de CGI, abus d’effets sonores démesurés, abus de scènes du type «rêve dans un rêve»; est-ce que les créateurs ont passé les 20 dernières années dans une boîte? Lorsque le film explore finalement des thèmes de démence, on ne peut s’empêcher d’éprouver un profond malaise en connaissant la triste histoire de Payton Leutner, 12 ans, qui fut poignardée à 19 reprises en 2014 par deux de ses amies, visiblement dérangées, qui vouaient un culte à l’homme fictif.

Au final, en plus d’être opportuniste, Slender Man est à l’image du visage de son vilain: photoshopé, vide et sans personnalité.

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