[Critique] Castle Rock – saison 2: votre fan numéro un

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4.5
Note Horreur Québec

Après une première saison solide, les fans de Castle Rock étaient en droit de se demander quelle direction allait prendre la suite dans l’univers fantasmagorique du maître de l’horreur. Quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre qu’on allait mettre en scène Annie Wilkes, fan numéro un de Paul Sheldon et psychopathe du roman classique Misery. Le choix est excitant, car il s’agit d’un des personnages les plus fascinants tout droit de la tête de Stephen King. L’univers d’Annie croise toutefois également ici celui des vampires de Salem’s Lot. Est-ce que ces deux univers parviennent à faire bon ménage?

Annie Wilkes (Lizzie Caplan, Mean Girls, Cloverfield) tente de refaire sa vie avec sa fille, Joy (Elsie Fisher, Despicable Me). Fuyant le passé, elles trouvent refuge à Jerusalem’s Lot où Annie déniche un emploi d’infirmière. Cette dernière prend consciencieusement ses médicaments, car sa santé mentale est très fragile. Elle remarque qu’il se trame des choses mystérieuses dans sa nouvelle ville. Est-ce le fruit de son imagination ou une inquiétante réalité?

Castle Rock 2 affiche

L’une des grandes forces de cette deuxième saison est l’époustouflante performance de Lizzie Caplan dans le rôle d’Annie. L’actrice parvient à jouer avec les mêmes mimiques et accents que Kathy Bates — qui a même encensé son interprétation sur Twitter — sans tomber dans la copie. C’est un réel plaisir de la voir jouer ce rôle, qui lui va comme un gant, et on s’imagine facilement le personnage vieillir et devenir la femme du classique de Rob Reiner. Ruby Cruz (The Jump), qui interprète également Annie adolescente, offre une belle interprétation qui ne détonne pas avec celle de Caplan.

L’autre qualité de la série se trouve au niveau de l’écriture, surtout lors du volet tiré de Misery. L’épisode The Laughing Place en est le parfait exemple. Pourtant loin d’être le plus stressant, il permet à l’auteur Dustin Thomason (Lie To Me) de créer une adolescence plausible au personnage. On met également en place sa relation houleuse avec sa mère, interprétée par l’excellente et angoissante Robin Weigert (Big Littles Lies). Que ce soit lors des scènes de poursuites dans la maison Marsten ou à l’hôpital, la série propose des moments de tension palpables et ne s’essouffle jamais. Aussi, certaines hallucinations d’Annie donnent froid dans le dos et parviennent parfois à surprendre.

On peut reprocher peu de choses à cette suite, sinon la trame narrative concernant les habitants de la maison Marsten et les histoires de familles de Pop (Tim Robbins, The Shawshank Redemption). Soyons francs, l’attrait se situe au niveau de notre meurtrière psychotique et non pas des querelles de famille. Par chance, ces histoires secondaires deviennent plus intéressantes en deuxième partie, mais se terminent rapidement et facilement. Il aurait été aussi intéressant que les auteurs explorent davantage l’univers de Salem Lot’s, car la seule référence est l’emblématique demeure du roman.

Les fans de Stephen King seront certainement heureux du résultat de cette interprétation de ce qu’aurait été la vie d’Annie Wilkes avant Misery. De plus, les créateurs Sam Shaw (Masters of Sex) et Dustin Thomason nous servent une finale magistrale. On va s’ennuyer de vous, madame Wilkes!