Les mal-aimés de l’horreur: Lake Placid

Le cinéma d’horreur mettant en scène des monstres marins n’est pas né d’hier. De Creature from the Black Lagoon à Piranha en passant par Jaws et Deep Blue Sea, plusieurs d’entre eux furent d’énormes succès au box-office. Malgré leur recettes, ces films sont souvent pointés du doigt, mal-aimés ou tout simplement oubliés. Il arrive parfois qu’un film s’étant fait malmené à sa sortie réussisse à se faire une petite place dans le coeur des cinéphiles, et même atteindre le statut de «film culte». Que ce soit pour les bonnes ou les mauvaises raisons, Lake Placid en est l’exemple parfait!

Une paléontologue (Bridget Fonda) fait équipe avec deux policiers (Bill Pullman et Brendan Gleeson) et un professeur de mythologie (Olivier Platt) afin de comprendre la présence d’un crocodile géant de 30 mètres de long qui terrorise les habitants de Black Lake, dans le Main.

Réalisé par Steve Miner (Friday the 13th – Part 2, Halloween H20), c’est le 16 juillet 1999 que le film prend l’affiche. Un accueil plutôt tiède (pour ne pas dire froid) autant de la part des critiques que du public. Cette histoire vue mainte fois ne charme personne, mais réussit étrangement à amasser un 57M$ à travers le monde avec un budget de 32M$, ce qui en fit un succès. Coup de chance? Peut-être. Mais Lake Placid avait quelque chose que les autres films de ce genre sortis durant les quelques années précédentes ne possédaient pas. Contrairement à plusieurs de ses prédécesseurs, le film du crocodile géant ne s’est jamais pris au sérieux. La présence des acteurs Oliver Platt (Doctor Dolittle (1998)) et Betty White (série The Golden Girls), servant tous deux de comic relief, met cartes sur table dès le départ et laisse planer une certaine légèreté tout au long du film. Nous devons d’ailleurs ce scénario et son humour noire au réputé David E. Kelley, créateurs de séries à succès comme Ally McBeal, The Practice et, plus récemment, Big Little Lies.

Malgré les scènes de décapitations morbides, tout comme Jaws de Spielberg, on ne voit pas réellement la bête avant le tout dernier acte. On se rend compte que Miner a fait ses classes et a compris que moins on en voit, mieux c’est. Soulignons d’ailleurs la qualité des effets spéciaux, gracieuseté du grand Stan Winston qui se cachait derrière les Terminator, Aliens et Jurassic Park de ce monde! Les effets pratiques autant que les images de synthèse (ou CGI) sont irréprochables et passent l’épreuve du temps avec brio. Des effets dégoûtants à souhait à faire rougir les Anaconda de ce monde.

En dépit de sa mauvaise réputation, Lake Placid a réussit à trouver, avec le temps, son public et se créer un fanbase qui le hissa au statut de «classique du genre». La compagnie Scream Factory, dont la réputation n’est plus à faire, en a d’ailleurs fait l’objet d’une édition spéciale en juillet 2014. Les amateurs de bestioles assassines le qualifieront d’incontournable, ne serait-ce que pour voir Bridget Fonda (Single White Female, Jackie Brown) dans son dernier rôle «important» avant qu’elle ne quitte Hollywood pour de bon. Jugée beaucoup trop sévèrement, cette comédie d’horreur est un 82 minutes de pur plaisir à faire rire, sourire et frissonner. Peace.

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