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[Critique] The Woman in the Window: un prolongement à l’oeuvre d’Hitchcock

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Séparé de son époux, Anna Fox est une psychiatre en dépression. Cloîtrée dans son appartement à cause d’un trouble d’agoraphobie, elle enfile les bouteilles de vin et les médicaments en visionnant ces vieux classiques du cinéma qu’elle aime tant. Voilà que la famille Russell emménage en face de chez elle et qu’Anna se découvre des affinités avec cette nouvelle mère de famille. Sa vie tournera vite au cauchemar lorsqu’elle croira entrevoir le meurtre de cette femme par sa fenêtre.

Adapté d’un roman à succès de A. J. Finn, cette version cinématographique de The Woman in the Window (La Femme à la fenêtre) s’est fait longuement attendre et arrive enfin ce vendredi chez Netflix. Il faut mentionner que Fox avait acheté les droits pour adapter le roman avant même que les droits de publication n’aient été acquis. Outre l’intrigue policière, la véritable force du roman est d’avoir dressé un réel portrait de femme. Moderne, puisque contrairement à certains codes du roman policier, Anna ne possède aucune obsession face à quelconque entité masculine. Si hitchcockienne semble être la démarche, elle ne met pas en scène une femme fatale ou une dame frustrée sexuellement sous l’emprise d’un homme. Il faut aussi noter que le roman tente de critiquer cette stigmatisation de la maladie mentale. Étant elle même une professionnelle sur la sujet, Anna dédramatise sa propre dépression et ironise sur les médicaments qu’elle prend.

The Woman in the Window affiche filmMême si on a expédié certains détails du roman, possiblement pour rythmer l’ensemble, le scénario du film The Woman in the Window, signé par Tracy Letts, est assez respectueux du bouquin. On y retrouve à l’avant-plan ce portrait de femme déchirée subissant ce huis clos asphyxiant de son appartement de luxe. Même si on sait que le film a été tourné avant l’actuelle pandémie, le parallèle entre la réalité d’Anna, confinée chez elle, et la réalité que vive les spectateurs depuis plus d’un an ne font que renforcer ce climat d’enfermement. À travers ce spleen se glissera le mystère ludique qui s’inspire, se moque et reconstruit à sa manière les différentes formules éculées du genre qui furent, pour la plupart, instaurées par le grand Alfred Hitchcock.

La réalisation maîtrisée de Joe Wright (Pride & Prejudice, Atonement et Darkest Hour) fourmille d’hommages au Maître du suspense. Le cinéaste semble très conscient qu’il met en scène une forme de jeu pour les cinéphiles et il embrasse à merveille cette contrainte du lieu fermé qu’impose le récit. On a l’impression de regarder un thriller policier sortant des années 1990, décennie où ce genre a connu un second âge d’or. Alors que sa caméra semble presque intrusive pour la vie de son héroïne, il sait capter de l’intérieur de somptueux décors extérieurs qui font presque office de téléroman pour cette femme. En abordant le thème du voyeurisme, Wright s’amuse comme un petit fou à capter différentes prises de vues. Qu’il s’agisse de la vision d’Anna, de son regard corrigé par la lentille d’un téléobjectif, ou encore des images saisies par une caméra de sécurité, le spectateur tente de répondre à la question principale de la trame: faut-il croire Anna, lorsqu’elle affirme avoir été témoin d’un meurtre?

Si Gary Oldman et Jennifer Jason Leigh ont des rôles plutôt accessoires, ils les campent avec conviction. Dans un personnage de soutien coloré, Julianne Moore fait preuve d’une grande maîtrise et dégage un mystère incroyable. La palme revient toutefois à Amy Adams qui incarne cette femme sans repère. Filmé sans le maquillage et le glamour traditionnel des vedettes hollywoodiennes, l’actrice est intense, naturelle et extrêmement nuancée. Si le film avait bénéficié d’une sortie en salles plus médiatisée, la comédienne aurait eu toutes ses chances pour y récolter une septième nomination aux Oscars. Souhaitons tout de même que sa performance soit soulignée à certains endroits.

Au final, The Woman in the Window n’est certes pas un film révolutionnaire et aussi puissant que The Lady Vanishes, Rear Window ou Vertigo, mais il constitue un divertissement de haut calibre, et là était exactement son mandat.

The Woman in the Window arrive le 14 mai chez Netflix.

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