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Recommandations d’une étagère poussiéreuse: Fabrizio Laurenti, La Casa 4, alias Witchery (1988)
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Avant propos: Soyez les bienvenus sur ce premier texte d’une nouvelle chronique intitulée Recommandations d’une étagère poussiéreuse. Ici, je soufflerai d’un coup sec sur mes DVD et Blu-rays les plus choyés: ces vieux films encrassés et négligés des Top 10 (parfois même Top 100) des meilleurs films d’horreur. Je parle de ces petites pépites qui, malgré toutes leurs qualités, semblent avoir raté le coche de la postérité. C’est peut-être la faute des maisons de production, des distributeurs ou encore celle des fans s’attardant trop sur les chefs d’oeuvre du genre. Mais que tout le monde soit maintenant rassuré: je soussigné, Frédéric, annonce fièrement rétablir cet affront pour le plaisir des cinéastes et des cinéphiles curieux et insatiables. Laissez-moi donc vous recommander ces quelques vues.

Tout le monde aura, un jour ou l’autre, un intérêt. Cet intérêt se transformera peut-être en béguin. Celui-ci se transformera en amour, qui lui-même se mutera en passion. Si cela vous est un jour arrivé et que l’objet de votre passion est une personne (votre chum, blonde, mari, maitresse, whatever): mes félicitation, vous faites partie des gens normaux. En ce qui me concerne, cet amour invétéré est dirigé tout droit vers le cinéma d’Italie ?? !

Durant les années 70 et 80, ce pays a su explorer à peu près TOUT ce qui s’est fait de meilleur et de pire en ce qui a trait au cinéma d’exploitation: westerns, gialli, cannibales, camps de concentrations et nonnes lubriques — tout y est passé. Si un film ou un sous-genre rencontrait ne serait-ce qu’un brin de succès quelque part entre l’Europe et les États-Unis, alors les italiens s’empressaient de le piller, le répéter, l’amplifier et parfois l’améliorer. Au milieu de ce foutoir se battaient bon et mauvais goût — ce dernier l’emportant la plupart du temps, je vous l’accorde. Je trouve cela fascinant et pourrais en parler des heures sans soucis. Cependant, je vais ici plutôt me concentrer sur un de mes phénomènes transalpins favoris: celui des fausses suites. Et comme exemple, je m’attarderais sur le film Witchery de Fabrizio Laurenti.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, laissez-moi vous expliquer ce que j’entends par «fausses suites»: dû à certaines zones grises de l’époque concernant les droits d’auteurs en Italie, un grand nombre de films virent le jour dans l’unique but de rebondir sur le succès d’autres. C’est ainsi que nous pouvons aujourd’hui par exemple nous délecter de l’excellent Zombi 2 (1979) de Lucio Fulci — suite non-officielle de Zombi (1978), version italienne de Dawn of the Dead. Le film n’a aucun rapport avec la saga culte de George A. Romero, il en utilise uniquement le titre (et des morts-vivants, duh).

Il en est de même pour Witchery qui se trouve être l’une des fausse suite de — accrochez-vous bien — The Evil Dead! En effet, les deux premiers opus officiels de cette saga s’intitulaient respectivement La Casa et La Casa 2 en Italie; et plutôt que de sagement attendre l’arrivée d’Army of Darkness, le producteur Joe D’Amato demanda à son amico Umberto Lenzi de réaliser en 1988 La Casa 3 (alias Ghosthouse en anglais, alias La Maison du cauchemar en français), un film qui n’a strictement RIEN à voir avec The Evil Dead. Semblait-il qu’ils étaient pressés puisque la même année sortit aux USA le film que je vous recommande aujourd’hui: La Casa 4 (alias Witchery en anglais, alias Démoniaque présence français) qui n’a d’ailleurs toujours rien à voir avec The Evil Dead. Ni même Ghosthouse d’ailleurs. Vous avez déjà mal à la tête? Moi aussi.

À la juste frontière entre le so bad it’s good et l’honnête petite série B pleine de bonnes intentions, La Casa 4 sait attirer le chaland comme seuls les italiens savent le faire: avec un casting américain 4 étoiles sur le retour. Deux acteurs “gros calibre” de l’époque se partagent la tête d’affiche: Linda Blair et David Hasselhoff. Oui, vous avez-bien lu: Regan de The Exorcist et Mitch Buchannon de Baywatch se promènent dans les couloirs d’une maison hantée du Massachusetts. La première pour l’acheter avec sa famille et le second pour prendre des photographies de phénomènes paranormaux et occultes. Dans le fond, si vous êtes into this kind of things, Witchery a tout pour plaire. De nombreuses très bonnes idées de mise en scène parsèment le film et sauront surprendre les plus aguerris des amateurs d’horreur et ce, souvent par des effets sanglants plutôt maîtrisés. Ajoutez à cela une musique complètement dingue de Carlo Maria Cordio et Randy Miller qui appuie une Linda Blair totalement habitée par son rôle.

La Casa 4 est donc un pur nanar qui essaie vraiment fort de bien faire les choses mais qui y peine pour le bonheur de tous. Je l’ai dit plus haut: plein de bonnes choses sont à garder malgré leur exécution trop souvent boboche. Pour vous donner un exemple: d’effroyables molosses apparaissent à plusieurs reprises dans la demeure hantée pour s’attaquer aux protagonistes. Si l’idée est bonne (ben oui, c’est cool des chiens de l’enfer, t’sais), c’est l’application qui laisse à désirer: on voit très bien le bras du dresseur dans le cadre.

C’est donc ce genre de détails qui fait de ce film un immanquable pour tout amateur du genre; une parfaite collision entre la fourberie italienne de l’époque et leur redoutable imagination. Si jamais l’aventure de passer à travers ce film ainsi que l’opus précédent de cette franchise insensée vous prend, sachez que tous deux se vendent en double feature chez l’éditeur Scream Factory.

Oh, et dernière chose: La Casa 5 existe. Son titre anglais est Beyond Darkness et il fut réalisé par Claudio Fragasso, cinéaste connu pour le génialissimement mauvais Troll 2, fausse suite de Troll. La boucle est bouclée… Enfin presque parce que La Casa 6 et La Casa 7 existent aussi mais ça devient vraiment compliqué à expliquer rendu là car ceux-ci font partie d’une autre saga, mais pas vraiment, mais en fait si, mais… J’abandonne.

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