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[Critique] « Saturnalia » : l’élève est ici loin de surpasser son maître

Si vous êtes un amateur de giallo, et que vous affectionnez particulièrement les films stylisés de Dario Argento, vous avez certainement été happé par la bande-annonce et les photos de Saturnalia qui circulent depuis quelque temps. Il vous est maintenant possible de le découvrir sur Amazon Prime depuis le 8 avril dernier.

Miriam Basconi est envoyée dans une académie, où elle pourra vivre en pension, après la tragédie qui a coûté la vie à ses parents. Très rapidement, elle constate que les longs couloirs de béton de l’école camouflent certains secrets pour le moins inquiétants. Elle doit vite affronter la directrice, de qui elle s’attire les foudres, et un mystérieux tueur en série masqué.
Saturnalia

On comprend très vite que Saturnalia est une lettre d’amour au cinéma d’horreur italien des années 1970. Certaines scènes semblent calquées de A à Z sur le Suspiria d’Argento, notamment cette arrivée en taxi par une nuit pluvieuse, ponctuée d’éclairages blafards.
Les similitudes ne s’arrêtent pas là, puisque les décors adoptent un baroquisme flamboyant, et la musique est signée par Claudio Simonetti, ayant travaillé sur un grand nombre de films d’Argento.
Le thème de la jeune fille arrivant dans une académie inquiétante bifurque aussi vers le classique du maître italien.

Pourtant, le suspense manque de finition, et ne tient jamais en haleine. Le scénario, écrit par Daniel John Lerch (aussi réalisateur), Julia Nilsen et Darrell Szarka Workman, plonge tellement dans l’hommage et la citation qu’il n’a que bien peu de nouveau à offrir. Nous sommes à des années-lumière des longs métrages d’Hélène Cattet et Bruno Forzani qui utilisent les références pour mieux affirmer leur propre spécificité.

Chez Argento, les meurtres sont des poèmes filmés qui nous happent par leur brutalité, alors que dans Saturnalia, ils ont une place secondaire dans l’intrigue.

Les affrontements entre l’héroïne et sa cruelle directrice prennent beaucoup trop de place, et frôlent souvent la caricature. Dommage que ce thème de la jeune femme subissant les assauts d’une plus vieille ne soit jamais traité avec la moindre consistance, et que les excès soient invraisemblables.

Saturnalia still 1

Par ailleurs, le dénouement de l’intrigue est aussi artificiel que prévisible. Il s’agit du premier film de Lerch, et on peut lui reconnaître une certaine habileté pour créer une ambiance captivante avec un budget moindre. Sa direction d’acteurs manque parfois de justesse, mais la passion qu’il insuffle à son film se ressent dans tous les plans. Il sera certainement intéressant de le suivre à l’avenir.

L’actrice Sophia Anthony crève littéralement l’écran dans le premier rôle, et nous aide à nous sentir investis dans son personnage. Plusieurs de ses covedettes sont très convaincantes. Cela n’est pourtant pas le cas de la comédienne Velvet qui en fait des tonnes dans le rôle de la marâtre.

Au final, mieux vaut revoir Suspiria ou Inferno que de plonger dans ce calque sans envergure.

Saturnalia | Official Horror Trailer
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Pour les fans...
de gialli
de l'univers baroque de Dario Argento
2.5
Note Horreur Québec

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