[Le meilleur de l’horreur 2019] Les choix d’Élise Lucie Henripin

Les bilans annuels sont des exercices auxquels je me prête chaque année depuis très longtemps. Meilleurs livres, podcasts, albums, voyages, moments, restaurants: tout y passe. Cette fois, j’ai pourtant trouvé difficile de dresser ma liste. Peu de films m’ont fait forte impression, bonne ou mauvaise. J’ai enfin terminé ma sélection de dix titres qui m’ont un peu surpris par leur manque d’originalité: en 2019, j’ai eu les goûts très mainstream.

Peut-être parce qu’une part importante des films d’horreur que je visionne chaque année se déroule à Fantasia, dont la programmation m’a laissé plutôt tiède, ou que je n’ai pas fait de bons choix au cinéma. Après tout, je n’ai encore vu ni le controversé The Nightingale, ni l’acclamé The Lodge, mais j’ai perdu deux heures devant l’insipide The Intruder, dont on ne s’est même pas donné la peine de parler ici.

Peut-être aussi ai-je passé trop de temps à dévorer des séries, certaines en lien avec l’horreur (Mindhunter, Marianne) et d’autres absolument pas – pour tout vous dire, la série Pose est de loin mon coup de coeur de l’année, mais il faudrait que je trouve un autre site qu’Horreur Québec pour vous en parler…

N’empêche, faute de la conclure avec des feux d’artifices, 2019 aura bouclé la décennie discrètement, nous offrant plusieurs films qui resteront dans nos coeurs et nos mémoires pour les prochaines années.

10- Zombieland: Double Tap de Ruben Fleischer

Dix ans plus tard, la suite attendue de la populaire comédie d’horreur Zombieland fait mouche. Ce n’est pas du grand cinéma, non, et ce n’est certainement pas une suite nécessaire: on retrouve néanmoins le quatuor Colombus, Tallahassee, Wichita et Little Rock en très grande forme et ce, avec plaisir. J’allume une bougie Yankee Candle en l’honneur de Zoey Deutch, dont j’ai adoré l’adorable personnage de dumb blonde.

Zombieland: Double Tap

9- Us de Jordan Peele

Le très attendu Us n’arrive pas à la cheville de Get Out, mais il s’agit tout de même de l’un des films d’horreur les plus réussis de 2019. Malgré ses incohérences, son rythme expédié et ses blagues trop nombreuses, le second long métrage de Jordan Peele contient plusieurs moments d’horreur pure, soutenus par une trame sonore mémorable. Menée par l’incroyable Lupita Nyong’o, les Untethered sont des «monstres» dont on se souviendra longtemps.

Us

8- Horror Noire: A History of Black Horror de Xavier Burgin

Même si le discours ne date certainement pas d’hier, Get Out a ouvert la conversation autour de la représentation des communautés noires dans le cinéma d’horreur en obligeant les spectateurs blancs à admettre l’existence du racisme systémique. Dans Horror Noire, des intervenants de grande qualité se suivent pour commenter l’impact d’une filmographie exhaustive de titres supportés par des Noirs (devant et/ou derrière l’écran) avec intelligence et sensibilité. Quiconque intéressé par l’histoire du genre ou les enjeux sociaux devrait visionner ce documentaire essentiel.

Horror Noire: A History of Black Horror

7- Hail Satan? de Penny Lane

Ce documentaire met les pendules à l’heure en démontrant que le Temple Satanique n’est pas une secte de nécromanciers assoiffés de sang, mais un mouvement politique qui prône la dissolution du lien État/religion avec une approche avant-gardiste et provocatrice. D’ailleurs, John Waters a ajouté Hail Satan? à sa liste des meilleurs films de 2019, et qui oserait contredire John Waters?

Hail Satan?

6- Ready or Not de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett

Samara Weaving était assise derrière l’équipe d’Horreur Québec lors de la projection à Fantasia, et j’étais tellement starstruck que j’avais peur de ne pas pouvoir me concentrer. Heureusement, Ready or Not capture l’attention dès le début. Loin de réinventer la roue, cette création bourrée d’humour et d’action fait tout de même passer un sacré bon moment en se moquant au passage de l’institution du mariage et du privilège des hautes strates de la société américaine.

Ready or Not

5- Knives Out de Rian Johnson

Oui, oui, Knives Out n’est pas un vrai film d’horreur, mais le dernier Rian Johnson est un exercice de «meurtre et mystère» trop impeccable pour ne pas se tailler une place dans ce top 10. Il n’y a rien que je n’ai pas aimé dans cet hommage à Hitchcock et Christie qui rappelle un Clue sur les stéroïdes, à commencer par la distribution impeccable et le parfait dosage de drame et d’humour, sans compter son massacre du mythe du succès self-made.

Knives Out

4- Crawl d’Alexandre Aja

Mon horreur des alligators (mon animal le moins préféré, si vous voulez savoir) est aussi grande que mon amour des films de grosses bébittes. Ce n’est un secret pour personne que les films d’animaux monstrueux sont rarement réussis, mais Alexandre Aja (Piranha 3D, rien de moins) s’en sort admirablement avec ce film d’action où des eaux infestées de redoutables reptiles obligent un père et sa fille à confronter les tensions familiales en plein ouragan. Épique et touchant.

Crawl

3- Harpoon de Rob Grant

Ma plus belle surprise de l’année à Fantasia, Harpoon est une comédie méchante et macabre aux répliques cinglantes qui possède le potentiel de devenir, et je l’espère, un film culte. L’autodestruction à coups de trahisons, de mensonges et d’harpons d’un trio de jeunes adultes coincé en pleine mer se déroule avec un délicieux mélange d’humour et de sadisme. Ne le laissez pas passer sous votre radar.

Harpoon

2- The Lighthouse de Robert Eggers

Le réalisateur de The Witch scrute encore une fois le thème de l’isolement sous la loupe avec le récit de deux gardiens de phare torturés à la relation on ne peut plus toxique. Fascinant, Willem Dafoe incarne la folie avec verve en donnant la parole à Robert Pattinson; le jeune acteur prouve à quiconque en doutait encore qu’il a enterré le vampire adolescent qui l’a fait connaître dans Twilight il y a longtemps. La direction artistique coupe le souffle.

The Lighthouse

1- Midsommar d’Ari Aster

Peu de films d’horreur relève le pari de faire peur en plein soleil. Midsommar déploie lentement une histoire qui emprunte à la fois au folklore scandinave et aux tragédies bien réelles de sectes comme le Temple du Peuple avec une cinématographie hypnotique. Les images quasiment surexposées passent au traitement Technicolor, donnant à l’ensemble une illusion de badtrip ou de rêve (cauchemar) éveillé. La jeune Florence Pugh crève cet écran illuminé.

Midsommar

Mon coup de gueule

NOS4A2 sur AMC

Comme j’ai parlé du décevant Satanic Satanic, mon coup de gueule de Fantasia deux fois plutôt qu’une cette année, je vous épargne une troisième diatribe en me plaignant plutôt de NOS4A2, une série dans laquelle je me suis sentie si peu investie que je l’ai abandonnée après deux épisodes et demi. Loin de faire honneur au roman de Joe Hill, cette adaptation, qui prend de très nombreuses libertés avec le matériau d’origine, ne fait pas peur du tout. L’occasion de mettre en images l’un des romans d’horreur les plus forts de la décennie est perdue avec mille détours qui n’aboutissent pas. Dommage.

NOS4A2

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