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[Fantasia 2020] Mike Flanagan: traumatismes, cauchemars et un peu d’espoir

Mike Flanagan est bien connu des festivaliers de Fantasia. Son premier film, Absentia, a été présenté au festival en 2011 et le cinéaste est revenu en 2016 pour Before I Wake. Maintenant reconnu comme «l’un des plus excitants talents du cinéma de genre d’aujourd’hui», Mike Flanagan a accepté de répondre aux questions Mick Garris (The Stand, Bag of Bones) lors de la discussion DE LA PAGE À L’ÉCRAN SANGLANT: Mike Flanagan à propos des adaptations littéraires et des créations d’horreur personnelles.

«Before I fell in love with cinema, I fell in love with storytelling»

Avant de tomber en amour avec le cinéma, Mike Flanagan est tombé en amour avec la façon de raconter une histoire. La lecture occupait une grande place dans sa vie en grandissant et il avait toujours un livre à la main. Même s’il ne comprenait pas tout ce que ça prenait pour adapter un livre au grand écran quand il était plus jeune, Mike Flanagan plongeait dans les univers des romans qu’il lisait et en faisait en quelque sorte des films dans sa tête grâce à son imagination.

Alors quand est venu le temps d’adapter Gerald’s Game, Mike Flanagan a voulu prendre cette expérience visuelle qu’il avait eue en lisant le livre pour la transposer à l’écran afin d’en faire quelque chose d’accessible tant dans l’exécution que pour la compréhension du spectateur.

Le principal défi pour ce film était d’arriver à trouver «comment prendre les mots et les idées incroyables de ces pages pour laisser le public en faire une expérience, comment prendre les mots de [Stephen] King, sa prose et ses descriptions, pour les transformer en dialogues».

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«I can gave you the ending from the Shining that Kubrick denied [to you]»

Pour Doctor Sleep, Mike Flanagan savait qu’il faisait face à tout un défi et il était essentiel pour lui de conserver le coeur du récit, le noyau d’intention du livre, dans son adaptation.

Ce n’est pas un secret que Stephen King n’a jamais aimé ce que Stanley Kubrick a fait avec The Shining. Et Mike Flanagan ne voulait surtout pas se retrouver sur la même liste que Kubrick aux yeux de l’auteur. Il lui a donc expliqué ses intentions en ajoutant «Je peux te donner la fin de The Shining que Kubrick t’a refusée». Mais c’est la scène au bar entre Jack et Danny Torrance qui a finalement convaincu Stephen King.

Mike Flanagan savait que The Shining parlait de l’alcoolisme et de la dépendance alors que Doctor Sleep se penchait sur le rétablissement.

«[Stephen] King était tellement en proie à sa propre dépendance et à la peur que cela ferait à sa famille» lors de l’écriture du premier livre alors qu’il avait des «des décennies de sobriété à son actif» lors de l’écriture du deuxième, a-t-il expliqué. Ce sont donc deux ouvrages complètement différents, même s’ils sont liés.

«J’étais pétrifié quand j’ai envoyé le scénario à [Stephen] King», a-t-il avoué. Stephen King a appelé Mike Flanagan en cours de lecture pour lui dire qu’il avait lu la première moitié du scénario et qu’il avait bien aimé.

«Et j’étais comme « tout ce que tu vas détester est dans l’autre moitié »», a lancé Mike Flanagan en riant, se rappelant ce moment stressant.

Au final, Stephen King a bien aimé et Mike Flanagan a pu obtenir son accord pour le lier à l’univers de The Shining.

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«That episode almost killed all of us. I’ll never do it again»

Pour The Haunting of Hill House, même s’il s’agit aussi d’une adaptation d’un roman, l’approche était complètement différente. Mike Flanagan a décortiqué le livre pour en ressortir des personnages, des moments et thèmes. Il a ensuite pris plusieurs pièces pour construire un tout complètement nouveau. Il souhaitait ainsi en faire quelque chose de surprenant tout en honorant le livre de Shirley Jackson duquel la série s’inspire. La priorité était de protéger l’intention et les thèmes du roman, mais la série de 10 épisodes est complètement différente.

Pour la première fois, Mike Flanagan a travaillé avec une équipe d’auteurs. «C’était inconfortable au début, je n’étais pas habitué», a-t-il confié. «Il m’a fallu un certain temps pour être aussi ouvert que possible aux autres voix autour de la table.»

Mike Flanagan a expliqué que dans le monde des films indépendants, chaque projet est une question de survie et qu’il faut garder le plus de contrôle possible. Mais il a rapidement appris que «des idées fantastiques» émergeaient de la table d’auteurs.

«Différents auteurs ont commencé à s’approprier différents personnages. C’était très beau à regarder», a dit Mike Flanagan. «Toute cette table s’est ouverte, s’appropriant très personnellement les histoires que nous étions en train de créer et c’est devenu un choeur plutôt qu’un solo.»

