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[Fantasia 2018] Piercing: mutilations pulpeuses
9Note Horreur Québec
Note des lecteurs: (1 Vote)
7.7

Après le sublime The Eyes of My Mother, on attendait le second film du réalisateur Nicolas Pesce, Piercing, avec grande impatience. D’autant plus qu’il s’agit de l’adaptation du roman de Ryû Murakami, celui qui a inspiré le fameux Audition de Takashi Miike.

Un homme (Christopher Abbott, It Comes at Night) qui éprouve des pulsions meurtrières planifie au quart de tour un meurtre pour ainsi éviter d’assassiner son nouveau-né. Le plan? Rencontrer une prostituée dans une chambre d’hôtel, la poignarder avec son pic à glace préféré, la démembrer et rentrer sagement à la maison. Mais lorsque la jolie et dérangée Jackie (Mia Wasikowska, Crimson Peak) se pointe finalement, rien ne se déroulera comme prévu.

Similaire à l’oeuvre de Miike, le film de Pesce est construit comme un film romantique résolument tordu. Le cinéaste nous entraîne pourtant dans un univers complètement différent. Ce qu’on retient d’abord, c’est la somptueuse mise en scène autant planifiée qu’un crime parfait. À l’intérieur, les décors riches en textures et en couleurs chaudes mélangent le design et les objets des années 70 au moderne. Ces formes s’animeront d’ailleurs lors d’une scène d’hallucination remarquable et cauchemardesque. À l’extérieur, pour ajouter au surréalisme des images, on nous présente de magnifiques travelings de la ville, construite entièrement en modèles miniatures.

Piercing est pourtant une oeuvre difficile à classer, qui passe de la comédie noire, à l’horreur et même au pulp. Le scénario nous conduit dans les recoins sombres des personnages, qui explorent le BDSM et la mutilation avec humour et emprunte plusieurs détours surprenants. Et on sent d’ailleurs que Pesce s’y amuse fermement avec ses plans rapprochés et ses splits screens qui stimulent grandement l’œil.

L’interprétation y est tout simplement remarquable, particulièrement Wasikowska, qui signe probablement ici son meilleur rôle en carrière. Ses échanges avec Abbott, autant que ses non-dits, hypnotisent l’écran. Les acteurs ont d’ailleurs la chance de pouvoir livrer des textes remplis de dialogues colorés. Le tout est enveloppé d’une trame sonore mémorable aux envolées de saxophones romantiques.

Décidément, c’est deux en deux pour Nicolas Pesce. Voyons maintenant ce qu’il saura faire avec le reboot annoncé de The Grudge.

Consultez notre couverture Fantasia 2018

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