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[Fantasia 2022] «Give Me Pity!»: Give me fuel, give me fire, give me that which I desire

Chaque année, Fantasia est une occasion en or de découvrir des films à côté desquels on serait sans doute passer autrement. À cette liste d’étranges mais fascinantes oeuvres s’ajoute cette année Give Me Pity!, une délicieuse parodie de spécial télévisé née dans l’esprit éclaté d’Amanda Kramer.

Give Me Pity! tourne autour de l'animatrice d'une émission de variété, Sissy St. Claire, qui enchaîne les numéros de danse, de chanson, de monologue et d'humour étranges et extravagants au cours d'un grand spécial télévisé. Ses insécurités et illusions de grandeur prennent toutefois le dessus lorsqu'elle remarque un personnage masqué qui hante le studio de télévision, ce qui la plonge dans une spirale menant tout droit à la crise d'angoisse.
Give Me Pity! affiche film

Les coiffures folles, costumes à paillettes et drapeaux américains défilent avec un sens esthétique vibrant et glamour tout droit sorti des années 1970, renforcé par des images saturées de qualité inégale qui évoquent fortement la télévision en direct de l’époque. En bonne diva qui se respecte, Sissy porte plusieurs chapeaux. Comédienne, chanteuse et danseuse, elle livre aussi des monologues parfois amusants, parfois touchants, qui soulèvent des rires en canne et des applaudissements pré-enregistrés. Pour son public, elle joue son propre personnage sous le couvert d’une fausse identité, comme si sa mise en scène n’en était pas une. À l’instar de Barbra Streisand, Karen Carpenter et Cher, elle est une superstar «prête-à-porter», une automate aux milles talents. Complice, amie, mentor, porte-parole, sex-symbol et plus encore, elle incarne un modèle de divertissement aussi absurde que rassurant.

Mais une aussi grosse responsabilité pèse lourd sur les épaules d’une simple personne. Plus le spécial télévisé avance, plus la star craque sous la pression. Le gouffre entre Sissy le personnage et Sissy la femme s’agrandit, et sombre dans la psychose. La jeune femme veut désespérément devenir son rôle, et la dualité qui gouverne sa vie la rend folle. Sophie Von Haselberg (American Crime Story) est littéralement hallucinante dans le rôle principal. Que son personnage soit grotesque ou sophistiqué, paniqué ou souriant, elle laisse tomber toutes ses inhibitions et s’empare de la scène avec aplomb, assumant pleinement ce rôle exigeant.

Composées et interprétées par Bryan Scary et Giulio Carmassi, les pièces musicales rappellent celles de Ween: lentes et modulées, elles transportent la voix puissante de Von Haselberg sur un nuage psychédélique et accompagnent merveilleusement les chorégraphies délirantes de Gen Carson. Le kitsch s’étale avec ostentation, mais sans distraire le spectateur de la comédie tragique qui se déroule sous son regard voyeur.

Bref, il y a dans Give Me Pity! un peu de Twin Peaks, un peu d’Adult Swim, un peu de Jesus Christ Saviour: il y a surtout le génie d’Amanda Kramer, une réalisatrice très bien entourée.

Note des lecteurs1 Note
Points forts
Sophie Von Haselberg
Univers sonore et visuel disjoncté
Kitsch transcendant
Points faibles
Formule iconoclaste et répétitive qui ne plaira pas à tous
4
Note Horreur Québec

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Horreur Québec
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