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Sur le plateau de DISPARU.E.S: entrevue avec les réalisateurs du nouveau court québécois

Il y a quelques semaines, on vous parlait du premier court-métrage de l’équipe de production Studio Les 4 Colocs, DISPARU.E.S, qui allait être tourné en octobre. Suite à une cordiale invitation, Horreur Québec s’est rendu à Saint-Cuthbert sur le plateau du tournage pour pouvoir vous en parler davantage.

Un très sage proverbe français mentionnait  «La passion conduit bien plus loin qu’on ne pense». C’est exactement ce que nous pouvions ressentir à travers cette journée frileuse d’octobre, dans le boisé qui servira de décor à ce court-métrage de monstre. Michael Ouellette et Christian Lemieux, les deux réalisateurs, donnent leurs indications pour guider un acteur lors d’une scène qui sera, croyez-nous, très gore. Et dès que le sang se met à gicler, on voit leur visage s’illuminer d’admiration. Bien sûr le fan d’horreur que nous sommes le devient également et cette folie collective anéantit le mur protocolaire qu’un journaliste doit avoir avec les gens à qui il doit poser des questions. Avant d’être cinéaste ou journaliste, quelque chose de plus grand bouillonnait en nous et nous imposait une complicité.  C’était notre ardeur démesurée pour le cinéma de genre.


Horreur Québec: Pouvez-vous nous parler de votre équipe appelée Studio Les 4 Colocs?

Michael Ouellet: Nous sommes quatre producteurs, dont deux réalisent également. C’est une production Studio Les 4 Colocs. À la base, nous avions collaborés au projet Code Rouge #830303 et on pourrait dire que Studio Les 4 Colocs en sont les cendres. Nous voulions faire notre long-métrage.

Christian Lemieux: Après avoir regardé Turbo Kid pour la millième fois, nous voulions réaliser un long-métrage. Mike venait de terminer son cours à l’ECTQ à Québec, l’école du cinéma.

MO: J’ai appris la technique du montage vidéo là-bas et Christian est un grand fan de films d’horreur. Nous avons commencé l’écriture du scénario et on s’est vite rendu compte que n’avions pas l’expérience pour le faire. On s’est donc lancé dans des capsules Web avec Code rouge, où on faisait un court-métrage par capsule et ça nous a aidé à apprendre.

CL: On a appris beaucoup et Mike avait la technique, le vocabulaire et la méthodologie du cinéma. Il nous a initié à ça. Moi, je viens avant tout du gaming. J’ai joué avec de vrais story-telling, et ça m’a servi. Ma blonde Annik aime tout ce qui est décors, construction, et les costumes. Je lui ai donc dit que je voulais un monstre. Elle s’en est occupée et notre autre collaboratrice Angie est douée pour la logistique. À travers l’année où on a travaillé sur nos capsules et nos très courts films, tout était prétexte à notre apprentissage. On s’est inscrit à Kino et on a fait le Défi SPASM [avec le court Party monstre] et de fil en aiguille, on s’est fait des contacts et on a rencontré notre monde.

MO: Kino nous a aidé à faire notre casting call. On a passé des auditions et on a choisi nos acteurs. C’était super. Les gens se sont impliqués dans le projet et il y a eu une chimie dans l’équipe.

HQ: Est-ce que l’horreur a toujours été le genre que vous souhaitiez faire?

CL: Oui et notre scénario de long-métrage de départ était une histoire de zombies. Et Robin Aubert a sorti Les Affamés et ça devenait moins original. On adore Robin, en passant.

HQ: Diriez-vous que c’est possible pour de jeunes cinéastes moins connus de faire du cinéma d’horreur au Québec et est-ce que le passage vers le court-métrage ne devient pas obligatoire?

CL: Je ne sais pas si c’est obligatoire. Pour nous, ça l’était parce qu’on ne connaissait pas tant que ça le métier. Nous nous sommes autofinancés. Le cash down de notre maison y a carrément passé. Sans nom, le financement est presque impossible.

Pour répondre à ta question, je pense que c’est plus une question de pouvoir que de vouloir. Si nous avions eu l’argent, nous aurions commencé avec un long. DISPARU.E.S a été écrit pour être un long-métrage au départ ou un moyen-métrage. Et on l’a fait lire à Gabriel Claveau qui a fait Punk Fu Zombie et il nous a dit que c’était trop long avant que quelqu’un meurt. On a retiré certaines scènes et déjà ça reste un très gros défi. Nous tournons durant huit jours. Notre équipe n’est pas payée et durant ce temps ils perdent du travail. Pour nous, c’était plus réaliste. On va essayer de faire une nuit américaine avec un bon coloriste, car nous n’avons juste pas les moyens de tourner de nuit.

HQ: Vous ne choisissez pas la voie facile tout de même. Ce n’est pas un slasher avec la caméra subjective ou même un  found footage. Vous vous lancer dans un film avec un monstre, possiblement pour montrer ce que pouvez faire?

MO: Oui. Sur l’ensemble de nos shorts précédents, sauf peut-être un, on offrait de la comédie gore. Cette fois, c’est très sérieux.

CL: On voulait quelque chose où il fallait travailler l’ambiance. Nous avons eu la chance de rencontrer Camille Monette (Termitator) de Gore Addict qui est devenu un ami par la suite. Nous avons investi une grande partie du budget dans les effets, parce que nous les voulions crédibles. On voulait construire notre monstre. C’était un plaisir et un défi.

HQ: Les courts-métrages semblent n’avoir qu’une seule vie. On les visionne durant des festivals en salle, mais après, ils semblent disparaître. Qu’est-ce que vous espérez avec votre film?

CL: Internet. C’est international et on espère beaucoup du streaming.

MO: On s’entend que notre film est pour un public cible aussi. On aimerait le présenter à Fantasia ou au SPASM 2019. Sinon, on va organiser des projections et faire de la publicité sur Internet. Faire des tournées de projections avec d’autres artistes pourrait être bien aussi.

HQ: Si vous connaissez le succès espéré ou si demain quelqu’un vous donne carte blanche pour un long-métrage, vous aimeriez faire quoi?

CL: Quelque chose avec beaucoup d’effets, car je voudrais engager mon ami Camille. On engage la même équipe et on les paye cette fois. Des idées, nous en avons beaucoup. Un western gore ou quelque chose de plus fantastique.

MO: Le projet est en branle depuis environ deux ans et c’est certain que j’aimerais faire un autre film.

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Michael Ouellette, Christian Lemieux, Angie Charbonneau et Annik Ouellette

HQ: Si vous deviez convaincre un spectateur d’aller voir le film, vous diriez quoi?

CL: Le film sera juteux.

MO: Profond et touchant aussi. Notre équipe est investie et on les remercie.


À l’heure où l’on écrit ces lignes, le tournage de DISPARU.E.S est terminé. Pour avoir assisté au tournage de plusieurs scènes, vu quelques effets sanguinolents et le costume du monstre, laissez-nous vous affirmer que nous brûlons d’impatience de voir le produit terminé.

Pour encourager le projet d’ici, vous pouvez participer au Patreon du Studio Les 4 Colocs (anciennement Code Rouge #830303).

Crédit photos Cindy Ouellette et Jean-François Croteau.

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