S'enregistrer
Votre mot de passe vous sera envoyé.
Critique: Prémonitions
6Note Finale
Note des lecteurs: (0 Vote)
0.0

Outre l’excellente Grande Ourse de Frédérick Ouellet au début des années 2000, trop peu souvent avons-nous droit à des séries de genre québécoises sur nos ondes télévisuelles. À l’annonce de Prémonitions sur les ondes de la chaîne AddikTV en mars dernier, une nouvelle série présentée comme un thriller à saveur fantastique, nous ne pouvions que nous réjouir!

Les Jacob ne sont pas une famille comme les autres. Chaque membre possède un don. La grand-mère Clara (Pascale Bussières, Ma vie en cinémascope) peut connaître le futur de quelqu’un simplement en touchant un objet. Ses deux enfants, Lili (Sophie Desmarais, Sarah préfère la course) et Arnaud (Mikhaïl Ahooja, La maison du pêcheur) n’y échappent pas; la première peut ensorceler les gens pour obtenir ce qu’elle désire, tandis que son frère, lui, est télépathe.

Lili voulait tellement se faire aimer de son beau Pascal (Éric Bruneau, Le règne de la beauté) qu’elle l’ensorcelle durant un voyage. Son charme dérape un peu trop et son amoureux développe maintenant une obsession agressive pour elle. Alors qu’il a le dos tourné, elle en profite pour déguerpir et retourner auprès des siens, mais son amant réussit à retrouver sa trace et survient alors une confrontation violente impliquant la famille. Voulant effacer toute trace de l’évènement, Clara et son fils élaborent un stratagème pour que l’assaillant ne puisse plus jamais les retrouver. Parallèlement, avec l’aide de l’énigmatique William Putman (Marc Messier, Les boys), Pascal fera tout en son pouvoir pour retourner auprès de celle qui l’a charmé.

15086844_10154112633046395_756155122_n

D’entrée de jeu, le projet de Charles-Olivier Michaud (Boomerang) fait du bien dans l’environnement télévisuel québécois. Prémonitions exploite le genre fantastique à l’aide d’un scénario policier assez convenu, mais non dénué d’intérêt. C’est lorsque le personnage de Marc Messier fait son apparition que la série prend toute sa force. Le jeu du chat et de la souris avec la famille Jacob rend l’histoire palpitante et fascinante. L’auteur Patrick Lowe (Mémoires vives) tombe cependant souvent dans le mélodrame, ce qui pourrait faire décrocher certains spectateurs mais surtout, n’apporte rien de plus à l’intrigue.

15064087_10154112638051395_2082523462_o

Il est impératif de souligner l’excellente performance d’Éric Bruneau. Son personnage est complexe et habité d’une souffrance que l’acteur campe toute en subtilité. On ne peut malheureusement pas en dire autant des autres. Messier détonne particulièrement en passant d’un langage très théâtral à un langage plus familier. C’est plutôt risible. Lucie Laurier quand à elle interprète une policière enquêtant sur le passé trouble de Clara. Son interprétation n’est pas naturelle et le malaise se transpose à l’écran.

15058036_10154112638396395_98160179_n

On sent aussi une certaine retenue à la réalisation de plonger à fond dans le fantastique. Les manifestations surnaturelles des personnages demeurent plutôt timides alors qu’il y aurait eu matière à s’éclater bien davantage! Les quelques moments sanglants sont réussis et ces scènes surprennent tellement on est peu habitués à autant d’hémoglobine dans une émission d’ici. Le personnage de Romain (Liam Patenaude), amène pourtant une dimension surnaturelle avec son ami imaginaire Boubou, qui peut déplacer des objets pour lui. On ne verra l’intensité de son pouvoir que vers la fin de la saison. Les effets spéciaux rarissimes sont tout à fait réussis.

Si une deuxième saison se concrétise, on souhaite que l’équipe de Prémonitions assume davantage son côté fantastique, car le scénario offre un potentiel énorme. L’effort est pleinement louable et un succès populaire encouragera sûrement plus d’artisans de la télévision québécoise à oser s’aventurer davantage vers le genre peu convoité.

A propos de l'auteur

Passionné depuis la tendre enfance par tout ce qui touche à l’horreur, Eric est toujours à la recherche de l’oeuvre qui va le terrifier. Peu importe le média (films, jeux vidéo ou littérature), il est toujours en quête de l’ultime frisson.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.