[SPASM 2019] Kino Kabaret: défi réussi pour nos réalisateurs québécois

Le Festival SPASM débutait en force jeudi dernier avec une excellente soirée pour le Kino Kabaret. C’est l’occasion parfaite d’y découvrir de nouveaux réalisateurs talentueux relever le défi de tourner un court d’une durée maximale de six minutes en une fin de semaine. Malgré des conditions difficiles, il est impressionnant de constater tout le talent présent dans la salle de plus que pour plusieurs d’entre eux, il s’agissait d’une première expérience dans un défi Kino.

Les étoiles représentent les trois coups de cœur de votre auteur. Les choix ont été déchirants, car plusieurs le méritaient.


Sang jaune de Julie Roy

Pour sa première expérience au Kino, Julie Roy nous propose une oeuvre mystérieuse de science-fiction minimaliste. Une jeune femme blasée se fait enlever par une entité et se réveille dans un champ. Tentant de retourner chez elle, elle évacue une substance jaunâtre de son corps. La réalisation est soignée et Catherine Audrey Lachapelle transpose bien toute la souffrance du personnage. On a bien hâte de voir son autre court Luz, un film de sorcières à SPASM.

Boulettes de Patrick Gauthier

Une dame fait goûter des boulettes aigres-douces dans une épicerie aux clients. Si vous refusez d’en acheter, vous risquerez de le regretter. Cette première réalisation de Patrick Gauthier est un six minutes de pur bonheur. Cette comédie d’horreur parvient intelligemment à mélanger malaise et humour sans tomber dans le grotesque. Le scénario fait preuve de créativité et les acteurs, incluant Gauthier, sont parfaitement dans le ton. Une excellente surprise! On a déjà hâte à la prochaine création de Gauthier.

Vicious Are The Ways Of A Witch de Frédéric Chalté

On le répète: il est difficile d’être objectif lorsqu’il est question de notre collaborateur Frédéric Chalté. Force est d’admettre, encore une fois, que notre blond Français possède un talent indéniable. Lui et son collectif Wagon 86 nous l’ont prouvé dans les dernières années avec, entre autres, The Babysitter et No One Will Ever Believe You. Avec ce nouveau court, on se retrouve dans une histoire où une sorcière traque les jeunes femmes dont la beauté rend jalouse. Son amour pour le cinéma italien se sent autant visuellement que du côté du scénario. On baigne dans une atmosphère folklorique, à la mode ces derniers temps. Une très belle réussite.

Champignons du Démon de Mikhaïl-Amadeus Plante

Des amis décident d’essayer des champignons magiques et leur expérience prendra des allures démoniaques. Dans sa présentation, Plante a expliqué qu’il était moins préparé que pour son court précédent et qu’il s’était payé un gros trip. Le résultat s’en fait ressentir. L’humour juvénile rate souvent la cible, mais le public semblait très réceptif à ce genre d’humour aux influences de The Evil Dead. Le gag sur Maxime Bernier est cependant fort réussi. Le politicien est une source inépuisable de blagues. Définitivement, le genre de court à écouter en gang avec quelques boissons alcoolisées.

Champignons du démon

Rembobine de Hugo Chetelat

Ils sont rares les courts où l’émotion est palpable à SPASM. Rembobine est l’un de ces moments qu’on adore. L’oeuvre de Chetelat nous propose un récit entre un grand-père dans un état végétatif et son petit-fils. Le résultat est touchant, attendrissant et nous accroche un sourire tout le long du visionnement. Le seul point négatif est qu’on en aurait pris davantage. Parvenir à raconter un drame aussi prenant en si peu de temps nous démontre tout le potentiel du réalisateur qui a clairement un brillant avenir devant lui.

La bataille de la foi de Robin Anctil

On doit le mentionner, c’était la présentation la plus disjonctée auquel le public du festival a eu droit avant un court. Ça donnait le ton. La bataille de la foi raconte l’histoire de deux prêtres à la foi chambranlante qui se rendent dans un motel pour y pratiquer un exorcisme. Le court d’Anctil reprend un thème usé à la corde et n’y offre rien de très original. Les dialogues qui énervent, était parfois insignifiants et pas toujours drôles. On ne doute pas du talent du cinéaste, mais on espère un prochain film plus mature dans le ton et la réalisation.

Best Bitches Forever de Valérie Leclair

Deux amis se chicanent lors de l’anniversaire de l’une d’entre elles dans Best Bitches Forever, où Carrie rencontre l’univers de Heathers, qui représente pourquoi on adore les soirées au festival de SPASM. Le côté humoristique est parfaitement dans le ton et surtout drôle. C’est visuellement travaillé et Leclair, une habituée du festival, a eu une excellente idée d’utiliser la bande dessinée pour certaines scènes d’action. Dans le contexte du Kino, c’était tout un exploit. On rêverait de voir la création de Leclair en moyen ou long-métrage.

Best Bitches Forever

Psychose nocturne de Louis-David Jutras

Une femme reçoit un appel du 911 aux petites heures de la nuit. La téléphoniste lui demande si elle a besoin d’aide et elle répond par la négative. Le même pattern se répète où elle s’entend elle-même demandant de l’aide cette fois. Son conjoint semble péter les plombs et veut la tuer. Une ambiance à glacer le sang s’installe tout le long du récit et le résultat donne froid dans le dos. Malgré un scénario mainte fois traité, Jutras, qui nous avait présenté l’excellent Le reflet l’an dernier, joue habilement avec les codes du genre. Vous devinerez sûrement la fin, mais vous serez tout de même envoûté par cet univers angoissant à souhait.

Un gorille dans le placard de Rémi Fréchette

Les festivaliers ont eu droit à un brillant hommage aux films noirs des années 40 et 50. Fréchette (Montréal Dead End), après quelques dizaines de courts à son arc, a su parfaire son art. Il nous arrive avec une oeuvre quasi parfaite. On ne peut qu’être renversé par le résultat: jeux d’ombrages, personnages clichés démesurés, doublage intentionnellement mauvais, tout y est pour la recette magique d’une merveilleuse pastiche. On a déjà hâte à la suite annoncée à la fin du générique.

Un gorille dans le placard

Instakiller d’Éric McCarty

Les influenceurs occupent de plus en plus de place dans notre société, à notre plus grand regret. On suit quatre d’entre eux lors d’un week-end dans un chalet offert gratuitement en échange de promo. Un mystérieux inconnu décide d’éliminer nos jeunes de l’internet un après l’autre. Ce sympathique petit slasher ne fait aucunement dans la subtilité pour passer son message. Les meurtres sont efficaces et les comédiens tirent bien leur épingle du jeu. On aurait simplement raccourci le discours moralisateur de notre tueur. Le résultat reste pleinement satisfaisant.

Poupée de Jimmy Genest Pettigrew

Un homme timide conçoit une poupée robotisée à l’image de sa voisine. Le réalisateur a décidé traiter de l’impact des technologies sur nos relations sociales de manière plutôt comique et coquine. Ce qui semble à première vue comme un court juvénile cache un constat pour le moins triste: l’humain est prêt à créer une poupée au lieu d’affronter sa peur du rejet. Poupée fait rire, rend mal à l’aise et fait étonnamment réfléchir.

Poupée

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