[Le meilleur de l’horreur 2019] Les choix de Marc Boisclair

On le mentionne depuis quelques temps déjà: 2019 ne passera pas à l’histoire des grands crus côté cinéma d’horreur. Ce que je remarque surtout en faisant ma sélection, à part cette vague stephenkingnesque un peu lassante que nous traversons toujours, ce sont ces films qu’on attendait avec impatience et que je n’inclus pas dans mon bilan final.

Question de créer un peu de bisbille: pour moi, Us ne faisait aucun sens; Child’s Play était un pétard mouillé; It: Chapter 2, une vraie farce et Pet Sematary, un malaise de 80 minutes. La proposition de Mike Flanagan avec Doctor Sleep ne m’a toutefois pas déplu, mais ne passera pas à l’histoire. Décidément, ce n’est pas dans l’horreur «grand public» que j’aurai trouvé mon compte cette année. Quoique…

Également, j’ai volontairement proposé une sélection horreur dans la définition propre du genre, délaissant les Parasite et Knives Out, qui auraient certainement figuré à la tête de mon palmarès personnel.

10- Dead Dicks de Chris Bavota et Lee Paula Springer

Le film québécois occupe ma dixième position pour des raisons un peu «politiques». Premièrement, on n’a pas entendu parler de la production micro-budget des cinéastes montréalais Chris Bavota et Lee Paula Springer à sa juste valeur dans les médias ces derniers mois. Ensuite, le film est un oasis de fraîcheur et d’inventivité caché au milieu d’une mer de remakes et de ré-ré-ré-adaptions américaines. Finalement, Dead Dicks représente une équipe de cinéastes et d’acteurs qui se mouillent et prennent des risquent simplement par passion, une qualité essentielle pour espérer oeuvrer dans le cinéma de genre ici. Producteurs: offrez un budget décent les yeux fermés à ces petits génies pour leur prochaine production.

Dead Dicks

9- Koko-Di Koko-Da de Johannes Nyholm

Ce film scandinave au nom étrange présenté en première canadienne à Fantasia remporte définitivement la palme du mindfuck de l’année. Si vous êtes le genre de cinéphile qui se régale de casse-têtes cinématographiques complexes, surveillez attentivement la sortie du film de Johannes Nyholm, qu’on espère pouvoir vous annoncer prochainement pour 2020. Chose certaine: vous n’oublierez jamais les mots Koko-Di Koko-Da après votre visionnement.

Koko-Di Koko-Da

8- The Lighthouse de Robert Eggers

Pour être complètement honnête, le deuxième film de Robert Eggers m’a laissé un peu sur ma faim à la sortie du cinéma. J’y ai trouvé quelques longueurs et cette sirène de paquebot qui retentit comme une alarme à tout bout de champ m’a complètement achevé. Mais grâce à ses performances d’acteurs ahurissantes et son originalité sans borne (une denrée rare en horreur), force est d’admettre qu’il s’agit tout de même d’une des meilleures prises de l’année.

The Lighthouse

7- Scary Stories to Tell in the Dark d’André Øvredal

Scary Stories était du plaisir popcorn bien assumé. Le film d’horreur, destiné à un public adolescent, propose pourtant les monstres les plus terrifiants de l’année. Harold l’épouvantail, la Pale Lady et le Jangly Man sont d’excellents combustibles à cauchemars sous la réalisation efficace et colorée d’Øvredal. C’est sans parler de la fameuse scène du bouton, terriblement amusante! Si vous avez aimé le Goosebumps de 2015, ce dernier est pour vous.

Scary Stories to Tell in the Dark

6- Horror Noire: A History of Black Horror de Xavier Burgin

À travers cette pelletée de documentaires qui ressassent les coulisses de nos vieux classiques et les vies plus ou moins intéressantes de leurs acteurs, rarement le cinéma d’horreur aura connu une proposition aussi pertinente que Horror Noire. Outre le sujet de la représentation horriblement défaillante de la communauté afro-américaine dans le genre, la qualité des intervenants et de leurs propos élèvent ni plus ni moins le documentaire au statut d’essentiel.

