[IMAGE+NATION] «Scream, Queen! My Nightmare on Elm Street»: main de fer dans un gant de velours

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Note Horreur Québec

Après le très exhaustif Never Sleep Again de 2010 et I Am Nancy qui a suivi l’année d’après, que reste-t-il à raconter sur la franchise A Nightmare on Elm Street? Peut-être l’histoire de Mark Patton, vedette de l’infâme A Nightmare on Elm Street 2: Freddy’s Revenge, surnommé depuis sa sortie «le film le plus gay de l’histoire du cinéma d’horreur».

Pour ceux qui l’ignorent encore, la suite du premier NOES est bourrée de références homo-érotiques, plus ou moins subtiles. Qu’on pense à la scène dans le bar S&M, le coach qui se fait fouetter les fesses au sang dans les vestiaires ou encore au cri peu viril que Patton laisse sortir à plus d’une reprise, il est évident que quelque chose au scénario pointait en ce sens. Ce qu’on ignorait à l’époque, c’est que l’acteur alors âgé de vingt ans cachait aussi son homosexualité. En 1985, la crise du VIH battait son plein, les vedettes dans le placard tombaient comme des mouches et aucun studio ne voulait retrouver un homosexuel à la tête de son dernier film. L’acteur qui débutait alors sa carrière n’allait plus jamais être engagé.

Scream, Queen! My Nightmare on Elm Street Affiche filmEt même si le sujet des tendances queers de Freddy’s Revenge ont été abordées dans le susmentionné Never Sleep Again (de manière beaucoup plus légère), Patton garde un certain ressentiment depuis concernant certains propos portés envers lui, notamment de la part du scénariste du film David Chaskin. L’équipe de Scream, Queen! My Nightmare on Elm Street l’a suivi depuis sa sortie des boules à mites — l’acteur a été retrouvé à l’aide d’un détective privé pour Never Sleep — dans ses passages en convention jusqu’à l’affrontement ultime.

Pour comprendre les impacts qu’ont eu le fameuse suite sur l’homme, le documentaire retrace son histoire depuis ses débuts dans le milieu à Los Angeles. On fait également un retour dans le temps pour expliquer la situation de la crise du VIH dans la communauté gay des années 70 et 80. Ces scènes, lorsqu’on est familier avec le sujet, peuvent sembler trop didactiques, mais s’avèrent essentielles surtout sachant que Patton se fait encore aujourd’hui traiter de faggot un peu partout sur le web. Espérons que ses détracteurs visionneront le produit, mais franchement on en doute.

La mise en scène classique et sans grande envergure fait toutefois mal au documentaire. Bien sûr, on comprend que les moyens du film, tourné sur une longue période, sont limités, mais la réalisation, comme par respect pour le sujet très sérieux ou pour appuyer l’humeur aigrie de Patton, ne s’amuse pas du tout avec son sujet. Pourtant, avec les drag queens présentes et les fans interviewés, il y aurait eu moyen de proposer un angle plus dynamique. C’est également plus difficile du côté de la technique, à commencer par les prises de vues souvent déficientes.

La rencontre finale rédemptrice avec Chaskin vaut par contre à elle seule le visionnement. Excessivement chargée en émotion, les deux hommes règlent enfin leurs comptes dans une scène bourrée de non-dits et de malaises savoureux. Au final, si on s’intéresse réellement au sujet plutôt pointu, Scream, Queen! My Nightmare on Elm Street possède un message sensible à passer et demeure intéressant, à défaut d’être véritablement passionnant.

Lisez notre entrevue avec l’acteur Mark Patton.

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