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[Critique] The Retaliators: ça rock pas tant finalement…

‘Faut se méfier des rockeurs qui s’improvisent acteurs, disait un vieil adage. Et ce, même si, parfois, ça marche foutrement bien (David Bowie, ce génie), en particulier lorsqu’on ne se prend pas trop au sérieux (comme Dave Grohl dans Studio 666). Autrement, c’est souvent juste correct (Henry Rollins dans Wrong Turn 2, genre) ou carrément minable (la liste est longue…). Devinez dans quelle catégorie tombe The Retaliators (qui sort en salle le 14 septembre), ce petit film mettant en vedette trop de musiciens ne sachant hélas pas vraiment jouer devant une caméra.

On parle ici de membres de groupes métalliques comme Five Finger Death Punch, Papa Roach et Ice Nine Kills, en plus du batteur de Mötley Crüe et ex de Pamela Anderson, Tommy fuckin’ Lee. Vous vous doutez que votre scribe, qui est derrière le podcast Métal Maniaques, était un peu intrigué par le projet, hein? Et ça raconte quoi au juste?

Après avoir vécu un deuil plutôt brutal, un homme tient à se venger de celui qui a tué froidement l’un de ses êtres les plus chers. Pareil comme dans les Taken ou John Wick (et Death Wish, leur modèle), mais avec une fraction du budget et du talent, et beaucoup plus de référents ou d’hommages (de dommages?) au demeurant.
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On vend le film comme étant une énième histoire de vengeance, en sauce vigilante, mais au final, ce n’est qu’un ramassis de clichés ultra-usés. On pige ici et là des idées, les remâchant un tantinet en y ajoutant un vernis métallique plutôt inutile, pour en recracher une série B certes léchée, mais solidement oubliable et légèrement périmée. Le pire étant que ça se prend vraiment, mais vraiment beaucoup trop au sérieux pour un petit torture porn à la mords-moi-le-nœud.

Papa-pasteur contre crâne d’œuf

D’emblée, la scène d’ouverture prégénérique donne le ton. On y voit un type louche jeter ce qui semble être des morceaux de cadavre dans un puits (comme dans Jeepers Creepers). Ensuite, dans le fin fond d’un rang au New Jersey, la van (comme dans The Texas Chainsaw Massacre) de deux jeunes dames en cavale tombe en rade, après avoir fait une crevaison (comme dans les Wrong Turn). Évidemment, elles ne s’en sortiront pas vivantes, et nous, pas surpris du tout.

Ensuite, on rencontre notre protagoniste, qu’on appellera Papa-pasteur (joué par le télévisuel Michael Lombardi, également producteur et coréalisateur) et sa fifille en thérapie (la vite oubliée Katie Kelly). Lorsque Papa-pasteur, en direct de son église, présente une prestation d’un groupe heavy (From Ashes to New) avant de donner son sermon, on comprend que dans le fond, ça ne pourra qu’empirer (oh non). Surtout lorsque débarquent un pouilleux unijambiste et un très énervé, mais muet crâne d’œuf pour un improbable deal de stupéfiant. Ouf, pas édifiant.

Ou lorsqu’on rencontre ce truand à chapeau dans un centre de boxe ridiculement clandestin, qu’on aurait dit sorti tout droit d’un mauvais remake de Rocky 5 (on rigole). Qu’en est-il de cette scène se déroulant dans un plutôt trash bordel, sinon qu’un médiocre flashback de Se7en? Aussi: c’est quoi le rapport avec ce ripou de flic (Marc Menchaca; Homeland, Ozark, Black Mirror S5)? Et quelqu’un sait ce que fout Brian O’Halloran (la star de Clerks) dans ce foutoir?

Bref, pas notre préf’

On pourrait continuer d’énumérer jusqu’à demain les scènes qui clochent dans ce film de Noël (pourquoi???), mais on se contentera de mentionner qu’aucun des personnages n’est crédible ni attachant, que le montage est souvent boiteux et que la réalisation est globalement anémique, multipliant les ruptures de ton, tout en se prenant souvent pour un vidéoclip à la con. Pas qu’on n’aime pas les films fauchés avec des motards (on avait adoré The Impalers); c’est simplement que celui-ci tombe fichtrement à plat et sent le réchauffé atrocement. Et diantre qu’ils sont mauvais ceux incarnant les méchants (en particulier Joseph Gatt, vu pourtant dans Game of Thrones S4, Thor et… Titanic 666)!

Même son carnage final ultra-gore (avec Papa-pasteur se transformant littéralement en Ash, dans une forêt avec une machette, mais pas de chainsaw) ne réussit pas à nous faire oublier les 95 interminables minutes qu’on a perdu à jamais… Mais où il était Tommy Lee finalement? Sur l’immonde et hétérogène trame sonore et dans un bar de danseuses avec les gars de 5FDP à faire le clown pour un microcaméo semi-rigolo. Ouin. Sérieux, allez donc vous retaper à la place le premier Saw, Hostel, The Devil’s Rejects et même The People Under the Stairs (pour vrai!), au lieu de cet insipide échantillonnage des titres susmentionnés.

Note des lecteurs3 Notes
Points forts
Mmmmm… les maquillages, peut-être?
La finale joyeusement saignante.
Points faibles
La musique (ouin).
Les performances des acteurs et non-acteurs.
La tonne de clichés, qui pourrait potentiellement transformer le film en drinking game.
2
Note Horreur Québec

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