S'enregistrer
Votre mot de passe vous sera envoyé.
You Were Never Really Here: poésie cauchemardesque
8.5Note Finale

Sept ans après le superbe et dérangeant We Need to Talk About Kevin en 2011, la réalisatrice Lynne Ramsay revient à la charge avec You Were Never Really Here; une histoire de violence et de mélancolie tirée du roman de Jonathan Ames.

Joaquin Phoenix (Signs, Walk the Line) incarne Joe, un ex-agent fédéral vivant avec sa vieille mère, qui doit se charger de retrouver la fille d’un sénateur pour ensuite venger ce dernier. La mission qui semblait être une parmi tant d’autres tourne vite au cauchemar lorsque plusieurs souvenirs refont surface et le forcent à revisiter certains démons du passé.

Malgré une histoire souvent racontée au cinéma, le petit dernier de Ramsay saisit. Aussi banal que le synopsis peut sembler être, la réalisatrice réussit à garder le spectateur en haleine pendant ses 89 courtes minutes en enfilant de superbes scènes mélangeant parfois l’onirique au réel. On découvre tranquillement le protagoniste grâce aux flashbacks offerts au compte-goutte durant toute la durée du film.

Avare de dialogue, You Were Never Really Here compte sur l’immense talent de Joaquin Phoenix dont les preuves ne sont plus à faire. Son intensité rend parfaitement le personnage sans qu’il ait à faire le moindre son. Le rôle de la mère, tenu par la touchante Judith Roberts (Eraserhead, Dead Silence), ajoute de la profondeur au personnage de Joe et nous rappelle que notre anti-héros est beaucoup plus qu’une machine à tuer. On se doit également de souligner la magnifique musique de Jonny Greenwood du groupe Radiohead, un habitué du cinéaste Paul Thomas Anderson (The Master, Phantom Thread), qui offre une superbe trame sonore qui rend le produit final encore plus riche.

Portant lui film à lui seul, Phoenix offre ici une performance inoubliable et entièrement habitée et peut ainsi l’ajouter aux meilleures de sa longue carrière. Pas étonnant qu’il se soit mérité le prix du meilleur acteur au dernier Festival de Cannes (tout comme Ramsay pour le scénario, ex-aequo avec Yorgos Lanthimos pour The Killing of a Sacred Deer). Grâce à sa réalisation inventive, You Were Never Really Here réussit parfaitement à se démarquer des films dont il peut parfois nous rappeler. On lui pardonne rapidement et on a déjà hâte au prochain long-métrage de cette talentueuse réalisatrice.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.