Le pitch a de quoi faire sourire, et paradoxalement, de quoi intriguer. Vendu comme une comédie d’horreur mijotée dans du body-horror et assaisonnée d’un érotisme malsain qui sort dès le 4 mai sur les plateformes et en blu-ray, Touch Me s’avère être un plat fade aux saveurs franchement repoussantes.
Auréolé de son label Sundance et ayant fait une escale montréalaise via la case Fantasia à l’été 2025, le deuxième long-métrage d’Addison Heimann peut malheureusement se targuer de ces deux seules qualités pour se vendre au grand public. Ce qui, avouons-le, commence à faire court.
![[Critique] « Touch Me » : un film qui n'a pas que les mains baladeuses 13 TOUCH ME 2D](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/04/TOUCH-ME_2D.jpg)
Deux meilleurs amis codépendants deviennent accros à la caresse héroïnoïde d’un extraterrestre narcissique qui essaie — peut-être, ou peut-être pas — de conquérir le monde.
Touché, mais pas coulé, juste endormi
J’en sors dépité. Le film n’a réussi à « toucher » que mon agacement et mon ennui, tant il s’agit d’un objet décousu dont j’essaie encore, au moment où j’écris ces lignes, de comprendre les tenants et aboutissants.
Touch Me est un melting-pot stylistique qui décontenance et fait rapidement sortir du film pour se poser la question existentielle : mais qu’est-ce qu’on est en train de regarder?
Tantôt grave et sérieux, tantôt affublé d’allures de série Z grindhouse, le réalisateur bourre son œuvre de références à coups de chausse-pied sans jamais en maîtriser aucune. On suppose qu’Heimann avait beaucoup de choses à dire, ou peut-être une histoire qui avait du sens, pour le bien comme pour le mal. Que nenni.
![[Critique] « Touch Me » : un film qui n'a pas que les mains baladeuses 15 TOUCH ME SUNDANCE](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/04/TOUCH-ME-SUNDANCE-750x422.jpeg)
Le vide abyssal du scénario et un montage qui s’essaie au dynamisme jouent les cache-misères d’une mise en scène bancale et d’un développement de l’intrigue qui a, de toute évidence, perdu son GPS. Tout sonne faux.
La première heure est un ramassis de sujets et de thématiques qui auraient pu avoir du sens, mais qui s’étouffent mutuellement dans un ballet de dialogues portés par le cabotinage d’Olivia Taylor Dudley, interprétant Joey, femme mi-torturée, mi-dépressive, mi-cruche, soit une fraction de trop, et Jordan Gavaris dans la peau de Craig, fils à papa gavé à la cuillère en argent, doté d’une très belle tête à claques. Tout le film s’articule entre eux deux, sans que le mécanisme puisse fonctionner de manière fluide, comme une boîte de vitesses sans huile.
![[Critique] « Touch Me » : un film qui n'a pas que les mains baladeuses 17 w1500 56729125](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/04/w1500_56729125-750x422.jpg)
L’alien, dans ce millennial drama existentiel, n’est finalement qu’un prétexte posé avec autant de délicatesse qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine, pour donner un peu de corps à un récit dont j’attends toujours qu’il se matérialise.
Sous les décombres, une vraie douleur
Ce qui m’agace profondément, c’est que des thématiques réelles et pertinentes affleurent sous la surface : la tristesse, la dépression, la codépendance affective de deux vingtenaires qui tentent par tous les moyens d’anesthésier leurs traumatismes plutôt que d’y faire face. Comment trouver la paix?
Comment grandir quand on a peur de grandir? Comment assumer des responsabilités quand fuir est tellement plus confortable?
C’est peut-être là la vraie colonne vertébrale du film. Sauf qu’Heimann ne fait qu’effleurer ces sujets, les broie aussitôt dans une comédie noire de bas étage, et les noie dans une mise en scène qui les ridiculise au lieu de les porter. Utiliser la détresse humaine comme matière première d’un film d’horreur est périlleux mais fertile, Hereditary, Midsommar, ou même Titane en sont de brillantes preuves.
Ici, l’inexpérience du réalisateur transforme une thématique pourtant ancrée dans l’air du temps en simple décor de fond.
![[Critique] « Touch Me » : un film qui n'a pas que les mains baladeuses 19 BRIAN DIRT DOCTOR 2](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/04/BRIAN-DIRT-DOCTOR-2-750x314.jpg)
Car le bonheur est vendu partout, tout le temps, au point d’être devenu une injonction, un fardeau pour ceux qui n’y arrivent pas. C’est un terreau dramatique en or.
Hélas, Touch Me est complètement amputé de toute pertinence et d’une bonne part de logique. Faire danser l’alien quand il est triste? Bonne idée, touchante même. En faire un ressort comique récurrent? Catastrophique.
Je vous épargne le reste des détails qui, comme tout le film, finissent engloutis dans leur propre flou artistique. Touch Me terminera très probablement ses jours sur une plateforme de streaming, entre deux productions oubliables un jeudi soir… ou pas. Après tout, l’alien danse encore.


![[Critique] « Touch Me » : un film qui n'a pas que les mains baladeuses 12 OVERHEAD VAPE 1](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/04/OVERHEAD-VAPE-1-1155x770.jpg)


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