Culture noire américaine et perruque contrôlante dans le nouveau film d’horreur «Bad Hair»

Présentée en première mondiale cette semaine à Sundance, la nouvelle comédie d’horreur Bad Hair, réalisée par Justin Simien (Dear White People), fait couler beaucoup d’encre.

Bad Hair s’inscrit dans la vague de films de genre popularisée récemment par Jordan Peele, avec Get Out, Us, et le documentaire Horror Noire: A History of Black Horror, qui redonne une voix à la communauté noire, mais également à celle des femmes. Elle Lorraine (Inscure), Vanessa Williams (Ugly Betty), Lena Waithe (Ready Player One) et Laverne Cox (Orange is the New Black) y incarnent des rôles inspirés par les femmes fortes de la vie du cinéaste.

Campé en 1989 à Los Angeles, le film est décrit comme un plaisir coupable de série B avec l’énergie d’un Brian De Palma:

Anna Bludso (Elle Lorraine) a eu une expérience traumatisante dans son enfance lorsque son cuir chevelu a été brûlé par une permanente. Adulte, elle travaille maintenant pour une émission télévisée de vidéoclips intitulée Culture, imprégnée de tissus synthétiques, de hip hop des années 90 et de New Jack Swing. Au milieu des femmes en chemisiers à larges épaules, sa vie est bouleversée lorsque son patron est remplacé par Zora (Vanessa Williams), une ex-mannequin vicieuse qui cherche à changer les choses. Quand elle prévient Anna de ses cheveux naturels, elle sort et obtient une perruque d’un coiffeur bourgeois plutôt mystique (Laverne Cox). Anna est resplendissante et commence à exceller au travail avec ses nouveaux cheveux, mais après un certain temps, sa potiche commence à avoir des pensées sanglantes qui lui sont propres — littéralement.

Le scénario n’est pas sans rappelé celui de In Fabric, où une robe hantée exerce un certain contrôle sur celle qui la porte, ou encore le prochain film québécois Slaxx, à propos d’une paire de jeans possédée, qui critiquent tout deux l’univers de la mode féminine.

Mais si le cinéaste puise dans ses genres préférés — notamment le thriller psychologique, la satire et l’horreur — pour son récit plutôt personnel, il espère tout de même avoir conçu davantage qu’un film d’horreur. Deadline rapporte ses paroles tout juste avant la première du film:

J’espère que je peux me servir de ce genre dont je suis absolument amoureux pour interroger le système qui est obsédé par la culture noire, mais qui n’a rien à foutre de sa communauté. J’espère que je pourrai utiliser le genre pour interroger un système qui exploite les femmes noires pour leur culture, leurs idées, leur compassion, leur sagesse et leur persévérance, mais ne leur donne pas suffisamment d’options pour briller sous cet angle.

Avec des premières critiques plutôt positives, on surveillera l’annonce de la date sortie de Bad Hair avec beaucoup d’attention chez nous.