Tous les épisodes de The Haunting of Hill House ont été réalisés par Mike Flanagan. Mais ça été très difficile pour lui. Il a même perdu 45 livres pendant la production de la série.

«À la fin, je ne tenais plus que par un fil», a-t-il avoué. «J’en suis sorti avec le sentiment que je ne pourrais plus me faire vivre ça et que je ne pourrais plus faire ça à ma famille. Même avec Kate [Siegel] dans la série, notre mariage a été essentiellement mis sur pause pendant un an. C’était très difficile.»

Mike Flanagan est aussi revenu sur l’incontournable épisode 6 de la série. Il a expliqué que cela semblait comme un moment en temps réel alors le long plan-séquence était justifié. Le cinéaste savait que le défi valait le coup, car il s’agissait d’une rare opportunité à saisir dans sa carrière. «Et cet épisode nous a presque tous tués. Je ne le referai plus jamais», a-t-il tranché.

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Avec The Haunting of Bly Manor, qui doit sortir à l’automne sur Netflix, Mike Flanagan s’est entouré d’autres cinéastes alors il ne réalisera qu’un seul épisode. Le défi était cette fois d’en faire une histoire… mais aussi d’apprendre à prendre du recul et ne pas aller sur le plateau de tournage!

«C’est bizarre parce que le prochain, je suis présentement à Vancouver pour Midnight Mass qui est un original et je réalise tous les épisodes à nouveau. Alors je n’ai rien appris», a-t-il lancé.

Mike Flanagan doit aussi faire une série adaptée du livre The Midnight Club de Christopher Pike pour Netflix.

«It’s made me want very very much never to leave a story on a note of hopelessness»

Père de trois enfants, Mike Flanagan a avoué qu’il utilise leurs cauchemars ou leurs peurs dans ses films, même s’il se sent «horriblement opportuniste». Par exemple, son fils a rêvé d’un homme qui flottait dans le vide et Mike Flanagan a utilisé l’idée pour The Haunting of Hill House.

«Tout ce que je peux extraire de l’imagination de mes enfants, si j’ai cette chance, je le ferai. Parce que les enfants comprennent la peur d’une manière qui nous échappe une fois adultes. Nous avons tendance à réduire notre imagination en vieillissant», a-t-il expliqué

«Je ne veux pas qu’ils aient peur de quoi que ce soit. Je veux que mes enfants se sentent en sécurité», a assuré Mike Flanagan. «Mais quand ils me disent pourquoi ils ont peur, ce qui leur fait peur ou quelles images les accompagnent dans leur subconscient la nuit, je suis toujours étonné par cela. Il y a quelque chose de brut, de pur et de primal à leur sujet.»

Mike Flanagan est persuadé que son rôle de père a profondément changé sa façon de faire des films.

«Je regarde Absentia et Oculus en particulier et ce sont des histoires sombres, le mal dans le monde à la fin des deux histoires est incontesté. Depuis que j’ai des enfants, j’ai beaucoup plus de mal à aller là. Parce que je ne veux pas que cela soit vrai du monde dans lequel ils se trouvent. Même si cela peut être parfois le cas», a-t-il expliqué.

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«J’ai cette idée que les films que j’ai faits sont peut-être la dernière façon dont ils apprendront à me connaître quand ils seront plus âgés et que je serai parti. Et je ne veux pas que le message que je leur laisse en soit un de cynisme quand je ne serai plus là et que je ne pourrai pas contextualiser mon travail. Je veux m’assurer qu’il leur reste un message de ma part qui concerne le pardon, la guérison et la foi les uns envers les autres, même si les choses sont effrayantes et que je pense que le monde est terrifiant. Cela m’a donné envie de ne jamais laisser une histoire sur une note de désespoir.»

Dans un moment très personnel où Mike Flanagan semblait plus près de ses émotions que jamais, il a expliqué que des pans de sa vie et de ceux qui l’entourent se sont retrouvés dans ses films.

«J’ai beaucoup à dire sur la dépendance, le rétablissement, les traumatismes et l’importance de la gentillesse que j’ai du mal à garder au premier plan de ma propre vie», a-t-il énuméré.

Mais la mort a aussi fait son chemin dans ses oeuvres.

«La mort dans ma propre famille et dans ma famille élargie. Les circonstances de cette mort. Et dans certains cas, les images de cette mort. Des personnes que j’ai aimées. […] J’ai fait des rêves à leur sujet. J’ai eu des expériences avec leurs funérailles et j’ai vu l’impact que cela a eu sur ma famille», a-t-il confié en ajoutant que «la maladie, le suicide et toutes sortes de choses» l’ont poussé à revoir sa vision de la vie, de la famille, de l’amour et de l’attachement.

Voyez la discussion complète de Mike Flanagan avec Mick Garris:

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