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Winchester: grotesqueries gothiques
3Note Horreur Québec
Note des lecteurs: (4 Votes)
4.2

Après la mort de son mari suivie de celle de sa fille, la riche héritière Sarah Winchester croit véritablement être hantée par des fantômes. Suivant les conseils d’un médium, elle entame la construction de son fameux manoir afin de repousser les esprits malveillants et qui sera, par la suite, rebaptisé le «Winchester Mystery House».

Après nous avoir offert le mièvre Jigsaw l’an dernier, les jumeaux Michael et Peter Spierig sont de retour avec cette histoire de maison hantée dont les attentes du public semblaient être très élevées. Ils ont fait appel à nulle autre que la grande Helen Mirren (Teaching Mrs. Tingle, Hitchcock) pour y tenir le rôle principal ainsi que l’excellent Jason Clarke (Zero Dark Thirty) dans le rôle de celui venu étudier l’état psychologique de la veuve. La barre était donc bien haute pour les réalisateurs de Undead et Daybreakers.

Tourné en partie dans la véritable maison «hantée», Winchester avait vraiment tout le potentiel nécessaire pour être une réussite. Avec une distribution cinq étoiles et un lieu légendaire où les occasions de faire peur étaient nombreuses, le film rate ici sérieusement sa cible. Les réalisateurs tombent dans le piège et nous bombardent des pires clichés du genre. Les impressions de déjà vu font vite surface et il n’en faut très peu pour que les The Others et The Innocents de ce monde nous traversent immédiatement l’esprit.

Ce cinquième long métrage des Spierig provoque également, bien malgré lui, plusieurs rires jaunes. On se demande même parfois si certaines «blagues» sont intentionnelles où s’il s’agit d’un des nombreux malaises du scénario bâclé. Les moments de suspense se font rares et, à l’exception d’une frousse assez réussie, on nous avertit bien à l’avance que quelque chose de «terrifiant» est sur le point d’arriver. Résultat: aucune surprise.

On aurait bien aimé que le manoir soit exploité à sa juste valeur et qu’il ne soit pas seulement utilisé comme trame de fond donnant surtout lieu à une enfilade de scènes vides et ratées. Tout comme sa distribution qui comprend également les très bons Sarah Snook (Steve Jobs) et Eamon Farren (Twin Peaks), mais sous-utilisés derrière les traits de personnages fades et unidimensionnels. De son côté, Helen Mirren tente corps et âme de donner le meilleur d’elle-même qu’elle en devient, bien malheureusement, une triste caricature.

Tout comme le manoir de la veuve, Winchester est un labyrinthe sans queue ni tête qui ne va absolument nulle part. Ce qui devait être un film d’épouvante tourne rapidement en un long épisode de Goosebumps mal réalisé et se prenant beaucoup trop au sérieux, avant d’atterrir au troisième acte risible et complètement débile, prenant le spectateur pour un idiot jusqu’à la dernière seconde. Tant de talent et de potentiel gaspillés dans cette grosse bêtise qui semblait si prometteuse sur papier, mais qui s’est probablement retrouvée dans les mains des mauvaises personnes. Dommage.

 

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