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Woodshock: cette cruelle condition humaine
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Incapable de voir souffrir sa mère malade, une jeune femme l’aide à mettre fin à ses jours. Suite à l’absorption d’une puissante drogue, elle fera difficilement la différence entre réalité et imagination.

Shudder s’amuse très souvent à nous proposer des films où l’horreur est plus psychologique. C’est le cas de ce nouvel ajout, maintenant offert en exclusivité aux membres. Woodshock affichait plusieurs belles promesses aux cinéphiles. Lorsque l’actrice Kirsten Dunst a laissé savoir qu’elle s’était préparée près d’une année pour incarner ce rôle dans un film où elle allait agir comme productrice exécutive, il y avait plusieurs raisons de s’emballer. Après une série d’interprétations magistrales, que l’on pense à Interview with the Vampire, The Virgin Suicides, Melancholia, et même le récent The Beguiled, l’interprète de Claudia a fait un bout de chemin depuis qu’elle a volé la vedette à Tom Cruise et Brad Pitt.

Les réalisatrices, les sœurs Laura et Kate Mulleavy, sont reconnues dans le monde de la mode et on ressent dès le départ un souci esthétique omniprésent. Il faut bien admettre qu’elles proposent des images d’une poésie inébranlables, qui valent un visionnement. À défaut d’être pertinent ou très bon, le long-métrage est bien joli. Les sœurettes tentent d’injecter des thèmes et des symboles à chaque teinte, cadre et éclairage de l’histoire qu’elles racontent.

Le problème, c’est que si léché soit l’emballage, on se demande vite si le duo a quelque chose à raconter, et pire, si les idées soulevées par l’intrigue (la dépression, l’euthanasie, et le deuil) n’étaient pas trop ambitieuses pour les piètres conteuses qu’elles font. Très vite les «belles» hallucinations deviennent plus redondantes que réellement fascinantes: n’est pas David Lynch qui le veut bien. Le scénario manque de cohérence et la mise en scène mise devient trop prisonnière du parti pris visuel pour offrir quelque chose de vraiment intense. On est très loin de l’ampleur cinématographique d’un cinéaste comme Nicolas Winding Refn, qui confère à ses oeuvres des images surréalistes, tout en racontant une histoire valable.

Woodshock peine également à démystifier le mal de vivre, ressentie par la protagoniste. Certaines scènes semblent plagiées directement sur l’œuvre de Lars von Trier, sans pourtant même en effleurer la nuance, la richesse et le réalisme.

Heureusement, Kirsten Dunst est entièrement investie. Difficile de ne faire aucun écho, toutefois, à son jeu magnifique dans Melancholia, où elle y a tenu son meilleur rôle jusqu’à maintenant. Une actrice aussi douée mérite beaucoup mieux.

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