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[Critique] The Stand (2020): une opportunité manquée

Note des lecteurs3 Notes
3
Note Horreur Québec

Après qu’une grippe mortelle échappée d’un laboratoire ait décimé une grande partie de la population des États-Unis, les survivants devront alors choisir entre deux camps rivaux.

Voilà que les neuf épisodes de cette relecture de The Stand, diffusée sur CBS All Access sont dernière nous. Difficile de ne pas se sentir concernés par ce récit, alors que nous sommes en pleine pandémie, et que cette histoire, qui jusqu’ici avait des allures fantastiques, semble plus crédible que jamais.

La première adaptation de The Stand, signée Mick Garris en 1994, était très impressionnante à sa diffusion, mais même si son impact perdure, force est d’admettre qu’elle est un tantinet datée.

The StandNous aurions tous souhaité que cette seconde adaptation du roman le plus titanesque de King, bénéficiant de 180 minutes de plus que la précédente, en dévoile davantage les recoins. Ce n’est malheureusement pas tout à fait le cas. Malgré de très forts attributs, cette nouvelle mouture a tout de même fait place à plusieurs mauvais choix l’empêchant d’atteindre la réussite souhaitée.

On a premièrement changé l’ordre de certains épisodes avec des sauts temporels qui tuent un brin l’intensité de la pandémie que traversent les héros. C’est comme si on avait voulu donner du rythme aux passages d’agonie des personnages en les ponctuant de retours en arrière. Mais donner une cadence à des segments dont l’utilité première était de dépeindre la lourdeur de la condition humaine atténue forcément le suspense et l’intensité. Il faut aussi admettre que le scénario ne rend pas justice à certains personnages majeurs du roman. C’est particulièrement vrai lorsque l’on explore le faible trajet qu’on a offert à Nick Andros, Tom Cullen et Randall Flagg.

Une panoplie de modalités commerciales encadre le tournage d’émissions aussi coûteuses et l’une des tactiques ici semble être d’offrir aux spectateurs des «guest stars», qui apparaissent le temps d’une émission. C’est très intéressant de voir défiler des vedettes comme Ezra Miller, Heather Graham ou J.K. Simmons dans des rôles secondaires, mais le temps qu’on leur octroie est du temps d’antenne de moins pour les héros dont les relations manquent de nuances.

Il reste que malgré tout certains passages sont viscéraux, que les images sont souvent très léchées et que la manière habile avec laquelle on martèle de chansons populaires chaque épisode nourrit une forme d’ironie très savoureuse.

Trop peu visibles à l’écran pour leur charisme respectif, Whoopi Goldberg et Alexander Skarsgård semblent nés pour incarner les rôles antagonistes de Randall Flagg et d’Abigael Freemantle. Dommage qu’on n’ait pas saisi l’opportunité de mieux définir ces personnages majeurs. Jovan Adepo est impeccable dans le rôle de Larry Underwood et Amber Heard est très habitée en Nadine Cross. On ne peut pas dire la même chose d’Odessa Young et de James Marsden, qui forment le couple le plus incongru de l’année. Dans le roman et la première mouture, Frannie Goldsmith est une jeune fille qui passe de faible victime des circonstances à battante. Là où Molly Ringwald desservait le rôle de manière exemplaire, Young se contente d’écarquiller les yeux et de grimacer. Marsden, lui, peine à adopter l’étoffe du texan, notamment par son accent, et manque aussi beaucoup d’énergie.

En résumé, cette nouvelle série est, certes, potable, mais on est loin des attentes que tout fan de King pouvait entretenir.

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