[Critique] The Room (2020): une bonne histoire de patte de singe

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3.5
Note Horreur Québec

Il y a déjà un bon nombre d’histoires qui se reposent sur le concept du «be careful what you wish for». Pour cause, c’est un prétexte pour donner une leçon sur les vertus de la simplicité et de l’humilité. Voir des gens qui pensent pouvoir tout avoir avec facilité mordre la poussière a ainsi quelque chose de très familier. Cela dit, ce n’est pas parce qu’une prémisse est déjà vue que son exécution ne peut pas être intéressante.

Dans The Room — un très mauvais choix de titre, dirais Tommy Wiseau — du Français Christian Volckman, le principe est simple. Un couple aménage dans une nouvelle maison et y découvre une pièce étrange qui semble pouvoir matérialiser tout ce qu’ils souhaitent. Au début un peu insouciants, ils découvriront au fil du récit les différentes règles entourant la chambre et les conséquences qu’il y a à abuser de son pouvoir.

Peu importe le léger manque d’originalité du scénario, The Room est plutôt bon. Volckman a réussi à créer un film de genre bien réalisé avec de bons effets, de bons acteurs et ce, visiblement, sans avoir à passer par le système hollywoodien. Cela dit, ce n’est pas parce que le projet n’est pas américain qu’il n’a pas été pensé pour ce marché. En effet, la mise en scène reste assez en phase avec les canons du cinéma d’horreur américain actuel. Cela dit, il y a quelque chose de difficilement définissable qui fait sortir le film du lot. Peut-être est-ce la belle cinématographie et le travail sur les décors? Ou est-ce les excellentes performances de Kevin Janssens (Revenge) et d’Olga Kurylenko (Dans la brume)? Dans tous les cas, le long-métrage est beaucoup plus captivant que ce que l’on pourrait croire. Pour de l’horreur plus «grand public», ça fait largement le travail et surtout se permet de creuser des thèmes assez lourds comme l’avarice, la jalousie, la parentalité et le deuil de manière très subtile et sentie.

De plus, le fait de ne pas tout expliquer les tenants et aboutissants des événements paranormaux de l’histoire crée un mystère qui pourrait facilement se développer sur une franchise. Dans un monde où plusieurs ont tendance à prendre les éléments gardés inexpliqués pour des «plot holes», un peu de questions laissées en suspend fait du bien. Le côté fable sur la nature humaine n’en est que plus amplifié.

Bref, un long-métrage qui aurait amplement mérité de se retrouver sur le circuit des salles de cinéma, mais qui n’est disponible que pour les abonnés de Shudder. Une bonne surprise!