Horror Noire: A History of Black Horror

5- Ready or Not de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett

Ready of Not prend du vieux et réussit à faire du neuf. Les réalisateurs de Devil’s Due ont frappé fort avec leur mariée en mode survie, qui aurait très bien pu tomber à plat entre d’autres mains — on avait tout de même vu un concept similaire avec [REC] 3: Genesis. Mais en plus de proposer des moments de tension fort efficaces, l’humour est ici habillement dosée contrairement à d’autres productions qu’on a pu voir en salle cette année (oui, Pennywise, c’est toi que je regarde!) et la distribution tout simplement impeccable.

Ready of Not

4- Crawl d’Alexandre Aja

Alexandre Aja nous a enfin offert le film d’horreur «animal» parfait. L’action ne démord jamais, les effets spéciaux sont réussis, les personnages plausibles et sensés et la réalisation ne nous épargne pas côté gore et effets chocs au profit d’un divertissant «pour tous». C’est tout ce qu’on demandait d’une collaboration entre le cinéaste et Sam Raimi (à la production) et on l’a obtenu sur une plateau d’argent.

Crawl

3- Annabelle Comes Home de Gary Dauberman

Le scénariste Gary Dauberman passe ici pour la première fois à la réalisation avec ce troisième volet des aventures de la poupée creepy et élève littéralement la spin-off au même niveau de qualité qu’un The Conjuring. On n’a malheureusement pas pu en dire autant de ses acolytes The Nun et The Curse of La Llorona. La mise en scène, excessivement divertissante et efficace, nous propose des personnages sensés et une panoplie de nouveaux joujoux qu’on aimerait connaître davantage. Le terrifiant Ferryman pourrait très bien connaître son spin-off et je meurs d’en savoir plus sur cette mystérieuse armure de samouraï!

Annabelle Comes Home

2- Midsommar d’Ari Aster

C’est toute une bête qu’Ari Aster nous a (encore) offerte cette année. Son Midsommar est tortueux et se déguste lentement, mais la symbolique minutieuse qu’il crée autour de ce cauchemar diurne est tout simplement fascinante. Les couleurs et les effets surréalistes de la réalisation ajoutent au magnifique bad trip, qui divise l’opinion sur nos pages depuis sa sortie. Sur ce, je vais regarder la Director’s Cut de 171 minutes qui, dit-on, est encore plus savoureuse…

Midsommar

1- The Lodge de Severin Fiala et Veronika Franz

Dans notre recherche ultime de frissons, celui qui m’en aura le plus procuré cette année est définitivement The Lodge, et pas parce qu’il est campé dans les décors glacials du Québec. La tension de ce huis clos psychotique s’installe lentement jusqu’à atteindre de sommets insoutenables lors de sa finale dévastatrice (dans le bon sens!). Présenté en première canadienne lors du dernier Fantasia, le film des réalisateurs de Goodnight Mommy arrive en salle le 7 février et j’espère que comme moi, vous aurez une belle claque au visage.

The Lodge

Mon coup de gueule!

Sadako de Hideo Nakata

Depuis sa projection à Fantasia (en première nord-américaine à part de ça) que j’exprime ma haine envers Sadako à qui veut bien l’entendre, et je sais que ne suis pas seul. Comment Hideo Nakata, l’un des piliers du mouvement J-horror, a-t-il pu nous offrir un film aussi mièvre et dépassé? La liste des éléments qui font défaut ici serait trop longue à énumérer (et j’ai déjà écrit une critique sur le sujet!). Et ne vous méprenez pas, Sadako n’est pas un so bad it’s good amusant à regarder en gang avec une bière. Il s’agit plutôt d’un puissant somnifère qui promet d’endormir vos invités et gâcher le party.

Sadako

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